« L’année 2011 a été une année cruciale mais 2012 sera celle des élections générales et municipales », a affirmé hier le leader du MMM, Paul Bérenger à une fête de fin d’année organisée à l’intention des membres du bureau politique de son parti. Outre les dirigeants du MMM, Ashok Jugnauth (leader de l’Union Nationale) et Eric Guimbeau (leader du Mouvement Mauricien Social Démocrate) étaient présents à la réception organisée au Safran à Flic-en-Flac.
« Depuis la rupture de l’alliance de l’Avenir, le gouvernement de l’Alliance Ptr / PMSD n’a plus de légitimité et est bien en dessous des 44 % obtenus par l’opposition lors des dernières élections générales. Aujourd’hui, le taux de popularité de l’opposition a dépassé 50 % », a déclaré Paul Bérenger.
Selon le leader du MMM, les élections générales sont nécessaires pour que le pays dispose de la meilleure équipe gouvernementale possible pour faire face à l’année 2012, qui sera très difficile sur le plan économique. Au niveau politique Paul Bérenger a observé que si les élections générales approchent rapidement « il est évident que le remake 2000 connaîtra une accélération ».
En ce qui concerne les municipalités, M. Bérenger a estimé que tout le monde est au courant qu’elles sont tombées au plus bas. « Jamais elles n’ont connu une situation aussi chaotique, après deux renvois des élections municipales. » Paul Bérenger a renouvelé son appel, lancé récemment, pour demander que les échanges de correspondances, d’après Ramgoolam, entre le ministère des Administrations régionales et le bureau de la Commission électorale soient rendus publics. « Cela est important parce qu’il en va de la crédibilité de nos institutions. Je renouvelle ma demande d’une façon solennelle », a soutenu Paul Bérenger.
S’agissant de la réforme électorale, Paul Bérenger estime qu’il est peu probable qu’elle ait lieu. « Je ne pense pas que Navin Ramgoolam aura la volonté et le courage politique d’introduire une réforme électorale, ni celle de Carcassonne ni celle pour le MMM-PTr-MSM », a dit Paul Bérenger. « Si le Premier ministre ne va pas de l’avant, qu’il accepte au moins de faire ce que le rapport Banwell avait proposé en 1966. En 1982, on a décidé que le recensement annuel ne tiendra plus compte de la communauté des Mauriciens. C’était un pas en avant. Le rapport Banwell de 1966 avait dit qu’il ne fallait pas que les candidats aux élections aient à déclarer leur communauté. » Selon Paul Bérenger, « ce sont les politiciens de l’époque qui ont introduit la division entre les communautés. Stonehouse est arrivé. Il a formalisé le changement du rapport Banwell et a décidé que chaque candidat doit déclarer sa communauté ».
Sur le plan politique, l’année 2011 a été cruciale et a aussi été celle du MMM, a estimé Paul Bérenger. « En 2011, le MMM a connu une deuxième jeunesse aussi bien au parlement qu’en dehors. Je félicite nos parlementaires », a-t-il dit. Le leader du MMM a rappelé avoir posé 36 PNQ. « Ce qui a représenté 36 nuits d’insomnie pour les ministres. Il y a eu 1 145 interpellations et quelque 81 problèmes soulevés à l’ajournement. Nos vétérans ont retrouvé une nouvelle jeunesse. Nos nouveaux députés ont été formidables. On a vu un mélange d’expérience et de nouveauté. Ce fut quelque chose d’extraordinaire. Nous avons soulevé MedPoint, le scandale du siècle, qui a finalement provoqué l’éclatement du gouvernement. L’alliance de l’avenir est devenue l’alliance du passé. Je remercie les parlementaires mais également les militants et militantes en dehors du parlement. 2011 a été extraordinaire. »
Pour Paul Bérenger, le MMM représente une autre île Maurice « kot ne pli ena frod, koription, ti kopin, kot ne pli ena Callikan, MBC, et le renvoi des municipales. Kot ena justis sosial. kot ena enn lot ile Moris ». À ce propos Paul Bérenger a salué la nouvelle génération, une génération formidable. « Nous avons des enfants, je les regarde vivre, ils ne tiennent compte ni de la communauté ni de la race et vivent dans une ambiance extraordinaire. Ce sont eux qui construiront une nouvelle île Maurice plus unie et plus juste », a insisté Paul Bérenger. Il a par ailleurs rendu hommage à Rehana Ameer et Jyoti Jeetun. L’histoire a déjà retenu le rôle de Navin Ramgoolam et du Ptr, qui ont abusé du pouvoir après les élections de 2005.
En matière économique, le leader du MMM a estimé que ce qui se passe dans notre économie dépendra de ce qui se passe aux États-Unis, en Europe, en Chine, en Inde et en Afrique du Sud. Une année difficile. Notre croissance sera inférieure à 4 % alors que le chômage dépassera 8 %. « Il est bon qu’il y ait des élections générales. Ce qui permettra, d’éliminer bon nombre de ministres comiques. Ce n’est pas avec cette équipe que le pays avancera. » Concernant les Chagos, ce fut une année de perdu, selon le leader du MMM, qui estime que rien de positif ne sortira de ce dossier jusqu’aux prochaines élections.
Sur le plan international, Paul Bérenger estime que « l’année 2011 a été l’année du printemps arabe. Un vent de démocratie a soufflé jusqu’en Birmanie. Nous avons frôlé la catastrophe à Durban concernant le changement climatique », a-t-il dit. Le leader des mauves a souligné que l’African National Congress de Nelson Mandela célèbre son centième anniversaire. Selon lui, si le MMM n’arrive pas à déléguer un représentant à cette célébration, il y adressera un message.
Il a conclu en affirmant que 2012 devrait être l’année de la Palestine, qui doit être reconnue par la communauté internationale, en déplorant la trahison d’Obama à ce sujet.