Sanjeev Ramessur, poursuivi pour le meurtre de sa compagne Veenoo Naiko en février 2012, a comparu aux Assises hier. Le juge Benjamin Marie Joseph a écouté les arguments de l’avocat de la défense Me Rama Valayden pour la remise en liberté conditionnelle de son client. Me Valayden a soutenu que Sanjeev Ramessur n’avait jamais fait de tentative de suicide durant les deux ans qu’il est en détention. L’accusé devait également nier avoir fait une telle confession à la police.
Me Raj Baungally, représentant du Parquet, a objecté à la motion de la défense. Pour soutenir ses arguments, un des enquêteurs ayant procédé à l’arrestation de Sanjeev Ramessur, M. Vencatachellum, est venu témoigner en Cour hier. Il a évoqué quatre points d’objection pour la remise en liberté conditionnelle de l’accusé. La police appréhende qu’il ne comparaisse pas en Cour une fois en liberté car une charge de meurtre pèse sur lui, l’on craint qu’il ait accès aux témoins dans cette affaire, la police dit vouloir le détenir pour sa propre sécurité et autre point qui a suscité un long débat est le fait que la police craint que le détenu fasse une tentative de suicide une fois en liberté. Selon l’inspecteur Vencatachellum, lors de son arrestation, Sanjeev Ramessur aurait dit à la police qu’il allait se suicider.
Me Rama Valayden a rétorqué que Sanjeev Ramessur est en détention depuis février 2012 et il n’y a eu aucune tentative de suicide de sa part alors qu’il n’était pas sous surveillance spéciale. L’avocat soutient que cette appréhension de la police est infondée car son client n’a jamais donné de signe qu’il voulait mettre fin à son existence. L’accusé devait également déclarer qu’il n’avait jamais fait de telle confession à la police et qu’il avait une famille et des enfants. Pour ce qui est des autres points avancés par la police, Me Valayden a affirmé que Sanjeev Ramessur a déjà eu affaire à la justice dans le passé pour des cas d’agression et de vols et qu’il était toujours présent en Cour. L’avocat de la défense a par ailleurs soutenu que son client n’a aucun intérêt à rencontrer les témoins dans cette affaire car ce procès repose sur sa propre confession. Il a lui-même confessé le crime et a coopéré avec la police. Me Rama Valayden a ainsi expliqué que cela fait plus de deux ans que son client est en détention et qu’il atteindra bientôt le seuil de 30 mois évoqué dans la Constitution. L’homme de loi a fait allusion à plusieurs autres procès de meurtre où les accusés ont obtenu la liberté conditionnelle. Le juge Benjamin Marie Joseph a réservé son jugement.
Le taximan Sanjeev Ramessur, plus connu sous le sobriquet de « 34 », a été arrêté le 25 février 2012 et a avoué le meurtre de sa compagne. Il avait confié aux hommes de l’Assistant-surintendant de police Daniel Monvoisin qu’il avait commis le crime car étant persuadé que sa concubine lui était infidèle. La Western Division de la CID n’avait pas eu grand mal à appréhender le suspect, qui avait subitement disparu de la circulation avant même la découverte du corps de Sunita Naiko. Après un interrogatoire serré, le taximan est passé aux aveux, expliquant avoir agi par « jalousie ». Après son arrestation, Suraj Ramessur a été provisoirement inculpé de l’assassinat de Sunita Naiko. Il est toujours en détention. Veenoo Naiko avait été retrouvée nue sous une couverture à son domicile à Route-Bassin, à Quatre-Bornes. Elle avait alors la tête dans une cuvette d’eau et une serviette nouée autour du cou. L’examen post mortem, effectué par le Principal Police Medical Officer le Dr Maxwell Monvoisin, avait révélé que Sunita avait été victime d’une ligature strangulation.