Le Nativ Lodge, situé non loin du musée de Mahébourg, est implanté au coeur d’une forêt verdoyante. Il donne une vue imprenable sur Rivière-La-Chaux. Des balades en pirogue permet d’accéder à d’autres points d’eau tels que Rivière-des-Créoles, Ferney. On peut également passer sous le pont Cavendish pour se rendre à Mahébourg. Une visite guidée avec Jean Coulon, un connaisseur des lieux qui a grandi à Ville-Noire.
Le temps est clément pour une balade en rivière. D’abord, il y a cette proximité avec la nature environnante, presqu’enivrante. Une fois la pirogue de Jean Coulon à l’eau, la première chose qui attire l’attention sont les gros arbres qui poussent en bordure de rivière. « Cet arbre s’appelle “coqueluche”. Il a pour particularité de conserver l’eau à température ambiante », renseigne notre guide.
Jean Coulon a tout ce qu’il faut à bord de sa pirogue : gilets de sauvetage, trousse de premiers soins, extincteur et lignes de pêche. L’homme connaît les moindres recoins de la rivière. « À certains endroits, l’eau est de couleur verte et à d’autres elle est bleue. Cela donne une indication de la profondeur. »
À l’endroit appelé “La-Chaux”, des amas d’ordures, de plastique jonchent certains recoins de la rivière et gâchent la beauté de la vue. Par ailleurs, on remarque aussi les maisons construites en hauteur, dont certaines ont gardé un côté rustique ; peu de crépissage et pas de peinture. « Comme elles sont en hauteur, ces habitations sont difficiles d’accès », explique Jean Coulon. Par temps de grosses pluies, poursuit notre guide, il y a des débordements, contraignant certains à utiliser la pirogue ou le kayak pour accéder à ce coin. La découverte de Rivière-La-Chaux en kayak est une escapade verte pour les plus hardis, mais d’autres optent pour la barque. Le parcours démarre depuis le site et prend fin à l’embouchure menant au front de mer de Mahébourg après avoir serpenté le long de la Rivière-La-Chaux.
Pont Cavendish, la merveille
L’environnement prête aussi à une partie de pêche traditionnelle, explique Jeffrey du Nativ Lodge. On peut trouver des poissons comme le tazar, mulet, entre autres. Et des plantes, comme les lilas, bas noir… On peut aussi apprécier en toute sérénité la nature. On croise aussi d’autres pirogues sur les eaux.
L’idée de construire un pont sur la Rivière-La-Chaux reliant Grand-Port au village de Mahébourg est venue des notables de Grand-Port. Un pont jadis en bois, et qui aujourd’hui a été retravaillé avec de la pierre et du béton, constitue l’attrait principal du village et de toute l’île.
Le Cavendish Bridge, relie Mahébourg à la Ville-Noire. Agréable moment de la balade… Une pointe d’émerveillement brille dans le regard quand on aperçoit de loin le pont Cavendish. En effet, passer sous ce pont, c’est comme se retrouver à Venise. Cela fait frissonner. Jean Coulon, d’un grand éclat de rires, confie : « C’est l’effet que cela fait à tous ceux qui empruntent cet itinéraire. » Un jour, raconte-t-il, une fillette a laissé tomber des pièces de monnaie alors qu’elle traversait le pont. Elle a sauté du pont en pensant pouvoir récupérer son dû. Elle ne doit son salut qu’à un passant. On est tant happé par la structure du pont, sa beauté, que parfois, on ne fait guère attention.
Poursuivant la balade, on aperçoit l’île au Phare aussi connu comme l’île aux Fouquets, le Mouchoir Rouge, l’amphithéâtre de Pointe-Canon, le Mahébourg Waterfront, où on fera une halte, les “marchands de fraîcheur” proposant glaces et confits en tous genres.
Mahébourg, la mystérieuse
L’énigmatique Jean Coulon préfère parler des bienfaits des balades sur les cours d’eau plutôt que de raconter sa vie. « Se enn aktivite ki dimoun pa kone. Mahébourg est un sanctuaire qui renferme à la fois patrimoine, histoire et des coins qui méritent d’être vus. Rivière-La-Chaux abritait un ancien four à chaux. » Une fois, devant le Waterfront de Mahébourg, on peut aussi mettre cap sur l’Île-aux-Cerfs, Blue-Bay. « Paysage Lesid, sa bizin get ar lizie sa. »
Jean Coulon, qui a grandi à Ville-Noire, est d’avis que le métier de pêcheur a conservé tout son attrait. « La pêche à la traîne, lalign lor la rivier, se enn tradisyon de nou kiltir, nou patrimwan. Aster ena ousi bato fon dever ki permet trouv bann koray ek bann varyete pwason anba lamer. »
Bien qu’aventurier dans l’âme, Jean Coulon, n’est pas du genre à faire fi des règles de sécurité. « Bizin rest pridan. » Sa passion, il espère la partager avec d’autres Mauriciens et touristes. Ceux qui veulent en savoir plus sur les conditions de balade en rivière peuvent se mettre en contact avec la gérante du Nativ Lodge, Virginie Villeneuve Anaudin.