Avec la prochaine échéance du 30 juin pour le paiement de la nouvelle tranche de 20% aux Super Cash Back Gold Policy Holders ayant exercé cette option de remboursement, National Property Fund Ltd se voit dans l’obligation de disposer dans ses comptes au moins Rs 2 milliards. Mais à ce jour, le solde positif n’est que de Rs 250 millions en dépit de la vente du jewel in Dawood Rawat’s crown, soit la clinique Apollo Bramwell, avec un price tag de Rs 750 millions. Seul un montant de Rs 77 millions de cette somme a été versé dans la caisse de remboursement des victimes de SCBG de BAI, après le remboursement des avances au gouvernement et à des banques, des $ 200 000 à Vikram Katram d’Omega Ark Investment et les Rs 26,2 millions à l’ancien administrator du groupe BAI, Sattar Hajee Abdoula, Chief Executive Officer de Grant Thornton. Pour solder les comptes de l’écroulement de l’empire Rawat avec la révocation de la Banking Licence de l’ex-Bramer Banking Corporation Limited en date du 3 avril 2015, National Property Fund Ltd doit s’assurer des fonds d’un minimum de Rs 8 milliards, soit Rs 2 milliards annuellement d’ici au 30 juin 2020. Il faudra ajouter à cela le remboursement de la ligne de crédits accordée par la Banque de Maurice de Rs 3,5 milliards avec des intérêts de 3,75 % par an. Le casse-tête chinois que devra résoudre l’hôtel du gouvernement est d’identifier des sources of funds pour renflouer ce trou de plus de Rs 12 milliards, à moins que la Banque centrale, sur intervention du ministère des Finances, ne décide de prendre à son compte les Rs 3,5 milliards allouées à National Property Fund Ltd au 30 juin 2015.
Dans cette perspective, un scénario à deux volets, soit une stratégie à moyen terme avec l’octroi d’un foreign assets tracing mandate du clan Dawood Ajum Rawat au leader mondial des investigations de fraude et de détournement de fonds, Kroll, avec en complément l’ouverture du capital de National Insurance Company Ltd (NIC), qui a pris le relais pour les polices d’assurance des quelque 135 000 clients du défunt groupe BAI, et de MauBank Ltd, incorporée après la fusion de l’ex-Bramer Banking Corporation Ltd à hauteur de 85% avec la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) évaluée par la direction de cette institution à plus de Rs 10 milliards.
Les dernières indications sont que la mise à exécution de ces lignes d’action devra se faire de manière simultanée car il y a urgence du côté des guichets de remboursement de National Property Fund Ltd. Les échanges avec la direction de Kroll, dont les services avaient été retenus par la Mauritius Commercial Bank en 2003 avec l’affaire du détournement des placements de plus de Rs 820 millions du National Pension Fund, ont atteint un stade avancé. Une mission de Kroll est attendue à Maurice ce mois-ci pour mettre au point les derniers détails de cet asset tracing mandate sur la base des informations dans le rapport officiel de nTan Corporate Advisory Pte Ltd sur le groupe BAI en date du 30 mai 2016.
Toutefois, à court terme, les autorités multiplient les initiatives pour recouvrer un maximum de fonds pour l’échéance du 30 juin prochain, soit un montant de Rs 2 milliards. Ainsi, au cours de la semaine écoulée, le board de la SICOM s’est réuni d’urgence en vue d’entériner la décision visant à confier un exercice de due diligence de National Insurance Company Ltd à la société d’experts-comptables Mazars-Mauritius et à Me Rishi Pursem, Senior Counsel. Comme par pur hasard, c’est le deuxième high profile contract, après la special investigation sur la New Mauritius Hotels Ltd Saga, dont bénéficie Mazars-Mauritius de Kriti Taukoordass, dont l’ancien partenaire n’était autre que l’actuel ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur. L’exercice de due diligence en vue d’une reprise de la NIC par la SICOM a déjà été initié depuis la fin de la semaine écoulée.
« It is our understanding that these measures are being taken in the best interests of all stakeholders. »
En effet, dans un memo, approuvé par le chairman de la NIC, Chettandeo Bhugun, et le Chief Executive Officer, Anil Sewpaul, le personnel de cette compagnie d’assurance a été informé de cette nouvelle démarche (voir détail dans le fac-simile du memo plus loin). La direction de la NIC a voulu être rassurante en soulignant que « we are accordingly extending our full collaboration to them for the proper undertaking of this exercise. Please be advised that this exercise does not impact, in any way, our day to day operations and client services.
Toutefois, des observateurs avertis notent que ce n’est pas la première fois que la SICOM est appelée à se pencher au chevet de la NIC, compagnie d’assurance évaluée à quelque Rs 6 milliards. En mars de l’année dernière, la SICOM avait été approchée pour acquérir 15% des actions de la NIC pour un montant de Rs 833,3 millions, avec la State Bank of Mauritius et le National Pension Fund complétant le deal avec un apport de Rs 2,5 milliards, représentant 45% du capital. Mais cette initiative, pilotée par l’ancien ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, ne put être concrétisée en raison d’une forte opposition.