Maurice n’a pas tenu le choc hier face à l’Afrique du Sud dans la qualification africaine de la Thomas Cup. Elle s’est effondrée 0-5 dans le duel au sommet désignant le premier pays du groupe A. De ce fait, elle affronte l’Algérie cet après-midi à 17h en demi-finales, alors que l’Afrique du Sud est aux prises avec le Ghana. À l’inverse, la situation est sous contrôle chez les dames dans la Uber Cup, où Maurice l’a emporté 5-0 hier contre le Ghana. Elle devrait surmonter facilement l’Ouganda ce soir pour accéder en finale.
L’affaire est mal embarquée pour la sélection masculine. Ce match contre l’Afrique du Sud était de loin un prélude voire une finale avant la lettre. Et quoi que l’on puisse dire, le cinglant revers subi n’est pas de bon augure dans l’éventualité que la sélection mauricienne arrive à se défaire de l’Algérie pour valider sa place en finale. Dans le milieu, on préfère avancer prudemment en prenant un match à la fois. Mais toujours est-il que les protégés d’Annas Jauhari (DTN) ont toutes les chances de croiser à nouveau la trajectoire de l’Afrique du Sud en finale vu que celle-ci battra fort probablement le Ghana ce soir.
Hier, la sélection masculine avait un peu la mine déconfite car elle misait sur une victoire dans le deuxième simple hommes pour revenir dans la partie. Mais Aatish Lubah n’a pas résisté au n°2 sud-africain, Prakash Vijayanath, qui l’a emporté 21-16, 8-21, 21-18. Pourtant, une victoire restait à portée de Lubah après l’égalisation au 2e set. Mais au lieu de maintenir l’intensité et le rythme, il fit l’inverse. Un changement de tactique qui coûta cher à l’équipe. Hier, il devait même subir trois défaites après celle concédée le matin contre Genin (Réunion) et l’autre en double hommes avec Julien Paul face à l’Afrique du Sud.
Il avait de quoi être déçu. « Cet après-midi j’ai bien abordé le match. C’est juste dans le 3e set que j’ai perdu ma concentration. Il fallait en effet maintenir la pression, mais j’ai baissé de pied. Il est alors passé en tête et à un certain moment en fin de partie, je n’arrivais plus à rattraper les deux points d’écart qu’il avait. Cela pesait lourd car le match tirait à sa fin », analyse-t-il.
C’était trop tard en effet pour relancer la partie, d’autant qu’il restait peu d’espoir pour que Maurice accroche le 3e simple et les deux doubles hommes suivants pour s’imposer. Julien Paul, qui subit lui aussi d’entrée la loi du champion d’Afrique en titre, Jacob Maliekal, affichait la grise mise. « C’était lui le favori. Je suis quand même assez satisfait d’avoir pu tenir le rythme. Mais j’ai failli dans la finition, n’étant pas habitué à jouer à ce niveau. On manque de frottements, c’est sûr. On visait une victoire avec Aatish, puis Kiran dans le 3e simple avant de faire le différence dans le 2e double hommes. Mais tout a basculé. »
La seule consolation tient donc du fait que Maurice s’était déjà qualifiée le matin même après sa victoire étriquée 3-2 contre La Réunion. Mais elle n’est par contre pas parvenue à éviter l’Algérie, comme elle le souhaitait en demi-finales. Aussi, hier soir, cette défaite de l’équipe masculine était différemment interprétée. Si certains pensent que c’était bien un match au sommet et que Maurice se devait de s’y mettre à fond en sachant qu’une victoire ne pouvait qu’être bonne pour le moral face à l’Afrique du Sud, par contre, il y en a d’autres qui prennent cette défaite autrement, sans chercher malgré tout à atténuer l’ampleur du score.
« Ce n’était pas un match décisif, le plus important c’est d’arriver en finale. Malgré ce 5-0, les matches ont été serrés. Cela deviendra même très intéressant si jamais on retrouve l’Afrique du Sud en finale. Mais avant, il faut battre l’Algérie », estime Sahir Edoo. À raison ou à tort ? On le saura dans pas longtemps.
Dans le tournoi féminin, il devient de plus en plus clair que l’on s’achemine vers une finale Maurice/Égypte. Pour rappel, ce tournoi de qualification africaine des Thomas & Uber Cups comptera également pour les championnats d’Afrique.