La page est  définitivement tournée et Maurice ne restera  qu’un mauvais souvenir pour le DTN Malaisien Nantha Kumar Tarbadas, 33 ans.Il a effectivement pris l’avion pour la Malaisie vendredi et ne compte pas remettre les pieds au centre de badminton à Rose-Hill. Arrivé à Maurice en janvier dernier, le Malaisien n’a tenu en tout et pour tout  que 8 mois dans ce qu’on peut désormais appeler l’enfer du centre  de Rose-Hill. Comme ses prédécesseurs, Nantha Kumar Tarbadas a fait les frais d’un fort lobby des «parents interventionnistes», qui semblent une fois de plus avoir une influence sans bornes et à un tel point de faire courber l’échine de l’AMB. Celle-ci  n’a pas pris en considération les manquements, voire les incidents qui ont marqué le stage pré-championnats d’Afrique qui s’était déroulé du 24 juillet au 8 août en Malaisie. Le comportement de certains badistes, en particulier les anciens de l’équipe n’a pas été exempt de tout reproche. Certains ont même poussé leurs indisciplines très loin, jusqu’à mettre en péril la composition de la sélection. Dans ce nouveau scandale qui frappe cette fédération pour, encore une fois, les mêmes raisons, l’AMB a choisi la décision la plus facile: pousser Nantha Kumar Tarbada vers la sortie.
Retour à la case départ pour le badminton. A deux ans des 9es Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) de 2015 à La  Réunion, cette discipline ne dispose plus des services d’un technicien étranger. Le DTN Malaisien a été remercié par l’Association mauricienne de Badminton lundi dernier alors que cette même fédération tente de faire croire qu’officiellement Nantha Kumar Tarbada a quitté Maurice vendredi dernier pour des raisons de santé. Mais officieusement Week-End est en mesure d’affirmer que le Malaisien a été prié de quitter son poste de DTN pour insuffisance de résultats.
Les résultats
Voilà une bien étrange raison avancée par l’AMB pour justifier au Malaisien cette décision. Car si on fait un petit rappel en arrière depuis son arrivée à Maurice en janvier dernier, Nantha Kumar Tarbadas a entraîné la sélection nationale junior pour les 11es Championnats d’ Afrique en Algérie en avril dernier. Une participation qui a eu pour résultat deux médailles d’or, une d’argent et deux de bronze. Une prestation qui change drastiquement des résultats habituels des badistes Mauriciens de ces championnats qui  ne ramenaient que le bonze de cette compétition. Puis  il y a eu en mai dernier la belle moisson des juniors à la compétition de la Commission Jeunesse et des Sports de l’Océan Indien (CJSOI) à Mahé. Les Mauriciens, toujours dirigés par le DTN malaisien avaient tout raflé au nez et à la barbe des Seychellois. Puis, lors des récents Championnats d’Afrique à Maurice, les locaux ont disputé deux finales (simple dames et double hommes), certes perdues, mais il y a eu aussi quatre médailles de bronze. Ajoutez à cela, la médaille d’or de Kate Foo Kune en simple dames aux Internationaux de Maurice.
Reste que l’AMB a osé parler d’insuffisances de résultats lors des récents Championnats d’Afrique. A plus d’un titre, l’argument de l’équipe de Bashir Mungroo est plus qu’une aberration et ne tient pas la route pour un sou. Les résultats sont bien là pour le prouver. Maurice s’était toujours contentée du bronze ces dernières années, à l’inverse des deux médailles d’argent et quatre de bronze obtenues la semaine écoulée. Sans oublier les Internationaux de Maurice avec une médaille d’or, une d’argent et deux de bronze qui sont tombées dans l’escarcelle mauricienne.
Politique de l’autruche
Visiblement dans ce dossier, l’AMB pratique une politique de l’autruche et n’a pas cherché à voir la vérité en face. Cette vérité qui ronge le badminton mauricien depuis des années et qui vraisemblablement continuera à ronger cette discipline. L’AMB, ayant de ce fait opté pour la solution la plus facile en limogeant un technicien dont le péché a été de chercher à instaurer une discipline  au sein des sélections nationales et autour  au lieu de prendre les taureaux par les cornes. L’équipe de Bashir Mungroo porte sans aucun doute une très lourde responsabilité sur ce qu’il adviendra de cette discipline pour ce qui est de la préparation pour les JIOI 2015.
