Alarmés par la récente installation d’une antenne relais téléphonique dans leur quartier, les résidents des morcellements Le Verger, Illoïs, Mahadoo, Senestra et Boucan, à Baie-du-Tombeau, remuent ciel et terre pour la faire démanteler. Ils s’interrogent sur les circonstances de l’installation de cette infrastructure dans leur quartier et disent craindre pour leur santé. Ils affirment n’en avoir jamais été informés.
« C’est par le plus pur des hasards que nous avons compris qu’on se proposait de faire installer une antenne relais téléphonique dans notre morcellement », explique un porte-parole des contestataires.
En effet, vers la mi-octobre de l’année dernière, l’un des résidents est approché par un employé d’une compagnie de téléphonie lui demandant l’endroit où l’on était en train d’installer une antenne relais dans le morcellement. « Quelle n’a pas été notre surprise d’apprendre cela ! » affirme-t-il.
Cette nouvelle se répand comme une traînée de poudre et un groupe de résidents se mettent alors à la recherche de cet emplacement. « Sur un des lots du morcellement, nous sommes tombés sur un écriteau qui était à terre et qui était à peine lisible », raconte notre interlocuteur. « Malheureusement, le délai imparti pour faire enregistrer toute objection à ce projet avait alors déjà expiré. Pourquoi n’avait-t-on pas mis l’écriteau de façon visible ? ».
Grande est la stupéfaction des résidents en comprenant qu’on installe une antenne relais téléphonique dans leur quartier presqu’à leur insu. Ils organisent alors d’une réunion et décident d’un commun accord d’envoyer immédiatement une lettre de protestation au ministère de l’Environnement et du Développement durable avec copies au Conseil de district du Nord, à la compagnie de téléphonie mobile, au ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie, au ministère des Terres et du Logement, au ministère des Technologies de l’information et de la Communication, à l’Information and Communication Technologies Authority, à la Radiation Protection Authority ainsi qu’aux trois députés de leur circonscription, à savoir le Premier ministre Navin Ramgoolam et les ministres Satish Faugoo et Devanand Ritoo.
« Une antenne relais de 45 mètres de haut dans un quartier résidentiel va non seulement constituer un “eyesore” et diminuer la valeur foncière de nos terrains et maisons, mais pire encore, c’est une menace certaine à notre santé et à celle de nos enfants, sans compter la pollution sonore, les interférence aux réseaux de télévision, de téléphone, de radio, Internet, etc. », explique encore notre source. « En cas d’orage, une telle antenne va attirer des rayons électromagnétiques et nous exposera à la longue à de telles radiations », soutient notre interlocuteur. « Nous ne pouvons prendre ainsi le risque de mettre en danger notre vie et celles des générations à venir ».
S’ils disent n’avoir reçu jusqu’ici aucun accusé de réception à leurs diverses lettres, les résidents apprennent néanmoins avec étonnement que la compagnie de téléphonie a obtenu son Building and Land Use Permit début octobre 2011.
Autre fait troublant dans cette affaire : les résidents apprennent que selon le Design Guidance for Siting and Design of Radio Telecommunication Equipment en date de juin 2011 et émis par le ministre des Terres et du Logement, les collectivités locales, les compagnies et les opérateurs dans le domaine de la téléphonie doivent respecter les normes établies. « Or, une expertise indépendante nous a permis de comprendre que le site où est installé cette antenne ne répond pas à ces normes et nous ne comprenons pas sur quoi s’est appuyé le Conseil de district du Nord pour délivrer le permis en question », poursuit notre interlocuteur.
Malheureusement pour les habitants de Baie-du-Tombeau, les travaux pour l’installation de cette antenne relais ont débuté en décembre dernier et sont sur le point d’être terminés.
« Nous ne sommes pas contre le développement, mais une antenne d’une telle dimension n’aurait jamais dû être installée dans un quartier résidentiel », s’indigne notre source.
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Dix façons de réduire son exposition aux champs électromagnétiques
1) Limiter le plus possible les conversations téléphoniques passées avec le mobile
2) Éteindre totalement son portable lorsqu’il n’est pas utilisé
3) Choisir un portable avec un DAS le plus faible possible (exprimé en W/cm2)
4) Privilégier les lignes filaires notamment dans les zones fermées
5) Éloigner le portable de la boîte crânienne et privilégier l’usage du kit oreillette ou du haut-parleur
6) En réception ou à l’émission d’un appel, éloigner le plus possible le portable
qui émet, durant quelques secondes, au maximum de sa puissance pour trouver
la station de base la plus proche
7) Ne pas téléphoner en mouvement car le portable cherche régulièrement l’antenne la plus proche
8) Ne pas téléphoner en conduisant, action promotrice d’inattention et augmentant l’exposition par effet de résonance du signal GSM
9) Éteindre la WiFi de sa “box”
10) Éviter de téléphoner dans une zone où les conditions d’émission-réception sont mauvaises
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Des résultats scientifiques préoccupants
La traditionnelle opposition entre les effets délétères des rayonnements ionisants et l’innocuité des rayonnements non ionisants en deçà des effets thermiques est aujourd’hui battue en brèche. Un certain nombre de recherches montrent que les ondes électromagnétiques non ionisantes utilisées par la téléphonie mobile ont le pouvoir de casser des brins d’ADN, renforçant la thèse de leurs effets potentiellement cancérigènes.
Ces effets se trouvent d’ailleurs statistiquement confirmés par les résultats des enquêtes épidémiologiques, notamment par celles qui ont été menées dans le cadre d’Interphone, grand programme épidémiologique, coordonné par le Centre international de recherche sur le cancer sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé. Il ressort clairement des résultats réalisés dans le cadre de ce programme et aujourd’hui publiés qu’au-delà de dix ans d’utilisation d’un portable, on observe une augmentation statistiquement significative (située entre 2,5 et 3,5 % selon les études) des tumeurs de la tête telles que gliomes, les neurinomes de l’acoustique ou encore les tumeurs de la glande parotide.
La cohérence entre les résultats des recherches menées en laboratoire et ceux qui ressortent des enquêtes épidémiologiques constituent aujourd’hui un faisceau de preuves suffisantes pour justifier une action de santé publique vigoureuse et rendent insupportable le silence gouvernemental.
Source : la campagne N°29 d’Agir Pour l’Environnement
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Les objections
Voici les principales objections (liste non exhaustive) à la présence d’antennes relais en zone résidentielle :
• 75 % des recherches scientifiques indiquent des effets néfastes sur la santé.
• Sur 971 études en date (http://wwws.powerwatch.org.uk/science/studies.asp), 652 ont conclu que ces antennes affectent la santé.
• Il n’existe aucune étude sur ce que peut présenter comme menace à la sécurité publique une antenne de 3 mètres surplombant un haut bâtiment dans l’éventualité d’une catastrophe.
• Aucun habitant du quartier ne s’est plaint d’un problème de réception téléphonique.
• L’Appraisal Institute (www.appraisalinstitute.org), un organisme international d’évaluateurs, a conclu qu’une antenne relais dans un quartier résidentiel diminue la valeur foncière d’une résidence.
• Une antenne relais constitue une horreur (eyesore) dans un quartier, détériorant son esthétisme.