Le oui l’emporte malgré la résistance de certains élus qui mettent surtout en avant leurs convictions religieuses et personnelles. C’est le bilan de la première semaine de débats sur le Yatin Varma texte qui dépénalise le recours à une interruption de grossesse dans les cas qui présentent un danger pour la vie de la maman et sa santé mentale, de malformation grave du foetus et ceux résultant de viol et d’inceste. Si les pro-choix, à l’instar de Paul Bérenger, Shakeel Mohamed, Mireille Martin, Maya Hanoomanjee et Satish Boolell se sont jusqu’ici exprimés avec beaucoup de rationalité, des antis comme Lysie Ribot et Aurore Perraud ont eu quelques arguments qui dépassent franchement l’entendement. Quoi qu’il en soit, le débat continue ce mardi et il devrait se terminer le 12 juin avec les interventions attendues du front-bench du gouvernement et celle, en particulier, du Premier ministre.
On peut déjà déplorer qu’un débat portant sur un tel sujet ait été soumis à un tel traitement et à un désagréable saucissonnage sur trois semaines, alors que deux séances spéciales consacrées à ce seul thème auraient respecté le caractère solennel et sérieux de l’enjeu. Quoi qu’il en soit, l’important c’est que l’on avance et que ce texte sera probablement voté le 12 juin, une date doublement historique puisqu’elle marquera le 30ème anniversaire du premier 60/0, celui réalisé par le gouvernement MMM/PSM.
C’est donc mardi dernier que l’Attorney General a donné le coup d’envoi des débats sur ces amendements qui viennent modifier un texte qui date de 1838. « C’est une décision sage, courageuse et audacieuse du gouvernement », a déclaré Yatin Varma qui a profité pour saluer la détermination du Premier ministre à ce sujet.
Avant de procéder à une explication des différentes clauses du texte, l’Attorney General a beaucoup insisté sur les larges consultations dont il a fait l’objet avec tout ceux qui se sentent concernés, à commencer par l’opposition, mais aussi les chefs religieux, la société civile et autres professionnels : « I have discussed proposed amendments with the Honourable Leader of the Opposition inna constructive and consensuel sporit and Government has taken on board most of his suggestions », a-t-il dit. Le ton était donné…
Intervenant juste après, Paul Bérenger a réaffirmé son soutien au texte et son rejet du statu quo qui n’est inacceptable. Ces amendements sont nécessaires, a-t-il insisté tout en déplorant que la manière dont les choses ont été présentées ont pu laisser l’impression que l’interruption de grossesse serait obligatoire. Il a en a voulu pour preuve les positions exprimées par certains chefs religieux et des associations regroupant les handicapés. S’il s’est dit heureux que certaines de ses suggestions ont été retenues, il a quand même émis des réserves sur certaines clauses du texte.