C’est armée de balais (précisément des “balye fatak”) qu’une dizaine de membres d’Azir Moris, émanation du groupe Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir, a manifesté à la Place d’Armes à la mi-journée aujourd’hui. « Cette manifestation symbolique, comme l’a qualifiée le meneur du mouvement Jameel Peerally, se veut un grand coup de balai pour nettoyer notre pays et notre parlement des “ordures” qui s’y trouvent ! »
« C’est honteux d’être Mauricien en 2011 et être témoin des conditions extrêmement difficiles et sordides dans lesquelles vivent un certain nombre de compatriotes, s’indigne Jameel Peerally. Comment peut-on dire d’un pays qu’il est bien gouverné quand il y existe autant d’injustices ? »
Première action publique d’Azir Moris, plateforme constituée dans le sillage du mouvement créé via Facebook en septembre avec le groupe Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir, la manifestation d’aujourd’hui a démarré « à midi pile et a pris fin à 13 h. Cela pour garder notre symbolisme du commencement et de la fin ».
Une dizaine de membres d’Azir Moris, arborant des t-shirts à l’effigie du mouvement et le slogan “No poverty”, et armés de balais, sont restés une heure durant devant la Place d’Armes. « Nous faisons une manifestation symbolique devant le parlement, a expliqué Havish Gokhool, animateur de la plateforme, parce que nous avons un message à passer à nos dirigeants. Nous voulons leur dire qu’on en a assez de tous ces scandales, fraudes, corruptions et autres magouilles qui, chaque jour, cancérisent davantage notre pays. Si zot pa kapav fer zot travay, abe ale. Se seki nou pe vinn dir zot : bizin balye seki pa bon, fer plas pu seki bon ! »
Dans le même ordre d’idées, Jameel Peerally note : « cela fait 40 ans que notre pays est indépendant. Pourtant, aucun régime politique n’a vraiment fait preuve d’une réelle volonté pour défaire le pays de ces fléaux sociaux ! La pauvreté est une forme de violence qui est perpétrée envers ces personnes. »
Et de renchérir : « Nou pe trouv ki tou devlopman ki pe amene dan nou pei, se permet a bann politisien rampli zot pos ! »
Jameel Peerally a conclu : « Nou pa aksepte sa ditou ! Le monde entier subit les répercussions de la crise économique. Maurice n’en sera pas épargnée, non plus. Mais ce qui est injuste, c’est que les pauvres, qui souffrent déjà, vont souffrir encore davantage. C’est inadmissible ! »
MM. Peerally et Gokhool ont aussi rappelé que « cette manif s’inscrit dans le cadre de la reprise des travaux parlementaires demain. Nous espérons que nos politiques ne seront pas sourds ! »