Le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo a annoncé, hier, que le gouvernement devra trouver une somme de Rs 200 M de diverses sources pour financer le manque à gagner des petits et moyens planteurs pour la récolte de cette année en raison de la baisse du prix du sucre sur le marché européen de Rs 16 000 en 2013 à Rs 14 000 en 2014. « Dans ce cas, le regroupement est la voie à suivre pour baisser les coûts de production et améliorer la productivité », a-t-il fait ressortir.
Au niveau du marketing, il faut trouver des marchés niches en délaissant quelque peu les marchés traditionnels en Europe, affirme le ministre. Cette baisse du prix du sucre se poursuivra en 2015, soulignent les experts. Les pays faisant partie du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ayant un stock important de ce produit, ont inondé le marché mondial à l’annonce de l’abolition du quota sucrier pour les betteraviers en Europe en 2017. « Le prix a alors chuté, ce qui représente un grand danger pour notre industrie », a dit Satish Faugoo.
Avant même que le prix ne chute, de nombreux petits et moyens planteurs avaient déjà abandonné leurs terres pour diverses raisons telles que le manque de main-d’oeuvre, le coût élevé des intrants, les problèmes liés à l’héritage ou encore le développement industriel. Un total de 11 500 hectares de terres a ainsi été abandonné depuis 2008. « Nous ne voulons pas qu’ils abandonnent davantage leurs terres, surtout après que nous avons investi dans la réforme de cette industrie depuis 2008. Cela mettra en péril notre industrie et les 100 000 tonnes de sucre que ces 18 000 planteurs produisent tous les ans », a déclaré le ministre.
C’est ainsi que le gouvernement a décidé de venir en aide à ces planteurs en leur offrant une somme de Rs 2 000 par tonne de sucre pour la récolte 2014 et pour celle de 2015. Cela, après avoir pris une série de mesures ces dernières années pour aider l’industrie sucrière à faire face aux défis que représentait la baisse du prix du sucre de l’ordre de 36 % en 2007 et aussi pour rendre cette industrie viable et compétitive.
Pour le ministre de l’Agro-industrie, « il n’y a pas de voie facile, ni de magie pour sortir de cette crise. » La seule façon de s’en sortir est le regroupement des petits et moyens planteurs parce qu’ils sont vulnérables. « Pour pouvoir continuer à cultiver leurs terres, ils doivent se regrouper. Ce qui va leur permettre de réduire leurs coûts d’opération et augmenter leur productivité », a fait ressortir M. Faugoo. Il n’y a pas d’autres moyens, dit-il : « S’il y en avait un, le gouvernement aurait déjà mis en place un plan d’aide. »
Interrogé par Le Mauricien, le ministre souligne que le manque à gagner pour la récolte 2014 se chiffre à Rs 200 M. Un comité a été mis en place pour trouver cet argent, dont une partie proviendrait des fonds d’accompagnement de l’Union européenne. Il ajoute que c’est avec raison que les petits planteurs se plaignent du manque de revenus dans leurs activités. « L’heure venue pour les traiter de manière équitable par rapport à leur bagasse et à l’énergie produite par les centrales thermiques ».