La dix-septième semaine après l’écroulement de l’empire Rawat avec l’opération Daylight Robbery devra voir les Special Administrators de BAI (Mtius) Co Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, soumettre un Carving Out of Assets de ce conglomérat. Ce document, qui devra faire un tour d’horizon de toutes les procédures adoptées pour recouvrer les avoirs estimés initialement à Rs 35 milliards, sera à l’agenda de la prochaine réunion de la Financial Services Commission, convoquée au retour du secrétaire financier, Dev Manraj, de mission officielle à Rodrigues. Le Timing des délibérations de la FSC devra permettre à la National Insurance Company de prendre son envol sur le marché local des assurances. Entre-temps, Brian Burns, l’ex-Chief Executive Officer d’Iframac, qui se présente comme détenteur d’un Proxy du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat, devrait intéresser les Special Administrators à plus d’un titre, notamment comme boîte-aux-lettres pour déposer les réclamations formelles et à titre personnel de l’ordre de Rs 1 milliard, dressées jusqu’ici.
Dans la conjoncture, le dossier qui retient l’attention n’est nul autre que l’adjudication de Courts à un des deux repreneurs en lice. Les dernières informations disponibles indiquent que le consortium d’hommes d’affaires mauriciens, mené par David Isaacs, ancien Chief Executive Officer de Courts, est revenu à la charge avec une Refined Bid pour contrecarrer l’offre de Courts Asia. Toutefois, à ce stade, aucune des sources approchées par Le Mauricien n’a voulu se prononcer sur les chances de ces deux Preferred Bidders de décrocher le contrôle de cette adresse incontournable du secteur de la vente à tempérament.
Le fait demeure que la grosse majorité des employés de Courts ont exprimé une préférence en faveur d’un comeback de David Isaacs dans les succursales. Est-ce une raison suffisante pour convaincre les Special Administrators de laisser tomber l’offre alléchante de Courts Asia ? Difficile à dire même si un complément d’informations sollicitées officiellement devrait faire pencher la balance dans un sens comme dans un autre. De son côté, Laina Rawat, intervenant sur son compte Facebook, a repoussé de manière véhémente toute allégation que le clan Dawood Rawat serait derrière l’offre de Courts Asia. « Nous avons tout perdu. Tout perdu », déclare-t-elle en substance à ce chapitre.
Le choix du repreneur de Courts pourrait être avalisé lors de la prochaine réunion du board de la FSC dans les prochaines 24 heures. Ce choix s’articulera sur les recommandations retenues par les Special Administrators dans leur Carving Out of Assets Report après le feu vert des Senior Partners d’EY (Ernst & Young) Mauritius. Lors de cette même séance de travail, les membres du conseil d’administration devront se prononcer sur le feu vert des opérations de la National Insurance Company en remplacement de la compagnie d’assurance BAI à partir du début du mois d’août. La National Insurance Company Ltd serait déjà en présence de sa licence d’opération émise par la FSC.
Pour ce qui est des deux autres dossiers majeurs, soit la reprise d’Iframac et le sort de la clinique Apollo-Bramwell, la FSC compte prendre note de la dernière initiative des employés d’Iframac pour garder les trois franchises de prestige, soit celles de Mercedes-Benz, de Mitsubishi et de Peugeot sous le même toit en vue de sauver les 322 emplois existants. Ces employés, qui misent sur une éventuelle reprise par une société basée en Afrique du Sud, ont lancé un appel à cet effet aux trois constructeurs de véhicules. Le dossier devra être passé en revue par le board de la FSC.
Pour ce qui est de la clinique Apollo-Bramwell, un comité d’officiels a été institué en vue de coordonner le Day-to-Day Running de la clinique en vue d’éviter toute détérioration de ces avoirs jusqu’à la reprise par l’Etat. Les Special Administrators sont dans l’attente d’une proposition formelle pour le rachat de la clinique par le gouvernement. Le projet annoncé, visant à transformer Apollo-Bramwell en un centre hospitalier universitaire (CHU), demande à être mis en forme avant qu’il ne soit piloté au conseil des ministres.
En cette fin de semaine, le tandem Oosman/Basgeet procédera à la dernière étape du remboursement des victimes de l’arnaque Dawood Rawat. Des détenteurs de Bonds émis par des différentes entités du groupe BAI, dont la Bramer Assets Management Ltd, devront bénéficier d’une enveloppe globale de Rs 420 millions en sus des Debentures arrivant à échéance par tranches annuelles jusqu’au 31 juillet 2020.
Jusqu’ici, les Special Administrators ont préféré reléguer au second plan l’étape des Debentures at Zero Coupon pour se concentrer sur les repaiements en liquide. Dans cette perspective, le National Property Fund Ltd, qui bénéficiera du transfert des « remaining assets portfolio » du groupe BAI, devra générer des recettes d’au moins Rs 2,6 milliards par an pour assurer les échéances de ces Debentures jusqu’en 2020. Mais avec les Debentures sous la Bramer Assets Management Ltd, il faudra réviser ce montant à la hausse.
Déjà en avril 2015, des Cash Flow Forecasts soulignaient que « there will be a shortfall in year 2019 and 2020 of Rs 5,3 billion (out of Rs 19,2 billion), primarily representing the last two instalments of redemption ». Avec les difficultés et les contraintes rencontrées dans le recouvrement des avoirs du groupe BAI, la difficulté pourrait surgir plus tôt que prévu. Déjà en 2016, les prévisions misaient sur des recettes de Rs 4,6 milliards, dont Rs 2,1 milliards pour la clinique Apollo-Bramwell, Rs 1,3 milliard pour Iframac et Rs 1,2 milliard pour Courts. Mais les dernières indications sont que la réalisation de ces avoirs ne devrait pas générer les recettes escomptées.
Entre-temps, les Special Administrators étudient la possibilité d’accélérer les procédures de réclamations à être logées contre Dawood Rawat. En effet, avec Brian Burns, se présentant officiellement comme le Proxy du Chairman Emeritus, des avis légaux seront recherchés en vue d’utiliser ce conduit familial pour engager les procédures de recouvrement d’une somme de l’ordre de Rs 1 milliard, soit des avances et des transferts de fonds du groupe BAI pour ses dépenses personnelles.
Ces réclamations viendront se greffer sur les recettes avec la mise en vente des 17 appartements de luxe dans le complexe résidentiel de Diplomat Garden, saisis au nom des deux filles de Dawood Rawat. Ces inscriptions auprès du Conservator of Mortgages ont été complétées pour non-remboursement des hypothèques pour un montant global de Rs 441 millions. Ces appartements devront être sur le marché immobilier dans les prochains jours…