À chaque finale ses vérités. Battue quatre jours auparavant par la Nigériane Grace Gabriel en finale individuelle des championnats d’Afrique de badminton, Kate Foo Kune n’a pas attendu pour s’offrir une belle revanche, samedi, en simple dames des Internationaux de Maurice. La Mauricienne s’est imposée avec autorité en maîtrisant son adversaire 21-18, 16-21 et surtout 24-22 dans le set décisif sous les acclamations du public présent au centre national à Rose-Hill. Par contre, le tandem mauricien du double hommes Kiran Baboolall-Julien Paul a cédé en finale au second set face aux Sud-Africains Andries Malan et Vilhem Viljoen qui ont gagné 21-11, 21-17.
Cette finale du simple dames fera sans aucun doute date dans les annales. Elle fut acquise au moment même où la Nigériane Grace Gabriel se trouve encore en pic de forme après deux victoires convaincantes à quelques jours d’intervalle contre Kate Foo Kune d’abord dans le simple dames du tournoi par équipes puis en individuel des championnats d’Afrique. Samedi, toute la pression qui s’était fait sentir en finale mardi dernier lors du tournoi individuel était visiblement retombée, de sorte que la Mauricienne aborda le troisième acte de son duel moins tendue et plus confiante, comme elle nous l’avait lancé peu avant de monter sur le court.
Kate Foo Kune s’adjugea le premier set après avoir mené de bout en bout 4-1, 9-5, 11-5, 15-11, 17-12, 19-13, 19-17 et enfin 21-18. Le ton était donné. Mais on savait que la Nigériane chercherait l’égalisation dans la manche suivante. Elle l’obtiendra tout aussi aisément sans vraiment trembler, menant toujours la partie pour atteindre le break 11-8. Toutefois, elle fut rejointe 15-15 au score avant de reprendre le contrôle du match 16-15 puis 18-15, 19-15, 20-16 et conclure 21-16.
Les deux adversaires se dirigeaient donc vers la manche décisive. La victoire de la championne d’Afrique en titre en finale quatre jours plus tôt était encore toute fraîche dans les mémoires. Après une remontée laborieuse, la Mauricienne avait en effet vu tous ses espoirs s’effondrer au bout du premier set après une égalisation à 18-18 et un revirement 19-18 en sa faveur. Mais elle fléchit sur les quatres points cruciaux du set à 20-19, 21-20, 22-2 et 23-22 pour s’incliner 23-25. La Nigériane enleva finalement le set suivant et le match 21-12.
Mais ce triste scénario n’allait toutefois pas se répéter samedi. Survoltée et faisant montre d’un moral de battante, Kate Foo Kune, menée 1-3 au début, parvint à égaliser à cinq reprises, d’abord à 4-4, puis 8-8, 11-11, 17-17 et 18-18, le tournant du match, avant de faire la différence. Elle renversa la vapeur pour mener 19-18, puis 21-20, malgré une égalisation de la Nigériane survenue à 19-19. Celle-ci passa même en tête à 20-19, mais fut aussitôt rejointe 20-20 et menée à nouveau 20-21. Si elle égalisa à deux reprises à 21-21 et 22-22, elle ne parviendra toutefois pas à revenir à sa troisième tentative en envoyant le volant dans le filet et offrant la victoire à Kate Foo Kune. Celle-ci conclut le set et le match 24-22 en 54 minutes d’engagement.
« Soulagée »
« Je me sens vraiment soulagée. Pour moi, le grand jour est bien aujourd’hui (samedi). Je visais deux médailles d’or et j’étais très déçue de ma défaite en finale individuelle des championnats d’Afrique. Mais j’en ai eu une. Je dois être satisfaite. C’était notre troisième confrontation depuis la semaine dernière. J’ai compris son jeu et j’ai tout fait pour la contrer. Je me suis accrochée jusqu’au bout car je savais exactement ce qu’il fallait faire. J’ai rarement gagné un match par deux points d’écart dans le set décisif contre une adversaire pareille. Cela me donne plus de confiance, car si j’avais perdu, je l’aurais regretté pour toujours. C’est un plus d’avoir battu le même adversaire. Je n’arrive pas à le croire. Il fallait que je me prouve que je pouvais la battre ici même et non après ou dans deux ans », a longuement réagi Kate Foo Kune. Comme quoi, il arrive, qu’on apprend plus d’une défaite en finale que d’une victoire…
« Kate était techniquement au-dessus dans le premier set. Après, elle s’est un peu crispée et est devenue nerveuse et a commencé à faire des fautes. Mais elle s’est bien ressaisie au 3e set et a bien joué tactiquement. Avec plus de travail, elle ne peut que progresser et obtenir de meilleurs résultats à l’avenir », constate pour sa part le DTN malaisien de la sélection mauricienne, Nantha Kumar Tarbadas.
Quant à la Nigériane Grace Gabriel, elle évite de parler de déception, préférant nous dire que « ce n’était pas une revanche, car je mène toujours 2-1 sur nos trois duels. Et je me sens bien aussi surprenant que cela puisse paraître. J’ai déjà remporté le titre que je visais et ce matin j’ai joué deux demi-finales en simple et double dames et je n’ai pas bien récupéré avant ma finale. Mon corps n’a pas réagi dans le premier set. Après je me suis sentie mieux. Je souhaitais gagner, mais tout va bien. » Samedi matin, Kate Foo Kune avait elle aussi joué et remporté 21-13, 21-12 la demi-finale du simple dames contre l’autre Nigériane Dorcas Adesokan.
En double hommes, le tandem mauricien Julien Paul-Kiran Baboolall a dû finalement s’incliner devant l’évidence face aux Sud-Africains Viljoen et Malan qui s’imposèrent en deux sets. Le Sud-Africain Jacob Maliekal, ayant dû déclarer forfait sur blessure au 2e tour, le titre du simple hommes est revenu à l’Indien Reddy aux dépens du Nigérian Ifraimu Bulus 12-21, 21-16, 21-14 (40’).