Intensifiant leur campagne contre la construction d’un parc de réservoirs (« tank farm ») d’huile lourde pour le compte du Central Electricity Board (CEB) dans leur quartier, les habitants de Bain-des-Dames ont pris la décision d’organiser un « sit-in » devant le site de construction pour sensibiliser l’opinion publique sur les menaces qui pèsent sur leur santé et leur sécurité. Ils bénéficieront du soutien des habitants de Plaine-Lauzun, qui luttent contre l’extension de la centrale électrique de St-Louis.
« Le commissaire de police nous a fait comprendre que, selon la Public Gathering Act, nous ne pouvons organiser de manifestation dans les périmètres de Port-Louis quand siège l’Assemblée nationale. Dès que les travaux parlementaires concernant le Budget se seront terminés, nous organiserons un “sit-in” devant le site de construction de ce parc de réservoirs d’huile lourde pour sensibiliser l’opinion publique sur les menaces qui pèsent sur notre santé et notre sécurité. C’est une décision que nous avons prise mercredi lors de notre réunion hebdomadaire de campagne », a déclaré au Mauricien le porte-parole des habitants de Bain-des-Dames, Jim Ramen. Ce dernier se réjouit que les habitants de Plaine-Lauzun, réunis au sein du Mouvement civique de Plaine-Lauzun, aient décidé de se joindre à eux par solidarité. « Nous unissons nos forces parce que nous avons le même pollueur en commun : le CEB », ajoute-t-il.
Pour sa part, Farad Nunnoo, le président du Mouvement civique de Plaine-Lauzun, explique au Mauricien que le CEB fait peser « la même menace » sur la santé et la sécurité des habitants de Plaine-Lauzun et de Bain-des-Dames. « Nous faisons face à la même menace et nous sommes en train de contester tous les deux un projet nuisible à notre santé et notre sécurité, que le CEB, la municipalité de Port-Louis et les autorités gouvernementales veulent installer dans nos quartiers respectifs ! », explique-t-il. « À Bain-des-Dames, il y a le “tank farm” et, à Plaine-Lauzun, l’extension de la centrale électrique », précise-t-il. « Nos deux groupes ont réclamé l’arrêt des travaux de ces deux projets respectif du CEB », lance Jim Ramen.
« Le gouvernement, à travers le ministère de l’Environnement, ambitionne de faire de notre pays une “Cleaner, Greener and Safer Mauritius”, mais dans la réalité, c’est un environnement dégradé et dangereux pour notre santé et notre sécurité qu’il est en train de préparer pour nos enfants à travers ce projet de “tank farm” dans notre quartier », s’est indigné Jim Ramen. Ils se plaignent de poussières, de pollution sonore, des effets des vibrations et du danger de l’huile lourde dans leur quartier.
Pour leur part, les habitants de Plaine-Lauzun réclament l’arrêt des travaux pour une nouvelle centrale et l’installation de nouveaux moteurs à la centrale électrique de St-Louis, craignant également pour leur santé et leur sécurité. Alors que le projet de parcs de réservoirs a déjà obtenu son Building & Land Use Permit  (BLUP) émis par la municipalité de Port-Louis, cette instance a émis un « Stop Order » à l’encontre de celui de la centrale électrique de St-Louis. Les deux projets sont contestés au niveau de l’Environment and Land Use Tribunal et de la Cour suprême.