Faire de Port-Louis une ville intelligente… vaste projet. Le concept work, live and play (cher à un quidam qui, jadis, avait bétonné la fosse à orchestre du théâtre) sera appliqué. Vishnu et ses potes songent à transformer la vieille dame en une jeunette branchée high-tech. Nous ne pouvons que nous en réjouir ! Se balader le soir et capter la wi-fi sur un banc du Jardin de la Compagnie, sans risque de passer pour une racoleuse… je ne demande pas mieux ! Certains parleront pompeusement du “vieux Port-Louis”, en opposition à Neotown. Quartier qui devait depuis des lustres changer le panorama citadin.
La bagatelle de 52 milliards de roupies sera injectée dans cette opération de jouvence. Il est prévu que le lifting portlouisien génère 12,000 emplois (dans le secteur de la construction ?) Pas de sot métier dans une ville intelligente en devenir; nos amis chômeurs diplômés ne chômeront probablement pas. On ne saurait dire pour l’instant si une franche reconversion dans la maçonnerie leur sera nécessaire. Le centre névralgique (administratif) du pays, dont le Parlement, sera réimplanté dans les hautes terres.
Suggestion : pourquoi ne pas réaménager le bâtiment parlementaire en théâtre, et en profiter pour raser le vieux théâtre (histoire d’optimiser l’espace) ? On me laisse entendre que les deux gares routières seront restructurées (au coût de 850 millions de roupies chacune), et les marchands de rues parqués dans des espaces dédiés. J’ai cru comprendre que les immeubles administratifs deviendraient des appartements. Imaginez le topo. Vous sortez d’un des ascenseurs du building Renganaden Seeneevassen ou Emmanuel Anquetil pour respirer au clair de lune. Port-Louis est désormais une ville dénuée de toute circulation galopante car interdite de voiture. Les citadins ont enfin droit de cité. On circule à pied ou à bord de bus électriques. N’est-ce pas formidable ?
Trêve de rêvasserie. Dans ce rêve vendu sans taxe à valeur ajoutée, je ne distingue pas bien si le Théâtre a rouvert ses portes. Ni ne vois-je les mal logés des flancs de montagnes et des vallées. Les laissés à leur sort ne seraient pas super smart. Investir massivement alors que certains sont dans la dèche et tirent le diable par la queue pourrait susciter une méchante frustration. Dont je n’ose imaginer les conséquences…