L’Afrique du Sud avec sa jeune équipe a créé la surprise en terrassant le géant nigérian samedi, s’offrant son troisième titre face au même adversaire depuis 2011, lors des championnats d’Afrique disputés au centre national de badminton à Rose-Hill. Les coéquipiers de Wilhem Viljoen sont sortis vainqueurs de leur duel sur le score écrasant de 3-0 face à une équipe nigériane vacillante en masculin et qui à n’en plus douter a besoin d’un bain de jouvence. Quant à Maurice, elle complète ce podium avec les Seychelles en enlevant le bronze.
À l’inverse de l’Afrique du Sud qui a commencé à rajeunir son équipe depuis voilà deux-trois ans, les Nigeria a peut-être trop attendu pour se remettre à flot et a préféré faire confiance à ses vétérans Olaoluwa Fagbemi et Jinkam Iframu. Bien que pouvant encore faire des dégâts, ces derniers sont désormais dépassés par leurs farouches rivaux sud-africains tant en simple hommes qu’en double hommes.
Du coup, le tandem nigérian sur la voie de la retraite a échoué dans sa dernière sortie pour quitter la scène africaine par la petite porte. « Ils sont été champions des Jeux d’Afrique à Maputo (2011) et c’est ici qu’ils ont décidé de tirer leur révérence… », nous confie le coach nigérian, Danguma Fatauchi, avec une pointe de tristesse, quoi qu’avouant que « nous ne sommes pas déçus pour autant. »
En 2011 au Maroc, l’Afrique du Sud, qui avait alors aligné sa vieille garde, s’était également imposée 3-2 en finale face au Nigeria. Et l’an dernier en Éthiopie, les Sud-Africains s’étaient encore distingués 3-1 tant en masculin qu’en féminin, alors que le tournoi servait de qualification africaine aux mondiaux par équipes de la Thomas (hommes) & Uber (dames) Cup.
Samedi, le Sud-Africain Jacob Maliekal, n°1 africain du simple hommes depuis l’an dernier, a confirmé sa position en tombant 21-16, 21-16 le n°1 nigérian Jinkam Iframu au bout de 25 minutes. La nouvelle n°1 nigériane, Grace Gabriel, fut elle aussi envoyée au tapis dans le simple dames par Elme de Villiers 21-17, 21-19 en 20 minutes. Mais faisons toutefois ressortir que la Nigériane avait eu le matin du même jour un rude match en demi-finales face à la Mauricienne Kate Foo Kune. Leur premier face-à-face s’étant soldé en trois sets 16-21, 21-19, 21-14 et 46 minutes.
Vieille rivalité
C’est dire qu’elle a manqué de récupération avant de revenir sur le court à peine quelques heures après pour jouer la finale. Son coach le confirme : « Elle n’est pas vraiment fatiguée, c’est juste un manque de récupération car cette finale était trop proche de la demi-finale. » C’était aussi la première défaite concédée par la Nigériane depuis le début du tournoi mercredi dernier.
Il restait donc au Nigeria le double hommes pour essayer de revenir à 1-2 et éventuellement remporter les deux doubles restants pour renverser la vapeur. Mais son double hommes concéda la première manche 18-21 face au tandem Viljoen-Malan avant de sombrer 13-21 dans la suivante. L’Afrique du Sud pouvait crier victoire.
« D’aucuns croyaient que notre jeune équipe n’était pas vraiment la meilleure et capable de gagner. Mais nous avons prouvé le contraire. We come out to win. Notre victoire en demi-finales contre les Seychelles, qui est une équipe d’expérience, nous a mis en confiance. Nous savions dès lors que c’était possible de le faire. Nous nous attendions à gagner 3-0 ou 4-1. Elme de Villiers, qui est la plus jeune de l’équipe, a vraiment boosté notre confiance en enlevant le simple dames. Mais si on avait perdu le double hommes, nous aurions fait la différence en gagnant le double dames », a fait ressortir Wilhem Viljoen, 27 ans et le plus expérimenté de l’escouade sud-africaine.
« Notre rivalité avec le Nigeria dure depuis plus d’une décennie et c’est toujours difficile de l’affronter par équipes quand il remporte le premier match. Mais nous avons cette fois frappé d’entrée dans le simple hommes avec Jacob Maliekal. Maintenant, nous allons continuer à renforcer notre équipe pour la rendre plus solide et plus expérimentée », s’est-il réjoui.    
Quant à l’équipe mauricienne, « elle doit encore progresser techniquement et tactiquement, et c’était pour la plupart d’entre eux une première expérience », estime le DTN malaisien, Nantha Kuram Tarbadas. « En comparaison à l’Afrique du Sud et au Nigeria, nos joueurs sont techniquement au point mais le sont moins tactiquement. We are learning on that, because South Africa even with its young team has a good tactic, good technic and they are regular partners. Mais sur l’ensemble, je suis satisfait des joueurs. Ils ont fait de leur mieux et je n’ai rien à leur reprocher. Ils acquerront plus d’expérience et de maturité au fil des compétitions. »