Après le sombre épisode des 8es Jeux des Iles 2011 à Mahé, il est probable que le badminton mauricien connaisse une année 2012 relativement calme. Sauf imprévu, si d’aventure nos raquettes crèvent l’écran aux Championnats d’Afrique prévus en février en Ethiopie où, plus improbable, si l’une d’entre elles arrive à s’ouvrir les portes d’une qualification aux Jeux Olympiques de Londres sans recourir à la fameuse wild card. 
En d’autres mots attendons-nous au calme plat cette année puisqu’il n’y a pas grand chose à signaler outre l’événement planétaire, lance après refléxion le président de l’Association mauricienne de badminton (AMB), Raj Gaya. Mais la qualification olympique ne pourrait devenir intéressante que si, par exemple, « on a un joueur d’avenir ou une joueuse telle Kate Foo Kune qui se qualifie en sachant qu’elle pourrait nous apporter quelque chose à l’avenir», estime-t-il.
Mais ce qui le préoccupe le plus est, semble-t-il, le montant financier de Rs 1,8 millions que le MJS a mis à la disposition de l’association pour l’année en cours. Somme qui inclut, dit-il, les dépenses conséquentes pour l’achat de volants, le financement des joueurs membres de l’Unité de sport de haut niveau (HLSU) et le transport interieur et qu’il juge donc insuffissante. « Comparés aux Rs 2,2 millions perçues en 2008, volants et HLSU exclus, nous en sommes maintenant presque à la moitié de ce budget. C’est la dure réalité contre laquelle nous allons devoir faire face», appréhende-t-il.
Et qu’en est-il de l’aide financière que pourrait lui apporter la Badminton World Federation (BWF)? « C’est une aide assez négligeable, car le badminton africain ne dispose pas, par exemple, d’un grant spécial qui lui est destiné comme cela existe dans le football. Cela nous laisse donc une marge de manoeuvre très limitée en sachant tous les tournois nationaux et internationaux que nous prévoyons d’organiser cette année et les déplacements des équipes », fait-t-il ressortir.  
Outre les championnats d’Afrique et les J.O. de Londres, l’attention sera aussi braquée sur les Championats d’Afrique U 15 en septembre au Cameroun, les championats d’Afrique scolaires en décembre probablement au Maroc, sans parler des Internationaux de Maurice en juin et des tournois habituels en juniors, seniors et vétérans. La reprise des inter-clubs est aussi à l’ordre du jour après un an d’interruption.
Raj Gaya revient aussi sur une saison 2011 marquée par le naufrage de nos raquettes aux Jeux des Iles à Mahé (5-14 août). Sur sept médailles d’or en jeu, Maurice n’en a remporté que trois en sus d’une médaille d’argent en simple dames et une de bronze en double mixte dans le tournoi individuel. Bilan assez désastreux lorsqu’on sait de quelle humiliante manière les joueurs mauriciens s’étaient faits éliminer.
Toujours est-il que Shama Aboobakar et Kiran Baboolall furent les seuls survivants du naufrage. Vainqueurs de la finale du double mixte bien qu’étant classée n°2 de l’équipe derrière la paire composée de Yoni et Yeldy Louison, ils remportèrent la seule médaille d’or mauricienne du tournoi individuel. Alignée en n°3, la paire Stephan Beeharry et Amrita Sawaram s’arrêta quant à elle en demi-finales avec le bronze.
Par contre, Shama Aboobakar revenue en sélection à seulement trois mois de l’événement à l’occasion des championnats d’Afrique du Maro, rata l’or de peu dans la finale du simple dames qui l’opposait à la Seychelloise Cynthia Course. Les deux autres médailles d’or furent remportées dans le tournoi par équipes hommes et dames.
Cette déroute était du reste prévisible, avoue Raj Gaya. « Objectivement et honnêtement parlant, on ne peut penser qu’on puisse toujours rafler toutes les médailles d’or à chaque édition des Jeux des Iles. Si on avait toujours gagné auparavant, c’est parce que les autres pays ne faisaient rien pour progresser. Mais aujourd’hui et on l’a vu, les Seychelles et la Réunion ont bien travaillé. Et j’ajoute aussi que quelque part, l’or qu’on a remporté en équipes a fait le malheur de nos joueurs dans le tournoi individuel. Car ils se sont décompressés et ont perdu de vue leur objectif », affirme-t-il.