Le nouveau Receiver de l’ex-Bramer Banking Corporation Limited (In Receivership), Gérald Lincoln, Country Managing Partner d’E & Y (Ernst & Young) nommé par la Banque de Maurice, doit gérer des Toxic Assets de plus de Rs 5 milliards de cette banque, qui a entraîné l’écroulement de l’empire Rawat de Rs 35 milliards. La majeure partie des avoirs toxiques de cette banque est sous la forme de Non Performing Loans (créances douteuses) de plus de Rs 3 milliards, dont sont allouées les entités du groupe Rawat au sein de BAI Co (Mtius) Ltd. D’autre part, un autre important dossier concerne le Hire Purchase Book de Courts (Mtius) d’une valeur de plus de Rs 1,6 milliard, qui a fait l’objet d’une opération de “securitisation” au profit présumé de Dawood Rawat, Chairman Emeritus de BAI, actuellement réfugié en France avec sa légion d’honneur de la République française. Du côté de la clinique Apollo-Bramwell, dont la reprise devra être entérinée d’ici vers la fin de la semaine, la grogne se fait entendre parmi le personnel avec les syndicalistes de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo, assurant le relais de des protestations auprès du ministère du Travail et des Relations industrielles.
Au cours de la première semaine avec sa nomination en tant que Receiver sous la Banking Act, en remplacement de Mushtaq Oosman et André Bonieux, Senior Partner de PwC, Gérald Lincoln a dressé un premier Audit of Toxic Assets accumulés par ka Bramer Bank et casés au sein de l’ex-Bramer Banking Corporation Limited (In Receivership) et avec la création de la National Commercial Bank Ltd. Le bilan fait voir que le montant de ces “avoirs pourris” de cette banque, avec des répercussions sur les Non-Performing Loans, s’élève à quelque Rs 5 milliards.
Ces Rs 5 milliards se présentent sous la forme d’emprunts accordés par la Bramer Bank à des entités de la BAI Co (Mtius) Ltd, notamment Iframac Apollo-Bramwell et d’autres sociétés, dont la firme de construction Ireko et Greensboro pour les appartements de Diplomat Gardens à Floréal et même Yukondale Ltd, le Financial Footprint dans la presse avec une ardoise d’au moins Rs 400 millions, sans compter les Half Baked Deals encore en suspens même si des paiements ont déjà été effectués. L’étape de mise à jour de ces créances se poursuit dans la perspective de réclamations à venir.
Un premier exercice comptable indique que sur chaque Rs 100 avancées sous ce Toxic Portfolio, un maximum de Rs 25 est recouvrable et les Rs 75 restantes volatilisées. En ce début de semaine, le Receiver Gérald Lincoln a multiplié les séances de travail avec les conseils légaux concernés en vue de loger dans les meilleurs délais des procès en réclamations contre les directeurs de ces entités du conglomérat du groupe Rawat à la Commercial Division de la Cour suprême. À ce stade, aucune indication si les noms des directeurs de BAI Co (Mtius) Ltd seront cités nommément en tant que Co-Defendants dans les procès comme c’est le cas dans les réclamations de Rs 1,2 milliard contre la Mauritius Union Assurance.
Hire Purchase Book
Un autre dossier d’envergure et prioritaire du Receiver de l’ex-Bramer Banking Corporation Ltd concerne le Hire Purchase Book d’une valeur de Rs 1,6 milliard de Courts Mauritius. Ce Hire Purchase Book a fait l’objet d’une opération de “securitisation” auprès de la Bramer Bank avec les fonds déjà appropriés par le clan Dawood Rawat au cours de ces dernières années. Des spécialistes en matière d’affaires soulignent que « la securitisation de ces Rs 1,6 milliard n’est pas autorisée dans la loi mais le groupe Rawat l’a imposée de par sa proximité avec le pouvoir politique en place jusqu’à décembre dernier ».
Dans leur premier Interim Progress Report sur le BAI Ponzi Scheme en date du 17 avril dernier, André Bonieux et Mushtaq Oosman avaient relevé que « we understand from management that Courts sold its Hire Purchase Portfolio to Bramer Bank, in tranches from July 2013 to January 2014, and the credit sales since February 2014 are securitised on a monthly basis at a discount ». Le chiffre d’affaires annuel de Courts (Mauritius) est de l’ordre de Rs 2,1 milliards et dans l’entourage du Receiver, l’on se montre relativement optimiste quant aux résultats de l’exercice de recouvrement.
Dans l’immédiat, le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoola, est impatient de prendre connaissance de la position du Receiver Lincoln au sujet de 55 voitures de la marque Mitsubishi, qui sont dans un Bonded Warehouse sous la responsabilité de la Bramer House. D’aucuns se demandent comment une banque commerciale peut-elle être engagée dans la gestion d’un Bonded Warehouse et s’interrogent également sur la part de responsabilité de la Mauritius Authority dans cette affaire.
Jusqu’ici, les Receivers de l’ex-Bramer Banking Corporation Limited (In Receivership) maintiennent que sur la foi d’un Floor Plan Arrangement avec la défunte Iframac, ces 55 voitures sont sous leur contrôle et qu’il faudra payer pour les retirer du Bonded Warehouse. Dans le camp du Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, l’on ne reconnaît pas ce Floor Plan Arrangement, qui n’a pas été enregistré formellement au titre des “charges”. Ave ce litige sur ces 55 voitures de la marque Mitsubishi, le deal avec le groupe Leal est loin d’être complété à la satisfaction du repreneur et de la compagnie mère au Japon. Un dossier délicat à élucider dans les prochains jours.
Répression
Avec les dernières étapes de la reprise d’Apollo-Bramwell par un fonds d’investissement installé à Londres, la situation à la clinique est loin d’être sereine. D’abord, la question de restructuration du personnel, avec quelque 200 employés en plus, continue à préoccuper plus d’un. À cela est venu se greffer le volet des membres de l’Expatriate staff. Des employés mauriciens disent être victimes de pratique discriminatoire dans la conjoncture.
« Many degree holders at Apollo Bramwell Hospital skilled in administration are struggling to stabilize their jobs and positions. With the nomination of M. Thomas Mathew (Indian expatriate) as Chief Operation Officer, some expatriates are being entrusted with increased authority and power at the hospital resulting in the boycott of Mauritian graduates. For instance, the Customer Experience Manager, which is not considered as a specialized post, however due to close proximity with the new COO, has been cast to a high position to the detriment of the employees. We believe that for such tenure, Mauritian should be given the opportunity », écrivent les syndicalistes Jane Ragoo et Reeaz dans une correspondance adressée au ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn.
La CTSP a également approché les autorités compétentes pour attirer l’attention au sujet du paiement du 13e mois au cours de ces six dernières années. « Des employés dénoncent le fait que durant ces six ans, des maldonnes ont été commises dans le calcul de leur 13e mois. Mais devant le climat de répression régnant à cette époque, ils n’ont pu rien faire. Ils souhaitent voir les autorités faire amende honorable cette année », affirme Jane Ragoo à ce sujet.