L’Organisation africaine des assurances (OAA) effectue pour ses 40 ans un retour à Maurice où elle a vu le jour en juin 1972 en organisant son 18e forum du 30 septembre au 3 octobre à Balaclava. Un événement qui s’annonce riche en symboles et en fait marquants. Avec un tournant dans la manière de considérer l’assurance panafricaine et au-delà, les enjeux sont multiples, en particulier pour une Afrique projetée comme dernier eldorado. Ce qui fera de Maurice un véritable « hub » de l’assurance, assure Axel Pellegrin, secrétaire général de l’Insurer’s Association of Mauritius (IAM).
L’OAA a vu le jour en juin 1972 à Maurice. L’île d’alors n’est pas celle de la connectivité logistique ni un centre de conférences international. Et pourtant… Le secrétaire général de l’IAM retrace le poids de l’événement. « Ils étaient alors 70 membres fondateurs de 28 pays. Le contexte n’était pas le même qu’aujourd’hui, rien que du point de vue du nombre de connexions qu’il fallait alors pour atteindre Maurice », explique Axel Pellegrin. Et d’ajouter : « L’OAA est une des plus vieilles associations panafricaines. » Un modèle de résilience pour la région, mais aussi un précurseur dans la conception du mot « hub ».
Déjà, sous l’impulsion de la cheville ouvrière René Adam de la Swan Insurance, l’OAA devient une vraie pépinière d’intuition. « On y évoque l’importance de la coopération régionale, de la formation des cadres, de la rigueur des études statistiques… » poursuit Axel Pellegrin. 40 ans plus tard, malgré sa fondation à Maurice, l’association a installé son siège au Cameroun. Son 18e forum se tiendra néanmoins dans le pays du 30 septembre au 3 octobre à l’hôtel InterContinental à Balaclava.
Un retour aux sources en vue d’explorer les enjeux de ce maillon essentiel du fait économique sur le continent. Le thème retenu est « Assurance et réassurance en Afrique, la prochaine décennie ». L’IAM a tenu une conférence de presse à cet effet hier matin au Labourdonnais Hotel à Port-Louis.
Il ne s’agira donc pas que de célébrer le passé, mais de poser les jalons de l’avenir du continent. Plus de 500 délégués sont attendus à ce forum. Dominique Autard, Head of Corporate Communication & Marketing Strategy qui a participé à la communication de l’événement, parle lui de 525 délégués inscrits à hier. « On ne compte pas les délégations qui vont arriver à la dernière minute et s’enregistrer qu’une fois sur le sol mauricien. » À quel nombre peut-on s’attendre ? « On pourrait atteindre les 600 délégués », estime-t-il. À Axel Pellegrin de renchérir : « Il y aura des délégations pesant jusqu’à dix techniciens de l’assurance et des sociétés majeures du secteur. »
À titre de comparaison, Dakar n’avait réuni l’an dernier que 300 délégués. « Cette année, c’est plus de 500 délégués de 50 pays… Certains viendront du Bhoutan, de la Corée du Sud, du Brésil, entre autres ». « Hub est un mot qu’on nous a souvent servi à toutes les sauces, mais il ne faut pas que dire, il faut faire ! »
« Du vrai business »
Les acteurs de l’assurance locale ne cachent pas leur optimisme. « Au-delà du forum, ce sera un rendez-vous exceptionnel pour le networking. Des deals seront faits, des contrats signés et de très grosses sommes négociées. Et tout cela à Maurice. Ce sera du vrai business », soutient le secrétaire général de l’IAM. Et d’indiquer : « Si la portée de l’événement dépasse cette année largement les frontières de Maurice et de l’Afrique, c’est que le continent affiche les signes d’une croissance potentielle. »
L’Afrique – « même si son développement n’est pas encore à niveau » nuance Srinivasan Vaideswaran, président de l’IAM et directeur des opérations de The New India Insurance – est appelée à converger vers les pays développés. Cette convergence, expliquée par le potentiel en industrie, téléphonie, ressources naturelles, devrait « garantir un taux de croissance élevé ». Ce qui aura pour résultat un taux d’investissement étranger important. Mais l’Afrique est, comme l’indique Srinivasan Vaideswaran, une terre méconnue où les investisseurs ont du mal à jauger certains risques. C’est là la mission de l’outil d’assurance, « tout l’enjeu » : garantir que les risques sont bien répartis sur la région. En clair : un potentiel commercial pour les assurances (à un niveau micro, d’abord, pour ce qui est de l’assurance des biens, des entreprises) et pour la réassurance (à un point de vue macro où les sociétés d’assurances ou autres fonds et mécanismes sont eux-mêmes sécurisés, garantissant la résilience à un niveau régional). Et de là, une sécurisation plus « répandue » engrange le capital confiance des investisseurs et consolide le « business confidence ».
M. Vaideswaran abondera ainsi dans le sens de ce qui est démontré dans les médias locaux comme internationaux : « Africa is happening » et, d’une manière certaine, l’assurance et la réassurance se mettent au diapason de l’essor africain. S’il est vrai que le secteur de l’assurance a – a contrario du financier, jugé plus enclin à l’aléa moral – une « responsabilité sociale et civique », comme le soutient Dominique Autard. Ce forum viendrait aussi démontrer l’importance de cet outil pour le développement régional.
La cérémonie d’ouverture aura lieu le 1er octobre à 9 heures. L’invité d’honneur sera le ministre des Finances Xavier-Luc Duval. Clin d’oeil historique : l’inauguration du forum de l’OAA a été effectuée en 1972 par Seewoosagur Ramgoolam.