Les Championnats d’Afrique U15 ont pris fin dans la soirée de jeudi au Centre national de Badminton à Rose-Hill. Sud-Africains et Ougandais se sont partagé les lauriers. La sélection de Maurice, emmenée par l’Égyptienne Sandy Hussein, n’a pas fait le poids, n’étant pas en mesure de se surpasser pour damer le pion à ses adversaires.
Ses finales avaient débuté avec celle de simple fille mettant aux prises la Sud-Africaine Megan De Beer à l’Égyptienne Basem Sobhy Ebrahim Malak. La première nommée a fait la différence en trois manches, s’imposant sur le score de 18-21, 21-15 et 21-14. La finaliste malheureuse, très émotive depuis le début du tournoi, n’a pu s’empêcher d’éclater en sanglots. Pour De Beer, ce sacre annonce le début de la moisson. C’est ensuite au tour des garçons de faire le show en simple avec la finale tant attendue mettant aux prises le talentueux Ougandais Expedito Emuddu au Mauricien Jasmit Bhagirutty.
Ce dernier n’a à aucun moment mis en difficulté son adversaire, beaucoup plus tranchant et précis dans ses gestes, le score final étant de 21-15, 21-15. « J’ai commis beaucoup trop de fautes directes », a avoué le Mauricien, élève au Royal College de Port-Louis. « Je n’arrivais pas à soutenir la comparaison d’un point de vue physique et au niveau de l’endurance. Il était plus fort d’autant qu’il a beaucoup plus d’expérience. Pour une première, je dois dire que je suis content d’être parvenu jusqu’ici. Le travail continu et je vais m’améliorer dans les années à venir. Je tiens à dire un grand merci à la Fédération mauricienne de Badminton, le Trust Fund For Excellence In Sports (TFES), le physiothérapeute qui s’est bien occupé de moi car je m’étais tordu la cheville dans la compétition par équipe, ainsi qu’à ma famille ».
Puis a eu lieu la finale en double fille où les favorites Vilina Appiah et Kritisha Mungrah étaient attendues au tournant. Les chances de médailles d’or reposaient sur leurs fines épaules et force est de constater qu’elles en avaient dans le ventre. Après avoir remporté le premier set sur le score de 16-21, les Sud-Africaines De Beer et Snyman sont revenues au score, 21-12. Au set fatidique, à 18 partout, le public retenait son souffle, mais malheureusement, les Sud-Africaines ont su maîtriser leurs nerfs au bon moment pour glacer le gymnase. C’est la douche froide dans le camp mauricien.
Des leçons à tirer
Mungrah et Appiah n’ont malgré tout pas démérité. « Nous avons tout donné mais nous aurions pu faire beaucoup mieux », ont-elles déclaré. « Nous sommes très déçues car nous avons laissé un peu trop le jeu à nos adversaires. Nous avions à coeur de gagner devant notre public mais nous n’y sommes pas parvenues. Ce n’est que partie remise. Nous nous servirons de cette défaite pour avancer ».
En double garçons, la paire mauricienne composée de Bhagirutty et Jason François a, pour sa part, subi la loi des Ougandais, Expedito Emuddu et Arshath V.M.Nazurudheen en trois manches, 21-12, 19-21, 21-18. Enfin, le double mixte aura été remporté par la paire sud-africaine Marnus Van Der Walt et Megan De Beer en deux sets. Ce dernier a brillé lors de ces Championnats en s’imposant dans pas moins de trois finales.
Sandy Hussein, coach de l’équipe, a tenu à préciser que les jeunes badistes étaient en action pour la première fois dans ce tournoi. « C’est la dure réalité du haut niveau », constate-t-il. « Il faudra maintenant continuer à travailler, mais j’estime que ce groupe est très talentueux. Contrairement aux autres pays qui ont beaucoup plus de frottements et d’expérience en matches, nous sommes loin d’avoir démérité car nous avons disputé trois finales ».
De son côté, Sandy Hussein, entraîneuse de l’équipe mauricienne des moins de 15 ans, espérait plus de ses protégés. « Nous aurions dû gagner notamment en double filles car elles ont vraiment du potentiel. Je ne suis pas satisfaite. Je pense qu’elles ont fait preuve de beaucoup trop d’enthousiasme notamment dans leurs temps forts. Elles avaient tellement envie de gagner rapidement mais elles ont commis trop de fautes. Quoi qu’il en soit, nous avons des leçons à tirer et nous serons certainement plus à craindre dans un futur proche », souhaite-t-elle.