Le badiste n’a qu’une envie, briller à l’occasion des Jeux des îles de l’Océan Indien (JIOI), en ramenant la médaille d’or, dans la catégorie reine, le simple homme. Fierté des Lubah, le joueur de 23 ans, au gros potentiel, est considéré comme l’une des étoiles montantes de la discipline. Portrait de ce jeune homme déterminé, qui rêve de créer l’exploit… C’est à 11 ans seulement qu’Aatish se découvre une passion pour le volant. « J’étais à la plage en famille et je jouais au badminton avec ma tante Bhartee Rammonorate. Elle a tout de suite vu mon potentiel. Et c’est là qu’elle a touché quelques mots à Jacques Zuel et j’ai intégré l’école de badminton de Rivière-du-Rempart. C’était en 2007 », confesse notre interlocuteur. « Je me suis entraîné 6-7 mois et j’ai ensuite pris part à ma première compétition junior. J’ai développé un amour sans précédent pour la discipline » avoue-t-il.

Avant de poursuivre, « En 2008, j’avais pris part aux qualifications chez les moins de 15 ans, des Championnats d’Afrique en Egypte, mais c’est en 2009, que j’allais remporter mon premier tournoi junior MCB U14. En 2011, Kiran Baboolall m’a privé du titre de champion de Maurice, mais en 2012, j’ai fait la différence pour devenir le numéro 1 du pays », explique cet ancien étudiant du collège Ramsoondar Prayag State Secondary School et aussi du Collège du St Esprit. « À l’école, je pratiquais aussi le football et les arts martiaux, mais le badminton occupait une place prépondérante. Le choix était vite fait. » Réputé pour sa combativité, Lubah est un guerrier sur les courts. « Mes qualités sont la vitesse d’éxécution et mon mental. Je suis un guerrier. Je me bats sur tous les coups. Je ne lâche rien ! C’est ma marque de fabrique. Ce n’est peut-être pas visible en apparence mais je suis un dur face à un adversaire redoutable », soutient le badiste, lieutenant de la sélection masculinel « Le badminton est, en soit, un sport complet. Pour y jouer au plus haut niveau, il faut avoir une grosse condition physique. J’estime que si un joueur est fort en badminton, il peut pratiquer n’importe quel sport. »

Lors des Jeux des îles de 2015, à La Réunion, pour sa première participation, il est revenu avec deux médailles d’or, autour du cou, glané en double hommes, aux côtés de Julien Paul et par équipes.

Le simple homme comme priorité

« Pour être honnête, il y a quatre ans, je ne m’étais pas fixé de réel objectif, vu que c’était ma première participation. Je m’étais aussi blessé avant les JIOI et j’avais mis un mois, avant de retrouver mes sensations. J’étais peu expérimenté. Cela ne m’a pas empêché de ramener deux médailles d’or.» Avant de poursuivre, « J’étais toutefois déçu en simple, car j’ai été éliminé en quarts, par un adversaire réunionnais que je considérais comme étant prenable. On va dire que ça m’est resté en travers de la gorge. »

Fin prêt à en découdre, Lubah compte cette fois rectifier le tir. « Je me focalise sur le simple homme avec l’objectif de ramener l’or, car c’est l’épreuve reine. Ma préparation se passe bien. J’estime maintenant être en mesure d’atteindre mon but » analyse notre champion. Mais la partie ne s’annonce pas de tout repos pour Lubah qui aura en face de lui, un autre champion, en la personne de Julien Paul, son compatriote, rival et ami. Ce dernier est d’ailleurs le numéro 1 chez les messieurs. « C’est une compétition saine qui existe entre nous. Nous sommes des amis en dehors mais, dans le gymnase, nous nous transformons, et nous avons envie de faire honneur au pays. Pour franchir des paliers, il faut se mesurer aux meilleurs. Et Julien en fait forcément partie. »

Ce diamant prêt à briller de mille feux pour cette 10e édition des JIOI, espère faire table rase, comme il y a 4 ans. « Nous allons tout faire pour ramener le maximum de médailles. Bien évidemment, nous voulons rééditer l’exploit de 2015. Pour ma part, j’espère aussi ramener l’or en double homme et par équipe. Je tiens aussi à préciser qu’il faudra aussi compter sur Aurélie Allet et moi-même pour le double mixte, car nous aurons à cœur de tirer notre épingle du jeu. » Ce n’est pas moins de quatre médailles d’or dans le viseur de ce compétiteur acharné. Mais le Mauricien en a aussi dans la caboche. L’année dernière, il avait stoppé momentanément ses entraînements, et ce durant 7 mois, pour se concentrer sur sa carrière professionnelle. « Je devais suivre ma formation pour devenir garde-chiourme. C’est ainsi que j’ai repris l’entraînement en janvier de cette année. En parallèle avec mon métier de garde-chiourme à la prison de GrandeRivière-Nord-Ouest, je suis aussi des cours de Sports Coaching à l’Université de technologie (UTM). Je ne m’en plains pas, j’arrive à jongler entre les trois. » Aatish Lubah a tenu à remercier tous ceux qui lui ont permis d’arriver là ou il est. « Je viens d’un milieu modeste ou j’ai toujours appris qu’il fallait faire des efforts pour réussir. J’ai la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours poussé à faire ce que j’aime et je tiens à les remercier. Merci aussi au MJS, à la fédération, au TFES et à tous ceux qui m’ont accompagné dans ma progression. »