Des officiers du ministère de la Pêche s’adonneraient à des pratiques frauduleuses pour estampiller les cartes de pêcheur concernant l’allocation de mauvais temps. C’est ce que soutient le Syndicat des Pêcheurs, qui a déposé une plainte à l’ICAC lundi dernier.
« La corruption affecte sérieusement le secteur de la pêche. Les officiers de Fisheries pratiquent le ciblage pour estampiller les cartes », dénonce Lallmamode Mohamedally, secrétaire du Syndicat des Pêcheurs. Il ajoute que certains pêcheurs, comme lui-même, ou Judex Rampaul, président du syndicat, se retrouvent souvent devant des refus alors que des personnes, qui ne sont jamais en mer, voient leurs cartes estampillées.
Il déplore la pratique où le garde-pêche vient chaque matin au débarcadère vérifier les prises avant de faire estampiller la carte des pêcheurs sur place. « Le garde-pêche ne passe que 30 minutes à une heure au débarcadère. Or, le pêcheur n’a pas d’heure fixe pour sortir ni pour rentrer. Si nous ne sommes pas là quand il vient, nous sommes pénalisés. »
Les pêcheurs disent également être en présence d’une bande sonore certifiant que les officiers s’adonneraient à la corruption. Celle-ci a été déposée à l’ICAC lors d’une plainte enregistrée lundi dernier. Le Commissaire de Police avait d’abord été alerté sur la question, tout comme le Premier ministre. « Le Commissaire nous a demandé de nous tourner vers l’ICAC pour tout cas de corruption alors que le bureau du Premier ministre n’a pas répondu », ajoute Judex Rampaul. Ce dernier dit également subir des représailles de la part des officiers du ministère de la Pêche, en raison de ses engagements. Le président du Syndicat des Pêcheurs dit aussi avoir démissionné du board de l’OIDC. Dans sa lettre adressée au ministre Prem Koonjoo à ce sujet, il dit regretter que sa démarche visant à alerter sur la corruption dans ce secteur n’ait pas été prise en considération.
Le Syndicat des Pêcheurs enquête sur cette affaire depuis septembre de l’année dernière. Selon lui, des personnes posséderaient des cartes de pêcheur, sans pour autant pratiquer le métier, mais leurs cartes sont toujours estampillées. Grâce à cela, ils peuvent toucher l’allocation de mauvais temps, qui est de l’ordre de Rs 275 par jour. En revanche, regrette le syndicat, certains amateurs ont fait une demande pour obtenir la carte depuis de nombreuses années et sont toujours dans l’attente.
Dans la foulée, Judex Rampaul rappelle au ministre de la Pêche qu’une commission d’enquête sur le Fishermen Investment Trust avait été réclamée. « Rs 20 millions ont été injectées dans ce fonds pour permettre aux pêcheurs d’avoir des bateaux et aller pêcher en haute mer. Mais à ce jour, il n’y a rien eu. »
Le syndicat souhaite également une enquête sur le Fish Auction Market, qui n’est jamais entré en opération et est déjà abîmé à l’intérieur.