En choisissant de ne pas regarder la vérité en face, l’AMB a feint d’ignorer la question de relations entre le DTN et certains «anciens joueurs» de la sélection qui avaient pris l’habitude de tout décider au sein de la sélection et qui ont des allergies avec le mot discipline.  A tel point que cette vilaine habitude a déteint sur des nouveaux, dont un en particulier,voué à un brillant avenir, qui a osé dire à l’entraîneur de «shut-up» en pleine séance d’entraînement en Malaisie.
Le torchon prend feu
Les enseignements du DTN jugés trop disciplinaires, trop arbitraires, ces têtes brulées de la sélection  ont choisi de  surfer sur la vague de la contestation pour miner l’équipe de l’intérieur et  de surcroît déstabiliser le techncien. Malgré les apparences, le stage en Malaisie a tourné en eau de boudin et  le torchon entre Tarbadas et les «vieux» de la sélection a fini par prendre feu.:mauvaises alimentions, shopping dans des lieux insoupçonnés de Tarbadas qui  pourtant lui-même est un Malaisien, veiller jusqu’à 3h du matin dans les chambres, des sorties non autorisées,  et utilisation abusive des téléphones portables à l’heure des entraînements. Pour couronner le tout: indisponibilité physique d’une ancienne joueuse, qui fut portant avertie.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est, comme attendu, advenue lors des Championnats d’Afrique à Maurice.  Le coach avait prévenu qu’il n’allait pas intervenir durant les premières phases du tournoi individuel des Championnats d’Afrique. Mais l’incident survenu au 3e  tour du simple dames du tournoi individuel entre la Mauricienne Kate Foo Kune et la Nigériane Tosin Atolagbe. a poussé vers la chute de Nantha Kumar Tarbadas La No 1 de Maurice a certes remporté la joute, mais l’absence de coaching a été décriée. «Les joueurs doivent apprendre à évoluer seuls dans leur match pour progresser car si je m’assois toujours derrière eux, ils ne se débrouilleront pas. Ils ont besoin de maturité pour savoir ce qu’il faut faire à tel ou tel moment. Cela fait partie de l’apprentissage», souligne le Malaisien pour expliquer sa démarche.
 Ce dernier n’aurait  pas apprécié non plus que la soeur  de Kate, Karen Foo Kune, ait pris sa place pour assister sur le banc de l’entraîneur . «C’est le coach seul qui  a le droit de s’asseoir à cette place. Si le joueur souhaite l’assistance d’un coach personnel, il faut en faire la demande au coach la veille de son match pour ainsi avoir le feu vert de ce dernier. J’ai réprimandé Karen sur le court durant le match, lui demandant de libérer la place. Mais elle ne m’a pas écouté. Tout le monde ne peut pas venir et coacher qui il veut, quand il veut. Ce n’est pas logique et c’est un profond manque de respect», soutient notre interlocuteur, qui n’a pas manqué de spécifier dans un rapport que Kate Foo Kune est une joueuse très indisciplinée.
 «Les badistes doivent être disciplinés et se doivent de respecter les consignes et le coach. Je me souviens qu’à mon arrivée, on m’avait donné carte blanche en me demandant d’instaurer discipline et rigueur. Mais je tiens à souligner qu’on ne m’a jamais proposé un contrat de travail où sont clairement définies mes conditions et mes attributions. C’est difficile pour moi de travailler dans de telles conditions d’autant qu’on a commencé à me demander de ménager les joueurs», explique-t-il. «Je n’ai rien à me reprocher. J’ai fait le maximum en huit mois, un court laps de temps. Je suis un homme de terrain et J’estime avoir donné amplement satisfaction et ça se voit dans les résultats», conclut notre interlocuteur.
 C’est plus que dommage que le sort frappe encore cette discipline dont les résultats de Jeux des Iles de 2012 nous ont démontré à quel  point elle était malade. Raj Gaya, qui est à la base de l’arrivée du Malaisien à Maurice, doit assumer une grande part de responsabilité à cette affaire et sans aucun doute , l’AMB qui ne fait plus dans la politique sportive et de développement. Mais dans la politique des petits copains. Le départ programmé de Nantha Kumar Tarbadas laisse sans aucun doute également de la place à ce qu’on appelle des faux prophètes et qui ont une haute opinion de leurs petites personnes.
A bon entendeur…