En apportant leur aide aux plus vulnérables, ils ont répondu d’instinct à un appel naturel. Dans l’ombre, nombre de Mauriciens donnent ainsi un sens au mot solidarité. Ils y consacrent une partie de leur temps, accordent aux autres des moments d’écoute. Des gestes, petits ou grands qui, au final, sont comme des lueurs d’espoir dans le quotidien de ceux qui sont dans le besoin.
“Je les voyais traîner les rues. Ces enfants étaient sans repères et avaient besoin d’un guide.” Touchée par ce qui se passait quotidiennement sous ses yeux, Mary Jolicoeur a voulu venir en aide à quelques enfants de la région de Barkly, qui vivent dans des conditions difficiles. En 2009, elle lance La Maison Coeur Écoute. Plus qu’un soutien pour ces petits, Mary Jolicoeur apporte du bonheur à leur quotidien. “Ces enfants allaient à l’école le ventre vide. Grâce à l’association, ils ont désormais un petit-déjeuner tous les matins et rencontrent des enfants qui, comme eux, sont dans le besoin. Ils peuvent partager leurs soucis et en discuter. C’est très important pour eux.”
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Lorsque nous sommes dans l’impasse, le fait de pouvoir en parler peut soulager la douleur. Partant de cette idée, Mary Jolicoeur a récemment mis en place des activités de rencontre et de partage pour les personnes âgées, toujours de la région de Barkly. Le but de cette initiative : leur permettre de discuter entre eux et de partager ensemble un repas. “C’est un moyen pour eux de sortir de l’isolement. Ils sont une quinzaine à répondre présents toutes les semaines”, souligne Mary Jolicoeur. Qui ajoute : “Souvent, c’est lorsqu’on est à l’écoute des autres que nous vient l’idée de leur apporter notre aide.”
Ce fut ainsi pour le groupe A de Cassis/LacazA, “qui a eu l’idée de créer un espace pour ceux qui souffrent ou qui sont en difficulté lors des séances de prévention, de réhabilitation et de désintoxication dans la région de Cassis. Cadress et moi avions beaucoup discuté avec ces personnes et nous nous étions rendu compte qu’elles avaient vraiment besoin d’être écoutées et aidées”, confie Ragini Rungen, coordinatrice de l’association. Ils ont mis en place leur projet d’accueil il y a environ cinq ans. Aujourd’hui, LacazA, à Port-Louis, reçoit une vingtaine de personnes dans le besoin chaque matin pour un petit-déjeuner. Elles ont la possibilité de se doucher, de laver leurs vêtements sales, mais aussi de passer la journée ensemble, jouant au domino ou regardant la télévision jusqu’à l’heure du déjeuner.
“C’est important pour eux de se sentir entourés. Tout comme leurs proches, qui ont besoin d’être écoutés et conseillés. À travers Solidarité Épanouissement Libération (SEL), nous leur accordons un moment d’écoute où ils peuvent se défouler. Ici, ils se retrouvent comme dans une famille”, raconte Ragini Rungen.
Pédagogie interactive.
Favoriser le développement intellectuel, moral et social des enfants vulnérables à travers la promotion de la pédagogie interactive, de l’éducation à l’art. Telle est la mission de l’association Terrain for Interactive Pedagogy through Arts (TIPA), qui milite pour le développement des enfants. Imaginé en 2008 par Emilie Carosin, à la suite de travaux de recherches entrepris dans le domaine de la psychologie du développement de l’enfant, le projet avait été lancé, dans un premier temps, à l’école du gouvernement de Rivière Noire. Ayant pour objectif de toucher un maximum d’enfants, le projet TIPA s’est étendu, il y a quelques années, à trois autres écoles ZEP : André Bazerque (Rose-Hill), Barkly Govt School et Guy Rozemont Govt School (Tranquebar). “Nous travaillons aujourd’hui avec 635 enfants et une trentaine d’enseignants. Nous soutenons ces derniers dans les diverses activités qu’ils pratiquent avec les petits”, souligne Angélique de la Hogue, membre de TIPA.
Un engagement qui a pris une autre dimension avec le festival Art’la li la, organisé annuellement par l’association depuis 2009. Mis en oeuvre afin de réunir toute la communauté scolaire, le rendez-vous a également pour objectif de mettre en valeur le travail réalisé par les enfants et de sensibiliser à l’art mauricien. “Un moyen de leur montrer que leur travail est apprécié”, souligne Angélique de la Hogue.
Changement.
Apporter un soutien, une aide aux plus vulnérables. Pour Sohan Lalldharee, ex-Jammers, “il n’est pas nécessaire de faire partie d’une association quelconque. Du moment que nous nous sentons interpellés, nous pouvons intervenir.” Celui qui a eu l’occasion de travailler comme bénévole sur plusieurs ateliers avec des enfants, dont Zero dese du Mouvement pour le progrès de Roche-Bois (MPRB), est convaincu que pour qu’il y ait un vrai changement, il faut trouver un moyen de sensibiliser les personnes concernées et les encourager à sortir de ce système. “Comme leur donner une canne à pêche et non un poisson. C’est une façon de leur dire qu’il y a des opportunités et qu’il faut se battre pour y arriver”, explique Sohan Lalldharee. Qui estime que dans ce combat, la solution se trouve avec les enfants. “Ils sont au stade de l’apprentissage. C’est plus facile de les instruire. Ils représentent l’avenir”.
Convaincu que les enfants sont la clé du changement, MPRB travaille actuellement sur deux projets qui les touchent directement : Accompagnement d’enfants de rue et Club de lecture et d’écriture. À travers ces projets, le mouvement poursuit son engagement pour le bien-être des enfants.
Dans ses démarches, MPRB bénéficie du soutien d’une dizaine d’animatrices et regroupe aujourd’hui 135 enfants de différents niveaux scolaires. “Le rôle de MPRB est de stimuler l’intérêt des enfants de Roche-Bois pour l’éducation”, indique Lindsay Morvan, membre du mouvement. Un projet qui s’est étendu et qui concerne actuellement plusieurs écoles de Port-Louis.