Après Maurice, les traces de l’empire Rawat, mêlé à un Ponzi Scheme de Rs 23 milliards, continuent à s’estomper dans le monde. Ainsi, au Kenya où le groupe BAI, avant son écroulement, détient 23,4 % du capital de la British-American Investments Company (Kenya) Ltd (Britam) – placement considéré comme étant l’un des plus rentables de la série –, une assemblée générale spéciale des actionnaires a été convoquée pour le 26 courant avec pour objectif d’oblitérer l’emprise du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat, sur la société. Celui qui est présenté comme un « international fugitive on the run », et ce en dépit de sa dernière décoration de la Légion d’Honneur de la République Française, détient de par les statuts de cette société un droit de veto sur la nomination du Chief Executive Officer et du directeur financier de cette compagnie cotée en Bourse de Nairobi. Concernant la présence de BAI CO (Mtius) Ltd à Malte, la Malta Financial Services Authority a prolongé la suspension de la cotation de ces titres sur la Bourse de Malte pour la troisième fois consécutive, et ce jusqu’au 15 juin. Sur le plan local, neuf semaines après la révocation de la Banking Licence de la Bramer Banking Corporation Ltd et la mise sous administration de BAI Co (Mtius) Ltd, la Mauritius Revenue Authority met les bouchées doubles pour analyser tout le volet des transferts sous l’item des Advisory and Consultancy Services d’un montant global de Rs 557,7 millions pour la période couvrant 2010 à 2013, soit une moyenne de Rs 140 millions annuellement, dont Rs 53,7 millions de Legal Fees.
Les actionnaires de British-American Investments Company (Kenya) Ltd seront appelés lors d’une assemblée générale spéciale le 26 juin à Nairobi à éliminer le droit de veto, dont dispose Dawood Rawat, pour le choix du Top Management de Britam, soit les postes-clé de Chief Executive Officer et de directeur financier. Au fait de sa gloire, le Chairman Emeritus de BAI s’était octroyé ce droit suprême au sein de cette société, où il disposait de 23,4 % du capital. Sans cette élimination, ce droit aurait dû revenir au gouvernement mauricien, qui a pris le contrôle de tous les avoirs du conglomérat BAI à Maurice et à l’étranger.
Les actionnaires de British-American Investments Company (Kenya) Ltd devront ratifier une résolution pour amender les statuts de compagnie. Le libellé de la section 104, qui attribuait ce pouvoir absolu à Dawood Rawat, se lit comme suit : « Provided always that any resolution relating to the following matters shall not be deemed to have been passed if any director appointed by BAKHL… or his alternate votes against it : (a) the appointment of the managing director/chief executive officer or (b) the appointment of the financial director/chief financial officer. » Cette démarche est commentée dans la presse kenyane, dont le Business Daily, en cette fin de semaine en faisant comprendre que cet amendement devra libérer cette importante société au Kenya avec des intérêts dans différents pays de l’Afrique de l’Est du joug de celui qui est considéré comme étant très proche de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam. Mais cela ne modifiera en rien la représentation des intérêts de Maurice sur le conseil d’administration avec la nomination de deux directeurs comme tel est le cas actuellement.
Les milieux d’affaires au Kenya sont de plus en plus convaincus que les autorités mauriciennes vont se débarrasser prochainement de cette participation au sein de British-American Investments Company (Kenya) Ltd. Mais tout relève d’un exercice de Timing et en conformité avec les procédures en vigueur au Kenya. L’évaluation de ces avoirs du groupe BAI au Kenya est de l’ordre de Rs 5 milliards, dépendant des cours à la Bourse de Nairobi.
Cette assemblée spéciale du 26 juin portera également le coup de grâce à la réputation de « Tycoon » que caressait Dawood Rawat au cours de sa carrière. L’agenda comprend également une potion visant à changer le nom de British-American Investments Company (Kenya) Limited en Britam Holdings Limited. Cela pour bien démontrer qu’une nouvelle page dans les affaires est tournée avec la fin de l’empire Rawat au plan international et surtout dans cette partie du monde où il avait pris racine avec l’implantation de la chaîne de magasins Courts au Kenya.
A Malte, avec la nomination de PwC de ce pays pour s’occuper des intérêts des deux Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mustaq Oosman et Yogesh Basgeet, les consultations se déroulent toujours au sujet du Controlling Interest de BAI au sein de GlobalCapital plc. Suite à une demande de PwC, la Malta Financial Services Authority a prolongé jusqu’au 15 la suspension des titres de cette société sur la Bourse de La Valette. C’est la troisième reconduction depuis le 7 avril dernier dans le sillage de la démission en catastrophe de Dawood Rawat en tant que Chairman de CapitalGlobal plc.
Actuellement, les consultants de PwC Malte procèdent actuellement à un relevé de tous les placements et investissements de BAI par le truchement de GlobalCapital plc en vue d’engager une vaste opération de recouvrements de fonds détournés. Parmi ces investissements encourus figurent le château médiéval en dehors de Rome en Italie, dont se vantent toujours sur Facebook les filles de Dawood Rawat, avec un Price Tag d’au moins Rs 500 millions, des propriétés immobilières à Malte, en Croatie et en Hongrie entre autres. Sur la base des Findings qui seront transmis subséquemment, les Special Administrators décideront de la marche à suivre.
Entre-temps, le dossier des Advisory and Consultancy Services de Rs 557,7 millions, soit une moyenne de Rs 140 M par an, tient la vedette sans compter les Legal Fees de Rs 53,7 millions payés par les entités du groupe BAI. Dans un des cas, les Legal Retainer Fees sont de Rs 3,5 millions alors que pour l’année dernière, les frais versés aux conseils légaux sont de Rs 17 millions. Les détails de ces paiements et transferts, compilés à partir des archives du groupe sont actuellement épluchés par une escouade à la Mauritius Revenue Authority en vue d’émettre des Income Tax Assessments.
Cependant, de ces Rs 557,7 millions de frais de 2010 à 2013 avec un montant susceptible d’approcher les Rs 700 millions si les dépenses de 2014 y sont intégrées, la part du lion (Rs 450 millions) a été attribuée à trois entités sous le contrôle de Dawood Rawat. Ainsi, la Bramer Asset Management Ltd a bénéficié de transferts de Rs 235,3 millions à partir de la Bramer Property Fund Ltd, dont Rs 105 048 085 en 2013, la British American Holding Ltd Rs 109 millions de Bramcom Holding Ltd et toujours la British American Holding Ltd Rs 91 millions d’Acre Services Ltd. Dans cette liste se trouvent également des paiements de Rs 5 000 à B. C. Beaumy pour les services d’un Private Detective for Investigations en 2011.
Dans les milieux officiels, qui ont eu accès aux détails de ces Advisory and Consultancy Servises en sus des Legal and Technical Fees de Rs 15 millions puisés d’Iframac à la fin de chaque mois au cours de 2010-2014, l’on avance que ces Rs 450 millions susmentionnées ont été pompées du groupe BAI pour alimenter les comptes personnels de Dawood Rawat et de son clan en sus des autres détournements faisant l’objet d’enquête par d’autres instances, dont la nTan Corporate Advisory Pte Ltd, alors que le budget des Legal Fees de BAI continue à faire froncer les sourcils de plus d’un dans les milieux du barreau…