La présence de la dépouille d’une baleine en décomposition à Macalpine, Albion, à un kilomètre et demi du Club Med, continue à poser de sérieux problèmes aux autorités. À ce matin, l’animal en putréfaction, qui dégage une odeur pestilentielle, était toujours en mer, sans qu’aucune mesure concrète n’a été prise pour y remédier. Interrogé par Le Mauricien ce matin, le ministre de la Pêche Nicolas Von-Mally a déclaré qu’un comité interministériel se réunira aujourd’hui sur la question.
Peu après 14 h hier, des officiers du bureau sanitaire de Bambous étaient présents sur les lieux afin d’asperger les rochers à proximité du mammifère d’un produit qui demeure inconnu jusqu’à présent, malgré les efforts du Mauricien pour en savoir plus.
Interrogé ce matin par Le Mauricien, le ministre de la Pêche Nicolas Von Mally a fait ressortir qu’il n’a pas été en mesure de contacter ses techniciens hier, ayant été retenu par la séance parlementaire qui s’est achevée très tard. Il a soutenu qu’un comité interministériel devrait se réunir aujourd’hui afin de se pencher sur la question, et a référé Le Mauricien à ses techniciens. Selon le ministre, la baleine devrait être recouverte de chaux. Sauf que cette « décision », annoncée depuis hier, n’a toujours pas été traduite dans le concret. Pendant ce temps, la dépouille du mammifère continue de pourrir ; la partie supérieure étant une large masse gélatineuse, recouverte de mouches.
Le Mauricien a rappelé au ministre Von Mally qu’il a souvent tendance à le référer à ses techniciens en sachant pertinemment qu’ils ne donnent des renseignements qu’après que le Permanent Secretary avalise les demandes. Or, il se trouve que le ministère de la Pêche n’a plus de Permanent Secretary depuis un bout de temps, mais un Supervising Officer qui, selon ses conseillers, serait « très rarement » au bureau.
Entre 14 h et 15 h hier, des officiers du ministère de la Santé se sont déplacés sur les lieux afin d’asperger un produit sur les rochers. Cet exercice s’est déroulé en présence d’officiers de la National Coast Guard (NCG) d’Albion et des journalistes du Mauricien. Des pêcheurs, qui se trouvaient sur place, ont cherché à savoir la nature de ce produit et s’il est nocif pour l’environnement marin. Ceux-ci se sont contentés de répondre par la négative. Et même les éléments de la NCG n’étaient pas non plus en mesure de déterminer la nature dudit produit.
Les officiers du bureau sanitaire de Bambous, chargés d’asperger les rochers de cette substance inconnue, portaient des masques, de même que certains des officiers des gardes-côtes.
À ce matin, on n’a pas été en mesure de savoir la nature exacte de ce produit. Au ministère de la Santé, personne ne pouvait en dire davantage, se contentant simplement de nous faire comprendre « que le bureau sanitaire concerné prendra contact » avec nous, alors que le ministre de tutelle Lormus Bundhoo était, lui, pris par ses obligations relatives à la séance parlementaire du jour.
Des pêcheurs de la localité, qui ont tenu à garder l’anonymat, s’insurgent contre la présente situation. La baleine continue de pourrir ; les morceaux de chair avariée ne cessent de nourrir les poissons, d’attirer des prédateurs tels les requins, tandis que rien n’est fait pour éloigner le mammifère de la côte. « Nou pa kompran ki bann lotorite pe atann pou tir sa-la. Sa loder la li insoutenab. En plis loder, bann poisson ek rekin pe kontinye manz sa lasser pouri-la. Pa koner ki pu ariver. Lekolozi marinn dan Albion ki pe gayn baté sans ki lotorite pe pran enn kont. Ti dir pou met la so lor bebet-la. Sa oussi pa finn fer. Sa balenn-la finn telma pourri ki si atass enn lakord ek so laké ek rise, li pu desir bout bout », déclarent les pêcheurs indignés. Ces derniers qui veulent aussi à tout prix savoir ce qui a causé la mort de l’animal, maintiennent que les autorités doivent tout mettre en oeuvre pour avoir la réponse à cette question.
Depuis mardi 18 h, la NCG a émis une interdiction formelle concernant les baignades et la pêche dans le lagon d’Albion et aux alentours. Cet interdiction est toujours de mise. La présence de cette baleine dans un état pitoyable continue d’attirer des curieux, qui n’hésitent pas à effectuer une longue marche à travers la végétation sauvage de cette partie d’Albion, ou sur les rochers surplombant la mer pour satisfaire leur curiosité. Et ce tout en bravant l’odeur nauséabonde et infecte qui s’est abattue sur la région depuis quelques jours déjà…