L’ouverture de la 18e réunion du Comité intergouvernemental d’experts de l’Afrique australe, organisée par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, s’est tenue hier matin à l’hotel Le Maritim à Balaclava. Les experts sont appelés à réfléchir sur le thème « Harnessing Natural Resources for Sustainable Development in Southern Africa: Opportunities and Challenges in the Tourism Sector ». Le ministre du Tourisme Michaël Sik Yuen a donné le coup d’envoi des consultations pour les travaux qui s’achèvent aujourd’hui.
Le Comité intergouvernemental d’experts (CIE) est une instance politique intégrale sous-organe de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique créé afin de fournir un forum engageant les décideurs des États membres sur les questions politiques et des programmes connexes dans chacune des cinq sous-régions d’Afrique. Dans son intervention hier matin, le ministre du Tourisme Michaël Sik Yuen a relevé que le thème adopté « Harnessing Natural Resources for Sustainable Development in Southern Africa: Opportunities and Challenges in the Tourism Sector » est particulièrement pertinent et approprié pour de multiples raisons.
Premièrement, avance Michaël Sik Yuen, le tourisme ouvre de nouvelles pistes en termes de création d’emplois directs ou indirects et procure des avantages économiques pour la nation et des collectivités locales. Au second plan, l’industrie offre une opportunité pour les pays de diversifier leurs activités d’exportation et d’ajouter de nouveaux piliers à leur structure économique pour le développement durable et peut aussi attirer d’importants investissements directs étrangers.
Michaël Sik Yuen a ainsi rappelé que le développement du tourisme peut être exploité comme une composante essentielle et fait partie intégrante des stratégies de développements socio-économiques et de l’éradication de la pauvreté dans la région africaine afin d’atteindre les « UN Millenium Development goals ».
Poursuivant son discours, le ministre du Tourisme a souligné qu’à l’ère de la mondialisation, il est quelque peu paradoxal que, lorsque nous réfléchissons sur la performance de l’industrie du tourisme, nous avons tendance à nous concentrer, dans un premier temps, sur les pays à titre individuel. Les continents pointent inévitablement à la deuxième position.
« According to the World Tourism Organisation, Africa’s share of world tourist arrivals in 2010 was only 5 percent while Europe captured about half of all world tourist arrivals. In terms of receipts, Africa shared not more than 3 percent of the total world receipts estimated at US$ 851 billion. Southern Africa and North Africa each commands about a third of the market share of Africa’s tourism, representing a meagre US $ 8 billion annually from a global market estimated to generate a trillion dollars. These figures clearly demonstrate that the African Continent has yet to unleash its full potential to enjoy the economic benefits emanating from tourism », relève le ministre du Tourisme. Avant d’ajouter que l’Afrique a été dotée de ressources naturelles suffisantes pour exploiter son industrie touristique.
S’attardant sur le plan local, Michaël Sik Yuen a rappelé que le secteur du tourisme à Maurice a émergé au fil des années devenant ainsi un pilier majeur de l’économie avec 10 % du Produit intérieur brut et environ 100 000 emplois directs et indirects. Brossant le tableau du secteur, le ministre du Tourisme a expliqué que l’année dernière les arrivées ont atteint la barre des 964 642 touristes et les recettes touristiques US $ 1,4 milliard. Le nombre d’hôtels a par conséquent augmenté avec 112 unités cette année, représentant 12 075 chambres.
« Comme tous les autres pays, l’industrie du tourisme à l’île Maurice n’est pas à l’abri de chocs externes telles la récession économique mondiale déclenchée par la crise de la zone euro, la baisse de la demande en provenance d’Europe et la concurrence intense de la part des destinations similaires… » a toutefois concédé Michaël Sik Yuen. Il faut ajouter que les réflexions et délibérations sur le champ d’application seront sujettes aux discussions des ministres du Tourisme de la SADC à leur prochaine réunion à Maurice d’ici fin mars.
Les experts ont été également appelés à examiner le 2011 Economic and social conditions Report préparé par le ECA Sub-regional office pour l’Afrique australe. Le document donne un aperçu de la performance économique et la façon dont la région traduit les avantages économiques pour répondre aux exigences du secteur social, dont la santé, l’éducation et l’emploi.