Dimanche, quand les JIOI prendront fin, Stephan Beeharry aura une petite larme à l’oeil. C’est ici, aux Seychelles, que sa carrière indianocéanique avait commencé, il y a 18 ans. Gros moment d’émotion, quand il a remporté lundi le double décisif avec son vieux copain Vishal Sawaram.
Stephan Beeharry entre dans la sélection nationale au début des années 1990. Il y fera son apprentissage lors des grands tournois, les championnats d’Afrique. La consécration viendra en 2002, quand il se retrouvera sur le toit du continent en double hommes avec Denis Constantin. « À ce moment, c’était les bons moments. »
Pour ses débuts en terre seychelloise, il n’avait pas failli à la mission. Il décrochera l’or dans le tournoi par équipes. « C’était une belle expérience. Là, ça va me faire de beaux souvenirs, croyez-moi. »
Pourtant, il y a quelques mois, il avait annoncé sa retraite internationale. Un coup de fil de Raj Gaya, président de l’Association mauricienne de badminton (AMB), et il reconsidère sa position. « J’avais laissé entendre que si je devais venir faire de la figuration aux Seychelles, je ne serai pas du voyage. Mais j’ai vu que la forme est revenue au bon moment. Alors, je savais que je pourrais faire quelque chose pour l’équipe. »
Cette médaille d’or, c’est avec ses tripes qu’il est allé la chercher. Mais aussi avec son pote Vishal Sawaram. « Avec lui, ça fait longtemps qu’on joue ensemble. On se connaît, on se fait confiance. C’est ce qui nous a permis de nous sortir de beaucoup de situations difficiles. »
Depuis samedi, les situations difficiles, il en a vécu trois. Contre les Maldives en poule du tournoi par équipes, contre les Réunionnais en demi-finales du même tournoi, et contre les Seychellois en finale. Qui dit mieux ? « Mais si on revient de l’arrière à chaque fois, c’est parce qu’on arrive à se surpasser. »
Témoin privilégié et acteur de la montée du badminton, il assistera aussi à son lent déclin. Mais depuis quelque temps, un vent de jeunesse et de renouveau souffle sur cette discipline. « Avant, avec les DTN étrangers, on sentait la progression. Mais les choses ont changé. Aujourd’hui, quand je vois la jeune génération, je me dis qu’il y a quelque chose à faire. On peut aller loin », souligne l’ancien champion d’Afrique.
S’il a connu durant sa carrière de grands moments de joie, par contre, il y a aussi eu des regrets et des déceptions. « Un match que j’ai mal joué, un point bêtement perdu qui m’a coûté le titre. Oui, il y en a eu. Mais il faut aussi savoir faire abstraction de ces détails. »
Lundi, quand le Motherland a résonné au gymnase de Victoria, c’était une grande émotion qui l’a envahi. « Je n’arrive pas à croire que c’est là que tout va se terminer. »
Mais surtout, il lui reste encore une ou deux missions à accomplir avant de tirer sa révérence. « Quand j’ai repris, je me suis vu projeté pour le double. Ce sera ma dernière mission. »
Un regard en arrière lui procure néanmoins un immense sentiment de satisfaction. « Je pense que je peux dire que j’ai toujours représenté mon pays avec brio. C’est ma plus grande fierté », sourit-il. Dimanche, à l’heure de la cérémonie de clôture, le guerrier pourra enfin savourer son repos…