Le voir-dire dans le procès intenté à Raj Dayal dans l’affaire « bal kouler », qui aura pour but de trancher sur l’admissibilité de l’enregistrement sonore qui incrimine Raj Dayal, n’a pu débuter aujourd’hui. Me Ravi Rutnah, qui défend Raj Dayal, insiste pour que trois témoins soient entendus dans le cadre du voir-dire. La poursuite y a objecté. Après les débats, le “ruling” a été fixé au 9 novembre.

Au début du procès, la poursuite a tenu à faire état de la conférence de presse de Raj Dayal tenue dimanche après-midi. Ce dernier a parlé d’une lettre qu’il attribue à un membre du bureau du Directeur des poursuites publiques, adressée au commissaire de police en avril 2016. Selon Me Medhaven Armoogum, la lettre brandie par Raj Dayal et communiquée à la presse « is on the verge of a contempt of court. » Me Armoogum a rappelé que Raj Dayal avait commenté une affaire en cours devant la justice et sur un point qui avait déjà été tranché en cour. « Le DPP prend cette affaire très au sérieux », a indiqué Me Armoogum, préconisant une enquête policière « pour savoir comment l’accusé est en possession de cette lettre ».

Par ailleurs, la poursuite a objecté à la requête de la défense que trois témoins, dont l’homme d’affaires Patrick Soobhany, soient appelés lors du voir-dire. Me Armoogum a indiqué qu’il n’y avait nul besoin de les appeler à ce stade, vu qu’il n y avait pas de “evidential foundation”. La poursuite a rappelé que les avocats de Raj Dayal auront l’occasion de les contre-interroger lors du procès.

Me Rutnah devait lui soutenir que l’objection de la poursuite à appeler les trois témoins « rend le procès injuste et est contraire à la Constitution ». Les magistrats Sacheen Boodhoo et Darshini Gayan rendront leur “ruling” le 9 novembre.

Un voir-dire a été institué car Me Rutnah estime que l’enregistrement sonore « a été obtenu illégalement, dans le but de piéger mon client avec une conversation malicieusement enregistrée, qui par la suite a été manipulée pour déformer la réalité », indiquant en cour que « cette pièce à conviction a été manipulée avant d’avoir été remise à la commission anti-corruption ».

Raj Dayal a plaidé noncoupable d’une accusation de “bribery by public official” sous les dispositions de la POCA. Il est reproché à l’ancien ministre d’avoir sollicité un pot-de-vin de Rs 1 million de l’homme d’affaires Patrick Soobhany en mars 2016 pour l’achat de 50 « bal kouler » pour les célébrations de la fête Holi, et ce en échange d’un permis EIA pour un projet de morcellement à Gros-Cailloux. Une bande sonore faisant état de cet « arrangement » entre l’homme d’affaires et Raj Dayal à son bureau avait été remise à l’ICAC.