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Six mois sont passés sans que l’on sache exactement ce qu’il advient du cas de dopage de la badiste Kate Foo Kune. Testée positive en avril aux Championnats d’Afrique du Nigeria à Hacourt, la badiste avait été prévenue du verdict le 12 juin, soit deux jours après son arrivée pour s’aligner aux Internationaux de Maurice (13-16 juin). Elle avait aussitôt fait appel pour une contre-expertise. Depuis, le cas est devenu assez intrigant, car personne ne semble en mesure de préciser la suite de l’affaire.

Il est un fait que les résultats de l’échantillon B surviennent normalement après environ deux-trois semaines de délai. Mais du côté de l’Association mauricienne de badminton (AMB), le président Sharma Nundah n’a eu de cesse d’affirmer que « tout est entre les mains de la Badminton World Federation et le dossier reste très confidentiel. » En sachant qu’une contre-expertise n’a quasiment jamais contredit l’analyse de l’échantillon A, ce long délai peut effectivement laisser planer des doutes quant au fait que les résultats de l’échantillon B peuvent avoir été tenus secrets depuis un bon moment en attendant que l’affaire soit débattue, la badiste ayant retenu les services d’un homme de loi très influent au Danemark. Car il faut se rappeler que, premièrement, l’AMB avait déclaré de n’être au courant du cas que le 23 juin, alors qu’elle avait déjà été prévenue par la BWF le 12 juin.

De plus, l’AMB a tardé avant de prononcer la suspension immédiate de la badiste de toutes activités en attendant les résultats de la contre-expertise. Ce qui ressemble de loin à un vice de procédure par rapport aux recommandations de charte de l’Agence mondiale antidopage. Selon une source bien informée, des procédures liées au contrôle de dopage et aux réglementations de l’Agence mondiale antidopage, c’est à la fédération nationale précisément qu’il incombe de suspendre immédiatement le sportif ayant subi un contrôle positif à l’échantillon A, avant d’en aviser sa fédération internationale de cette décision et non l’inverse. Par contre, celle-ci est également prévenue du cas par l’Agence mondiale antidopage. Enfin, il nous revient qu’il a fallu également compter avec l’insistance du MJS et l’influence d’autres personnes très avisées pour faire céder l’AMB à quelques jours des 10es Jeux de îles (19-28 juillet).

Kate Foo Kune a été contrôlée positive au produit 1-Andro Stenedione, un « Exogenious anabolic Androgenic Steroid ». Elle risque quatre années de suspension. Sa bourse olympique et son allocation de haut niveau lui ont aussi été enlevées. Mais parmi ceux qui ont traité ses dossiers durant plusieurs années, on affirme qu’elle a toujours été intègre et donc qu’on peut très difficilement croire qu’elle ait pris un produit prohibé en connaissance de cause.

Et quid de la piste de contamination par voie alimentaire? Selon les dernières indications fiables, la badiste aurait reçu une injection de suppléments durant le tournoi au Nigeria alors qu’on sait qu’elle s’était effectivement plainte auprès de la BWF des conditions alimentaires qui ont été imposées à l’équipe mauricienne et des soins que celle-ci a dû obtenir lors de son séjour. Il s’agit de savoir quels sont les composants de ce supplément et qui l’avait conseillé à la badiste ?

Par contre, dans les milieux de l’AMB, on évoque, avec réserves, la thèse de complot en associant le cas avec celui d’un ancien haut dirigeant banni en décembre 2018 de toutes les instances du badminton pour utilisation abusive de fonds et pour lequel cas Kate Foo Kune se tiendra en tant que principal témoin. Ce qui explique supposément pourquoi l’affaire tarde à se dénouer. Si le test de l’échantillon B devait être effectué en Afrique du Sud, une autre source très fiable avait révélé fin juin que la badiste avait déjà fait parvenir à la BWF sa déclaration formelle en attendant sa comparution (hearing) devant la BWF. Celle-ci devrait aussi avoir déjà eu lieu tout au moins avant les derniers Jeux d’Afrique du Maroc (19-31 août).