« Le gouvernement n’est pas mandaté pour amener des amendements à la loi sur l’avortement. S’il veut aller de l’avant avec son projet de loi, qu’il fasse un référendum national ou qu’il dissolve le Parlement », a déclaré le leader du Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD) lors d’un point de presse hier. Se disant par ailleurs contre cette décision, Éric Guimbeau est d’avis que le gouvernement a failli dans sa tâche de donner une bonne éducation aux jeunes.
« C’est de la malhonnêteté car le manifeste électoral du gouvernement ne comprenait pas d’amendement à la loi sur l’avortement. D’où sort ce projet tout à coup ? », a lancé Éric Guimbeau. « Le gouvernement n’a pas été mandaté pour présenter un amendement au code pénal pour autoriser l’IVG (interruption volontaire de grossesse) dans des cas spécifiques », a soutenu le leader du Mouvement mauricien social démocrate (MMSD). Et d’ajouter : « C’est ce qui s’appelle faire un enfant dans le dos du peuple. » Éric Guimbeau réclame ainsi la tenue d’un référendum national ou la dissolution du Parlement. « Fer eleksyon zeneral ek revinn divan elektora ek enn program onett ek transparan avec zot proze de lwa lor lavorteman apre nu va gete », a-t-il déclaré. Le Leader du MMSD est d’avis qu’il faut un vote à main levée pour savoir qui sont ceux qui sont pour ou contre l’avortement.
Pour Éric Guimbeau, « en voulant apporter ces amendements au Code Pénal, le Gouvernement veut sauver sa face ». Le Gouvernement, a-t-il soutenu, a failli « dan so program ledikasyon sekswel à lekol et dans son programme de prévention, concernant les structures d’accompagnement pour les jeunes et les femmes en détresse. Le GM ne propose rien en termes d’accompagnement et d’aide ». Se positionnant ainsi contre l’avortement, Éric Guimbeau insiste sur le fait que nul n’a le droit de prendre la vie à un innocent. « L’IVG fait partie de la culture de la mort qui dégrade la société et qui tolère ou encourage ces pratiques. La proposition du GM est un pas en arrière dans l’humanité et la civilisation. » Le leader du MMSD estime qu’autoriser l’avortement dans certaines conditions est une insulte envers les personnes handicapées. Éric Guimbeau s’est également interrogé sur le rôle des médecins en cas de malformation d’un foetus. « Avortons la loi, pas la vie », a-t-il conclu.
Prenant la parole à son tour, le Dr Radhika Jagatsingh-Beehuspoteea s’est dite ni pour ni contre l’avortement. « L’avortement existe déjà dans les autres pays, il ne faut pas se voiler la face. » Le Dr Jagatsingh-Beehuspoteea estime qu’il faudra éclaircir encore quelques points dans la loi qui existe déjà. Rajeshparee Vencatapillay estime pour sa part qu’une mère donne la vie et non pas le contraire. Les médecins, a-t-elle souligné, ont également le devoir de sauver la vie et non encourager à la détruire.
Le MMSD organise le 17 juin un forum-débat sur les jeunes et la drogue à l’hôtel de ville de Curepipe. En marge des élections municipales, le parti compte bientôt organiser des cellules avec l’aile jeune et l’aile féminine.