Le nouveau directeur technique national (DTN), le Malaisien Nantha Kumar Tabardas s’est livré dans les colonnes de Week-End, lui qui espère apporter toute son expertise au badminton mauricien. Méthodique et exigeant, il n’y va pas avec le dos de la cuillère et donnera le maximum pour le développement de la discipline à Maurice.
Nantha Kumar Tarbadas (33 ans) adopte une approche rigoureuse et perspicace.  Lui qui possède une académie en Malaisie et quatre entraîneurs sous ses ordres, n’est pas à Maurice pour se faire une place au soleil. « Je ne suis pas là pour me reposer mais pour travailler. J’ai déjà élaboré un programme de travail pour les badistes mauriciens, dépendant bien évidemment de leurs catégories. Pour l’instant, je suis en train de les évaluer et de les tester », souligne notre interlocuteur. Le DTN n’a par ailleurs pas encore rencontré tous les joueurs de l’élite nationale. Valeur du jour, l’expert malaisien n’a rencontré que Shama Aboobakar, Yoni Louison, Christopher Paul, Shaheer Ramrakha et Neeresh Ramtohul.
« J’ai eu l’occasion de voir à l’oeuvre Kiran Baboolall une seule fois car il s’est par la suite blessé. C’est difficile pour moi de les superviser de cette façon. J’attends d’avoir tout le groupe en entier pour pouvoir commencer le travail », souligne-t-il. Il est à noter que les joueurs de l’élite nationale s’entraînent les après-midi (17h-20h). En ce qu’il s’agit du Pôle Jeunes du Trust Fund For Excellence In Sports (TFES), ils s’entraînent tous en semaine, matin et après-midi. Le DTN ne mâche pas ses mots quand il nous parle du niveau des joueurs. « Le niveau des joueurs de l’équipe nationale est inférieur à celui des jeunes de 7-10 ans que j’ai formés à la base en Malaisie avant que ces derniers n’alimentent les académies de haut niveau pour leur perfectionnement. Il y a surtout des lacunes sur le plan technique. La base n’est pas bonne », fait ressortir le Malaisien, qui tient toutefois à souligner l’investissement des badistes locaux.
« Ils ont ce que je qualifierai de « Never give up » attitude. Ils montrent tous de l’intérêt et ont une grande envie d’apprendre. C’est très encourageant pour la suite des évènements », ajoute Nantha Kumar Tabardas. Au four et au moulin, il compte mettre sur pied des opérations détections à travers l’île pour dénicher des futurs talents et ainsi leur inculquer les bases. « En Malaisie, les jeunes commencent à jouer au badminton dès l’âge de 3-4 ans. Et arrivés à 10 ans, ils ont déjà acquis une excellente technique de base comparable aux jeunes qui participent, par exemple, aux championnats d’Afrique juniors. On peut donc facilement imaginer toute l’envergure que déploieront ces jeunes Malaisiens lorsqu’ils auront atteint 15-17 ans. C’est ce que je compte apporter aux joueurs mauriciens. Cette base est primordiale pour  aller de l’avant », ajoute le DTN.
« Le badminton est un sport complet dont l’extrême rapidité du jeu nécessite un engagement physique intense, de la souplesse et de l’endurance. Le tout, avec une bonne coordination des mouvements et un esprit toujours en éveil, pour deviner les intentions de l’adversaire. En effet, en jouant sur la variété des coups, ça peut aller très vite (jusqu’à 317 km/h) ou bien très lentement. Je constate que les joueurs ont beaucoup de talent à Maurice mais ils ne  réfléchissent pas assez et ne savent pas quelle tactique employer pour contrecarrer l’adversaire ou encore le contrer. Je vais donc les préparer psychologiquement et mentalement pour qu’ils soient aptes à faire la différence au bon moment », explique notre interlocuteur. Nantha Kumar Tabardas espère que le badminton sera l’une des disciplines phares du pays à l’avenir. « Je compte apporter une bonne structure et procéder étape par étape. Pour l’instant, je travaille avec les entraîneurs Stephan Beeharry et Sahir Edoo. Le premier s’occupe particulièrement du TFES. Ils sont très compétents mais il faudrait en avoir d’autres », stipule le Malaisien.
Quoi qu’il en soit, force est de constater que l’Association Mauricienne de Badminton (AMB) possède en ce Malaisien, un DTN de grande qualité. Espérons qu’il connaisse le même succès que son prédécesseur et compatriote Venu Gopal, ancien DTN, qui avait porté la sélection nationale vers des sommets continentaux au début des années 1990.