Le BAI Mega-Financial Scam avec un préjudice de Rs 23 milliards pourrait entraîner des répercussions majeures dans son sillage à la filiale mauricienne d’un des Big Four en comptabilité, KPMG, et également une banque mauricienne, présentée comme la banque BCBG dans le circuit. La firme KPMG a déjà écopé des premières mesures disciplinaires avec la Banque de Maurice invitant trois banques mauriciennes à éviter d’avoir recours aux services de cette société pour des besoins d’audit dorénavant, alors que la Financial Services Commission se prépare aux dernières discussions avec le Global Leadership de KPMG pour clore le chapitre des « Clean Audit Reports » octroyés malgré la banqueroute déclarée de BAI Co (Mtius) Ltd au 31 décembre 2009. De son côté, la banque BCBG se fera rattraper dans les Findings des Forensic Auditors de Singapour de nTan Corporate Advisory Pte, confirmant du même coup son rôle dans l’opération de Window-Dressing et de Reverse Window-Dressing en 24 heures avec un transfert consenti au groupe BAI le 31 décembre 2009 pour réussir artificiellement l’Insolvency Test.  D’autre part, ce week-end devra voir la conclusion des négociations ardues en vue de recaser les 247 employés d’Iframac au sein de CFAO-IMC pour la marque Mercedes-Benz, du groupe Leal avec Mitsubishi, d’Axess pour Peugoet et de MECOM. Une assemblée des employés d’Iframac a été convoquée pour ce matin en vue d’avaliser le plan de redéploiement du personnel.
La semaine écoulée a été une des plus éprouvantes pour la firme d’experts-comptables de KPMG, qui est dans le collimateur des autorités depuis l’écroulement de l’empire Rawat avec un Ponzi Scheme de Rs 23 milliards. Depuis la publication dans l’édition du 23 août de Week-End des premiers détails de l’Audit Presentation sur la banqueroute du groupe BAI au 31 décembre 2009 et de la genèse du Ponzi, l’étau s’est resserré autour de cette firme d’experts-comptables, qui a continué, malgré tout, à émettre des Clean Audit Reports pour BAI de 2011 à 2014.
Au retour de mission de Dubaï du secrétaire financier et du président de la FSC, Dev Manraj, à la mi-semaine, le Global Leadership de KPMG, basé en Europe, sera invité à dépêcher à Maurice dans les meilleurs délais une High Level Mission pour conclure les échanges sur les manquements professionnels de la filiale mauricienne dans les audits du groupe BAI. Cette proposition est contenue dans un e-mail du Chief Executive Officer de KPMG d’Afrique du Sud, Trevor Hoole, adressé au président de la FSC, en date du 11 septembre à l’effet que “I have communicated the full extent of the situation to our Global Leadership. They have offered to come to Mauritius to meet with you as required. We take the matter most seriously and wish to see it resolved to your satisfaction”.
Avec le prochain déplacement de cette délégation du Global Leadership de KPMG, toute la question d’amende et de compensation de l’ordre de plus de Rs 1 milliard à être imposées devra être réglée entre les deux parties. La filiale de KPMG de Maurice fait actuellement l’objet d’une enquête indépendante confiée à Steven Louw, Executive Partner et responsable du Quality and Risk Management pour l’Afrique.
“In a deficit situation”
De son côté, la banque BCBG risque d’être prise en tenailles par les conclusions du Forensic Auditing Exercise mené par des consultants singapouriens et la teneur de l’Audit Presentation sur les comptes de BAI par KPMG en date du 29 mars 2011. Cette affaire concerne un transfert bancaire de Rs 3,6 milliards, avec un aller-retour, en 24 heures, le 31 décembre 2009, en faveur de BAI lui permettant de faire croire sur papier que le groupe est encore solvable.
Même si les Records officiels de la banque BCBG ne contiennent aucune trace de ce transfert de Rs 3,6 milliards du 31 décembre 2009, date fatidique dans l’histoire de BAI, les experts en Forensic de nTan Corporate Advisory détiennent la preuve de cette opération de Window-Dressing. Du côté de la Banque de Maurice, l’on préfère attendre les conclusions du rapport des Singapouriens “to take to task” la banque BCBG avec des demandes d’explications sur cette transaction illégale sans avoir informé au préalable la Banque centrale et également des sanctions.
Toutefois, les pages 15 et 16 de l’Audit Presentation de KPMG sont consacrées au Round Tripping of Transactions de 2009 par le groupe BAI et constituent un Unrebutted Indictment contre la banque BCBG au sujet de ce transfert de Rs 3,6 milliards. Commentant cette transaction, KPMG avait, dans le document présenté aux membres de l’Audit Committee de BAI ainsi qu’aux membres du Top Management du groupe, confirmé que le groupe BAI était “in a deficit situation without the Rs 3,6 billion capital injection”. KPMG va plus loin en s’interrogeant sur la “susbstance of the capital injection transaction – book entry ?” en ajoutant que “would further capital injections of similar nature as above be undertaken” en cas de “future losses”.
KPMG prend également le soin de souligner que cette approche “would not be sustainable for long term in view of losses from insurance business and non-realisable values and increase in deposits relating to Single Premiums (Super Cash Back Gold) would lead to increasesdcosts in future”. C’est ce qui est arrivé en dépit de cet avertissement avec “KPMG turning a blind eye with subsequent clean audit reports”.
Que ce soit avec les cas de KPMG ou de la banque BCBG, les autorités régulatrices, dont la FSC, le Financial Reporting Council ou la Banque de Maurice tenteront d’avoir des explications justifiant cette ligne d’actions même si “BAI se présentait comme un Etat dans l’Etat sous le gouvernement de Navin Ramgoolam”.
“Un Etat dans l’Etat”
D’autre part, une nouvelle page devra être tournée ce matin dans l’affaire Iframac. Un accord est intervenu entre le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoolan et les représentants des employés d’Iframac. Les conditions de reprise sont que le groupe CFAO-IMC reprendra 108 employés, Leal, 108 également, Axess, 20, et MECOM, 10. D’autre part, les employés bénéficieront des mêmes conditions de service, de même qu’une garantie contre un éventuel licenciement pendant les deux premières années, ainsi qu’une période d’adaptation de six mois avec les employés bénéficiant du choix d’une retraite anticipée et d’une indemnité de 15 jours par année de service comme la loi le stipule.
Le négociateur de la General Workers Federation (GWF), Ashok Subron, a confirmé à Week-End en début de soirée que les détails de l’accord devront être approuvés par l’assemblée des employés d’Iframac, convoquée pour ce matin. “Rien ne sera fait sans l’accord et l’appui des employés, et encore moins dans leur dos”, a-t-il dit.
De son côté, le Special Administrator Yacoob Raltaloo se félicite de ce dénouement. “Ce ne fut nullement facile. Mais nous avons travaillé en vue de trouver une solution. Nous avons eu des séances de travail avec les représentants des différentes marques pour mieux définir la répartition des employés”, a-t-il fait ressortir hier soir.