L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) a frappé un nouveau coup dans la lutte contre le trafic de Subutex sur l’axe Paris/Maurice. Le bilan d’une opération enclenchée depuis la mi-journée de vendredi avec l’arrivée du vol de Corsair de France est la saisie de 9 696 tablettes de Subutex d’uine valeur marchande de Rs 12 millions, de deux arrestations, dont le principal contact à Maurice, la saisie d’une voiture appartenant aux membres du réseau de trafiquants fichés à l’ADSU. Le fait particulier de cette tentative de trafic de drogue demeure que la passeuse, une Française, a fêté ses 20 ans il y a tout juste un mois.
Vendredi 12 h 30, le vol de Corsair venant de France venait d’atterrir au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Le contrôle des bagages des passagers au Scanner confirme la présence d’un colis suspect dans la valise appartenant à Farah Nachi, sans profession et habitant 30, Place Le Vau 92 600, Asnières-sur-Seine, en France. Les soupçons des limiers affectés dans la lutte contre la drogue à l’aéroport, sont encore aiguisés avec la confirmation que la passagère est une sans-emploi en France, qui prétend venir passer huit jours de vacances à Maurice en cette période de pointe.
La perquisition des bagages déboucher sur la découverte de 9 696 tablettes de Subutex, soigneusement emballées dans six paquets d’au moins 1 600 chacun. L’interrogatoire de la jeune passeuse française révèle des indications concrètes quant aux cerveaux à Maurice et en France derrière cette transaction illégale, soit le 10 novembre dernier.
« Il y a environ un mois, une personne, que je crois être de nationalité mauricienne, m’avait approchée pour me proposer un marché. Ce contact m’avait demandé de transporter un colis pour lui à Maurice. En retour, mon billet d’avion aller/retour était payé de même que mes frais d’hébergement pendant huit jours à Maurice. Comme je ne travaille pas, j’ai accepté cette offre », raconte Harah Nachi dans ses premières explications aux officiers de l’ADSU au moment de son arrestation.
La prévenue était également en possession d’une Sim Card locale lui permettant d’établir des contacts une fois les procédures au terminal de l’aérogare complétées. Comme pour ne pas éveiller les soupçons des contacts à Maurice comme en France, Farah Nachi fut dirigée sous forte escorte policière à l’établissement hôtelier dans le Nord déjà réservé.
Les premiers contacts téléphoniques à Maurice et en France ne laissaient aucun doute quant à l’identité des trafiquants impliqués et faisant partie de la Subutex Syndicate opérant entre Paris et Maurice. Par contre, la passeuse était à sa première visite à Maurice. Suite à de nombreux échanges téléphoniques, la décision d’effectuer la livraison fut décidée à la mi-journée d’hier. Déjà moins en confiance, ceux qui devaient prendre livraison de la marchandise devaient se pointer au rendez-vous. Lors de cette opération, un des principaux contacts mauriciens fut appréhendé avec une voiture utilisée pour leur déplacement saisie par la police.
Avec la fin de l’opération de Control Delivery, Farah Nachi avait été transférée au QG de l’ADSU des Casernes centrales en vue de compléter les procédures pour son incarcération. Elle a été placée en détention policière. Elle devra être traduite devant le tribunal de Mahébourg demain matin sous une inculpation provisoire d’importation de drogue avec des circonstances aggravantes. Son interrogatoire formel ne devra être engagé qu’une fois après la visite du consul de France à la suspecte pour lui expliquer ses droits au terme de la loi mauricienne.
Néanmoins, les indications recueillies à ce stade par les responsables de l’ADSU poussent à croire que d’autres arrestations sont à prévoir à Maurice d’ici le début de la semaine car les contacts sont connus. Des échanges d’informations avec la Brigade de Répression des Stupéfiants en France au sujet du réseau d’alimentation de Subutex à Paris devront être activés pour une plus étroite surveillance.
Par ailleurs, dans la journée de jeudi, l’ADSU a procédé à l’incinération de la plus importante quantité de gandia saisie, soit une valeur marchande de Rs 39 millions. Cette opération, qui a vu l’utilisation pour la première fois du nouvel incinérateur des Casernes centrales, a été accompagnée de strictes mesures de sécurité.
Ces plants de gandia, qui ont été détruits, jeudi, avaient été déracinés par l’ADSU dans des plantations illégales pendant les deux derniers mois. Mais les planteurs présumés n’avaient pu être retracés jusqu’ici par la police.