L’examen des virements et transferts bancaires à partir des fonds détournés de l’empire de la BAI vers les comptes personnels de Dawood Rawat constitue un véritable casse-tête pour les Special Administrators de la BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yogesh Basgeet et Mushtaq Oosman. Un Special Report, actuellement en voie de rédaction, devrait confirmer que le montant pompé des contributions du Super Cash Back Gold de l’assurance BAI ou encore des autres entités profitables jusqu’à tout récemment pourrait facilement passer le cap du milliard de roupies. À ce stade, un compte offshore chez Schroders, une firme spécialisée dans le Wealth Management opérant à Guernesey, dénote des transferts de l’ordre de Rs 890 millions, même si ce chiffre est appelé à évoluer jusqu’à la fin de la Forensic Probe initiée. Les éléments de ces transactions portant sur les fonds détournés à Maurice jusqu’à leur placement chez Schroders à Guernesey devraient s’avérer fatidiques pour le Chairman Emeritus de la BAI. En effet, ce dossier devrait pousser le Federal Bureau of Investigation (FBI) des Etats-Unis à s’intéresser au cas de Dawood Rawat pour le délit de “money laundering” car la Clearing Bank ne serait autre que la Hongkong and Shanghai Banking Corporation aux Etats-Unis.
Les conclusions de ce nouveau rapport des Special Administrators – dont des copies devraient être adressées à la Financial Services Commission, au Central CID, à la Financial Intelligence Unit et à l’Independent Commission against Corruption – devraient constituer une “Breakthrough” dans cette quête de la vérité sur la mainmise de Dawood Rawat du groupe BAI, principalement les contributions des détenteurs de police d’assurance ou autres Super Cash Back Gold. À ce jour, les documents et fichiers informatiques, soit les BAI Investments Ledgers, ont permis d’établir des Advances to Chairman pour un montant global de Rs 655 186 456.  
À titre d’exemple, pour les trois derniers mois de l’année dernière, Dawood Rawat a obtenu des transferts pour un montant de Rs 104 millions, dont Rs 50 millions d’avances de Logandale, Rs 20 millions de Barler Corporation, Rs 30 millions de la Bramer Banking Corporation et Rs 3,2 millions de la Lincoln National Life Insurance. Le 16 septembre 2009, il avait bénéficié d’un transfert de la British American Investment Co Ltd pour les besoins d’un “purchase of property”.
À cela il faut ajouter des transferts au chapitre des BA Holdings Technical Fees pour un montant de Rs 92,7 millions, soit une moyenne de Rs 5 millions. Ces virements ne tiennent pas compte des Technical Fees de Rs 15 millions par mois versés sur les comptes de Dawood Rawat à partir du chiffre d’affaires d’Iframac. Il y a encore des Technical Fees de Rs 19,5 millions en faveur de Dawood Rawat par le truchement de BA Holdings.
Les détails de BAI Investment Ledgers confirment que tous les besoins personnels de Dawood Rawat étaient financés à partir de ces fonds détournés, dont le refinancement des dépenses encourues avec les American Express Black Cards, soit pour un montant de Rs 38 millions. L’enquête sur le détournement et le blanchiment prend une autre dimension avec la confirmation que les fonds étaient en majeure partie placés dans un compte offshore chez Schroders à Guernesey. Mais pour atterrir dans le compte numéroté dans ce centre offshore, l’argent doit passer par une Clearing Bank à l’étranger. Le malheur de Dawood Rawat est que cette Clearing Bank n’est autre que la HSBC aux Etats-Unis, donnant ainsi un droit de regard des autorités américaines sur ces transactions financières.
Ainsi, les autorités sont sur le point de compléter un rapport sur le transfert d’au moins Rs 890 millions à partir du système bancaire à Maurice vers Guernesey en passant par les Etats-Unis. Les conclusions portant sur des délits allégués de blanchiment de fonds devront être soumises au FBI des Etats-Unis car le territoire américain a été utilisé pour ce délit de “money laundering” avec Dawood Rawat comme premier suspect éventuel. Affaire à suivre…