L’enquête du Central CID, initiée dans le sillage de l’écroulement de l’empire Rawat avec l’opération Daylight Robbery, entamera cette semaine un nouveau chapitre avec la convocation de Seemadree Rajanah, Chief Operating Officer (COO), le dossier de Media Metrix Ltd refaisant surface. C’est ce que laissent entendre des sources bien informées en ce début de semaine. D’autre part, les deux filles du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat, Laina Rawat et Adeela Rawat-Feistritzer, accompagnées de leur époux Brian Burns et Claudio Feistritzer, étaient en Cour suprême en vue des procédures pour obtenir un dégel de leurs avoirs et comptes bancaires. Mais les deux soeurs Rawat devront retourner le 10 août suite à une demande formulée par leur conseil légal, Me Gavin Glover, Senior Counsel, pour se prononcer sur des « développements » en vue.
Après une accalmie d’où moins trois semaines sur le fond des enquêtes dans la BAI Mega-Financial Scam, les convocations pour interrogatoire Under Warning, avec d’éventuelles inculpations provisoires, devront reprendre en cours de semaine. L’un des membres du Top Management de BAI Co (Mtius) Ltd, qui devrait intéresser en priorité les enquêteurs de la police, n’est nul autre que le COO Seemadree Rajanah, celui-là même, qui avait pu effectuer en avril dernier un voyage au Canada avec une Variation of the Interdiction to Departure Order. Un autre proche lieutenant de Dawood Rawat susceptible d’être assigné formellement n’est autre que Swadeck Taher, Chief Executive Officer de Bramser Services Group et un des responsables de la clinique Apollo-Bramwell, faisant l’objet d’un rachat par le gouvernement.
Au cours de ces dernières semaines, les escouades du Central CID sous la supervision de l’assistant-commissaire de police Heman Jangi ont passé au peigne fin tous les dossiers et fichiers de transferts de fonds avec des Done or Half-Baked Deals de même que les Board’s Resolutions adoptées en vue de confirmer la validité des transactions bancaires opérées ces dernières années. En fin de semaine, sur la base de ces Findings préliminaires, le Central CID a sollicité des Disclosure Orders de la Cour suprême pour accéder à des comptes bancaires de certains protagonistes en vue, à des fins de vérification du Money Flow.
Toutefois, l’un des premiers volets qui devra retenir l’attention du Central CID n’est autre que des virements bancaires de plus de Rs 800 millions transitant par Media Metrix Ltd, l’entité qui devait assurer le « Financial Footprint » de Dawood Rawat dans le secteur des médias. Les derniers éléments versés dans le dossier à charge confirment un axe entre Media Metrix Ltd et Yukondale Co. Ltd, cette dernière société étant sous le contrôle personnel de Dawood Rawat hors du groupe BAI.
En effet, les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, qui ont été entendus longuement ces dernières semaines, ont établi une dernière série de transferts de Rs 360 millions à partir des compagnies du groupe BAI, en l’occurrence Iframac, BAI Co (Mtius) Ltd, BA Treasury Co. Ltd, BA Investment et Bramser Services Group Ltd. La compagnie Media Metrix n’a servi officiellement que de boîte aux lettres pour ces transferts de fonds, car les Rs 360 millions ont été finalement versées dans les comptes de Yukondale Co. Ltd., société qualifiée de « trou sans fond » et dont l’objectif consistait à assouvir la soif de contrôle et de mainmise de Dawood Rawat sur la presse à Maurice.
Concernant Media Metrix Co. Ltd, outre ces Rs 360 millions du groupe BAI englouties par Yukondale Ltd, les Special Administrators ont aussi dressé des réclamations de Rs 358 056 033 suite à des Deals sous forme d’avances entre Media Metrix Ltd et Yukondale ou encore Rs 66,3 millions entre BAI Co (Mtius) Ltd et Media Metrix.
Lors de son prochain rendez-vous au QG du Central CID, Seemadree Rajanah, le Chief Operating Officer de BAI, malmené verbalement sur le compte Facebook d’une des filles de Dawood Rawat, sera appelé à fournir des compléments d’information sur les sources de ces fonds ou encore l’auteur des instructions de ces opérations bancaires. Il devra également être acculé sur des avances de plus de Rs 525 millions accordées personnellement à Dawood Rawood de 2008 à 2014, selon les entrées consignées dans le Ledger de BA Investment Co Ltd.
Entre-temps, Adeela et Laina Rawat, dont les comptes bancaires ont été gelés après un ordre de la Cour émis le 18 avril dernier, sont toujours dans l’attente d’une décision de la Cour suprême au sujet d’une révocation de ce Freezing Order. Les deux soeurs, ainsi que leur époux, Claudio Feistritzer et Brian Burns, se sont présentés une nouvelle fois devant le chef juge Keshoe Parsad Matadeen en Cour suprême ce matin, en présence de leur homme de loi, Me Glover. Ce dernier a demandé un renvoi de l’affaire, soutenant qu’il y a eu de nouveaux développements récemment et qu’il compte les étudier avant de continuer dans cette affaire.
Le chef juge Keshoe Parsad Matadeen a renvoyé l’affaire au 10 août. Le gel de leurs avoirs est ainsi maintenu. Le Directeur des Poursuites publiques (DPP) avait objecté à la demande des filles de Dawood Rawat, pour la révocation du gel de leurs avoirs ou encore pour qu’elles accèdent à une partie de leur argent. Les deux soeurs avaient logé une motion réclamant la levée du gel sur une partie de leurs comptes bancaires afin de pouvoir payer leurs hommes de loi ou encore subvenir à leurs besoins quotidiens, étant sans emploi.
Initialement, Laina Rawat, qui est en présence d’une première inscription logée par la Mauritius Revenue Authority pour un montant de Rs 1 176 034 dans le cadre d’un On-Going Exercise de redressement fiscal, avait juré un affidavit dans lequel elle conteste la manière dont les autorités ont procédé pour le gel de ses avoirs. Pour soutenir sa demande, elle a expliqué que son époux et elle étaient sans emploi et qu’elle ne parvenait plus à subvenir aux besoins de sa famille ni payer les honoraires de ses conseils légaux. ?Rappelons que c’est à la demande de l’Assets Recovery Unit que la juge des référés, Gaytree Jugessur-Manna, avait ordonné, le 18 avril dernier, le gel des comptes bancaires, actions, biens mobiliers et immobiliers de Dawood Rawat et de ses trois filles, Adeela, Laina et Kerima. Cette instance a aussi obtenu le gel des comptes bancaires de l’époux d’Adeela, Claudio Feistritzer, de Maxime Brian Burns, ex-Chief Executive Officer d’Iframac Ltd, et d’Oumeshsingh (Rishi) Sookdawoor, président du conseil d’administration et CEO de la BAI Co (Mauritius) Ltd. Toutefois, le CEO de la BAI Co (Mauritius) Ltd a désormais accès à ses huit comptes bancaires après que la juge des référés Gaytree Jugessur-Manna a cassé l’ordre de gel de ses avoirs.