Deux médailles de bronze! C’est le maigre bilan ramené par la sélection mauricienne de badminton des Championnats d’Afrique qui ont eu lieu en Ethiopie du 22 au 28 février. Toutefois, le temps limité que l’équipe a eu pour se préparer n’est pas étranger à cela. Il y a aussi le fait que Priscilla Vinayagum-Pillay a remplacé au pied levé Yeldy Louison qui a désorganisé l’équipe. Résultat : Maurice a décroché le bronze dans la compétition par équipes en masculin comme en féminin.
Par rapport à l’édition 2011 au Maroc, le bilan n’a pas évolué car nos représentants avaient également ramené deux médailles de bronze, soit dans la compétition par équipes (mixte) et en double dames par l’entremise de la paire Karen et Kate Foo Kune.
Toutefois, l’entraîneur national, Annirao Dajee, ne voit pas les choses de cette manière. Pour lui, la sélection s’est défendue honorablement avec les moyens du bord. Et ce, même si dans le tournoi individuel, aucune de nos raquettes n’a passé le stade des quarts de finale (simple et double confondus).
« J’avais dit avant le départ que cela allait être dur pour nous. Nous avons eu seulement un mois et demi pour nous préparer. Mais je trouve que l’équipe s’est défendue de façon honorable au vu des circonstances », indique Dajee.
Il citera ainsi la performance de la sélection féminine dans le tournoi par équipe – qui faisait office de qualificatifs africains pour la Thomas & Uber Cup – pour justifier ses dires. « Contre le Nigeria qui est une des meilleures équipes du continent, les filles sont parvenues à résister et ne se sont inclinées que 3 à 2. L’absence de Yeldy qui a été remplacée à la dernière minute par Priscilla a débalancé l’équipe mais malgré tout, elle a tenu le choc. Kate Foo Kune a été à la hauteur des espérances alors que Shama Aboobakar s’est bien défendue en double », explique l’entraîneur.
En ce qu’il s’agit de la sélection masculine, Dajee dira qu’elle manque d’expérience pour ce qui est du simple. « Il nous a manqué des fers de lance en simple chez les garçons. Christopher Paul est encore jeune. S’il continue à travailler, il va progresser. Mais pour le moment, il manque encore d’expérience. Kiran Baboolall et Yoni Louison sont principalement des joueurs de double », constate notre interlocuteur.
Pour le coach, il y a eu un flottement au niveau des entraînements de la sélection nationale depuis le retour des Seychelles après les Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) en août dernier. « Je n’ai repris l’équipe en mains qu’à la fin du mois de novembre. Ensuite, il y a eu la trève des fêtes de fin d’année et ce n’est qu’à la mi-janvier que nous avons enclenché la préparation pour les championnats d’Afrique. J’ai dû pratiquer ce qu’on appelle le pressure-training. Il y a aussi le fait que certains ont manqué des séances d’entraînement comme Yoni Louison qui possède un énorme potentiel mais qui s’est absenté de certaines séances pour des raisons personnelles », affirme Dajee.
Pour l’entraîneur, c’était une bonne chose de déplacer une équipe en Ethiopie malgré tout car cela lui a permis de situer son niveau. « Selon moi, l’équipe mauricienne est l’une des meilleures d’Afrique du point de vue technique. C’est au niveau de la condition physique que beaucoup de travail reste à faire », observe le technicien.
Pour Annirao Dajee, il est essentiel de préparer l’avenir. « Avec des garçons comme Julien Paul, Atish Lubah chez les garçons, Shamma Sandooya, Raïssa Rassoolkhan et Aurélie Allet chez les filles, nous allons avec l’aide du Trust Fund for Excellence in Sports, encadrer ses jeunes pour préparer l’avenir du badminton mauricien », conclut Annirao Dajee.