La manifestation organisée, hier après-midi, à l’initiative de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), de la Federation of Progressive Unions (FPU) et du Front des Travailleurs Unis (FTU), a donné une indication des signes d’énervement sur le front social. La frustration et le mécontentement sont encore plus visibles parmi les employés du groupe BAI, surtout ceux de Courts et également d’Iframac et d’Apollo-Bramwell, qui ne savent plus à quel saint se vouer pour leur emploi au vu de la désignation des repreneurs par les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet.
Des employés de Courts ont déclaré qu’ils auront recours à une grève de la faim d’ici à un mois si leur ancienneté et le maintien de leur emploi ne sont pas pris en compte lors du rachat. L’incertitude quant au redéploiement que ce soit chez Courts, Iframac et Apollo-Bramwell, commence à peser lourd. Des employés des différentes autres sociétés affectées par l’écroulement de l’empire Rawat sont également intervenus pour faire état de leur situation.
Plusieurs employés de Courts, Ireko, tout comme celles qui touchent Rs 1500 par mois comme cleaners dans des écoles, ont témoigné de leurs souffrances quant à la situation qui prévaut au sein du groupe de la BAI.
Maya Sewnath, qui opère actuellement comme fournisseuse de meubles chez Courts, explique ne pas savoir ce qui se passera pour ses collègues et elle dans un mois, n’ayant aucune garantie de leur emploi. Elle explique avoir contacté le ministre Roshi Bhadain à plusieurs reprises, mais en vain. Les licenciements ayant débuté la semaine dernière, un autre employé de Courts demande au ministre Bhadain « pa zoue ar nou dipin. Nou pou fer la grev si zot pa garanti nou tan de servis. »
Le syndicaliste Reeaz Chuttoo est revenu sur la pertinence de la campagne gouvernementale en faveur d’un salaire minimal. D’après lui, depuis que Lepep a pris le pouvoir, ces promesses ont fini « dans un tiroir ». Il estime que depuis la chute du groupe BAI, les petits travailleurs ont été les seuls à en souffrir, n’ayant aucune garantie de leur emploi, mais surtout de leur temps de service, contrairement aux managers ayant pris leur poste début juillet, avec l’arrivée de nouveaux acquéreurs. Il s’est également attaqué à Air Mauritius, qui a un grand besoin de personnel, mais qui a licencié plusieurs employés pour, estime-t-il, donner leur salaire aux « cols blancs ».
Atma Shanto a ciblé l’opposition, qui s’intéresse davantage à prendre le pouvoir au lieu de défendre la cause des travailleurs. Pour lui, « la vraie opposition, ce sont les syndicats ».
Les syndicalistes ont sévèrement critiqué le gouvernement Lepep qui n’a jusqu’ici tenu qu’une seule promesse, celle d’augmenter la pension de vieillesse alors que rien n’a été fait en ce qu’il s’agit de l’amendement des lois de travail en vigueur sans compter l’absence d’un salaire minimal.