Après le hold-up réussi au gymnase Michel-Debré à La Réunion, les badistes mauriciens semblent en mesure de faire aussi bien en 2019. Avec sept médailles d’or, ils n’ont rien laissé à leurs adversaires, que ce soit dans le tournoi par équipes (2) et individuel (5). Dans quatre ans, les jeunes fleurons de l’équipe devraient être encore plus performants, s’ils sont bien encadrés.
À l’inverse de 2011 (trois médailles d’or), aucune désillusion n’a marqué le passage des badistes aux 9es Jeux des îles. Ils ont renoué avec leur suprématie dans une discipline qu’ils ont toujours maîtrisée, leur précédent sans-faute remontant en 1998 à La Réunion, justement. Après les deux médailles d’or remportées par équipes hommes et dames, l’idéal était de voir deux Mauriciennes se disputer le titre du simple dames individuel, tant la bande à l’Indonésien Annas Jauhari (DTN) affichait une supériorité incontestable.
L’ultime affiche aurait sans doute été une finale opposant Kate Foo Kune à l’expatriée Nicki Suan Im Chan Lam (Angleterre). Mais elles se sont retrouvées dans la même moitié du tableau et se sont affrontées en demi-finales. Kate Foo Kune l’emporta 21-13, 21-12, faisant subir à sa équipière sa seule défaite en simple avant de se défaire aisément de la meilleure seychelloise, Alisen Camille, 21-15, 21-5. Nicki Chan Lam et Juliette An Wan (Sey) ont complété le podium.
Mais pour plus d’un, la grande révélation est sans doute le junior Julien Paul. Il n’a concédé qu’un seul set — en finale du simple hommes — sur l’ensemble des matches du simple hommes. En tant qu’observatrice privilégiée, Shama Aboobakar note qu’« il a battu tous les meilleurs déjà dans le tournoi par équipes, puis les n°2 malgache et réunionnais, comme il l’avait souhaité dans le simple hommes du tournoi individuel. Étant donné qu’il a surclassé tout le monde, il mérite bien le titre de meilleur joueur du tournoi ». Julien Paul s’adjugea le titre 14-21, 21-16, 21-10 contre Didier Noury (Réu), le bronze revenant à Loïc Bertil (Réu) et Rasheed Mohamed Ajfan (Maldives). À l’image de Kate Foo Kune (France), Julien Paul devrait se voir offrir la chance d’évoluer à l’étranger pour se perfectionner en vue de 2019.
S’il est vrai que Maurice s’est avérée intouchable avec Kate Foo Kune et Julien Paul, il faut préciser que La Réunion et les Maldives ont également rehaussé leur niveau, à l’inverse des Seychelles, qui se sont présentées avec une équipe en déclin faute d’une bonne relève.
« La seule qui pouvait vraiment dominer Kate Foo Kune était bien Nicki Chan Lam, mais elle est passée un peu à côté de sa demi-finale. Dans quatre ans, il faudra surtout se méfier de La Réunion et des Maldives plutôt que des Seychelles. L’avantage pour Maurice est d’être tombée cette fois sur les mêmes joueurs des Maldives qui étaient là en 2011. Les six éléments de son équipe masculine sont restés deux ans en Malaisie avant de venir aux Jeux. Donc, cette équipe sera moins forte dans quatre ans. Par contre, étant plus jeunes actuellement, les Maldiviennes seront à surveiller dans quatre ans », analyse avec le recul Shama Aboobakar, vainqueur du titre par équipes dames, et double médaillée de bronze en double dames et double mixte.
Les médaillés d’or mauriciens les plus prolifiques auront été Kate Foo Kune, triplement sacrée en équipes, simple dames, double dames et médaillé d’argent en double mixte avec Julien Paul, Yeldy Louison (or en équipes en double mixte avec Sahir Edoo et en double dames avec Kate Foo Kune) et Julien Paul, triplement sacré en équipes, simple hommes, double hommes avec Aatish Lubah, et médaillé d’argent en double mixte.