Depuis mardi dernier, une famille — dont un bébé de 4 mois — expulsée d’une maison de la NHDC à Résidence Saint-Malo, à Baie-du-Tombeau, dort dans la rue. Bénéficiaire de ce logement social, il y a 9 ans, le couple Ghislaine Georges, 63 ans et Charles Benoît, 57 ans, n’a pas honoré ses mensualités (Rs 1700) de manière régulière durant les premières années, avant d’arrêter tout paiement, y compris les arrérages, il y a trois ans. Sa situation financière instable expliquerait ses difficultés à s’acquitter de son loyer. Menacée d’expulsion à maintes reprises, la famille a fini par se retrouver à la rue, mardi dernier.
Il y a une semaine encore, elle dormait à l’abri. Dans sa maison. « Enn tipti lakaz », dit-elle en regardant celle-ci. Derrière ses lunettes trempées par les gouttelettes de pluie, le regard de Ghislaine Georges, est celui d’une dame fatiguée. Depuis six jours maintenant, elle vit et dort dans la rue. En face de sa maison. Désormais, un trottoir sépare sa vie d’avant et son présent. Nous lui demandons de nous accompagner dans la cour qui a été la sienne. Un panneau de vitre de la porte principale de la maison a été brisée. « Zot inn kass li pou zot kapav ouver laport la. Mo per pou tous pwanye laport. Mo pa pou gaynn probem? », demande-t-elle. Des problèmes, Ghislaine Georges en a eu et n’en manque pas. Elle ne veut pas en avoir d’autres avec « Zot », en clair la police et la Justice. « Il n’y a plus rien dans la maison. Ils ont tout retiré », dit-elle en regardant à l’intérieur de la pièce vide, où elle a vécu pendant neuf ans avec sa famille. A cette époque, Ghislaine Georges et son compagnon Charles Benoît, 57 ans, y avaient emménagé après avoir passé des années dans des logements précaires. Ils se sont installés dans cette maison en dur, d’une pièce dotée de toilettes, d’une salle de bains et d’une cuisine avec leur fils, âgé aujourd’hui âgé de 22 ans. Devenu père, il y a quelque mois, ce dernier vit encore avec ses parents. « Mo belfi ek so tibaba res ar nou », explique Ghislaine Georges. Et depuis mardi dernier, tout comme ses parents et ses grands-parents, le bébé dort sous une tente prêtée par des voisins. « La Child Development Unit a proposé de placer le bébé dans un shelter. Mais la famille ne veut pas être séparée », explique Lorianne Louis, travailleuse sociale et accompagnatrice de la famille.