AfrAsia Bank Zimbabwe Ltd (ABZL), filiale d’AfrAsia Bank Ltd (ABL), a cessé ses opérations bancaires au Zimbabwe. Cette décision intervient après l’annulation de son permis par la Reserve Bank of Zimbabwe (RBZ), la banque centrale du pays, conformément à l’article 14 (4) de la Banking Act (chapitre 24 h 20) du Zimbabwe. Malgré les efforts soutenus déployés par la direction, AfrAsia Bank Zimbabwe Ltd était dans l’incapacité de respecter les conditions imposées par les autorités bancaires concernant le capital minimum.
Dans une communication adressée à la presse pour expliquer les raisons derrière la décision de mettre fin aux opérations au Zimbabwe, James Benoît, Chief Executive Officer (CEO) du groupe AfrAsia Bank, explique que les difficultés auxquelles faisait face AfrAsia Bank Zimbabwe Ltd étaient principalement dues à des problèmes hérités de transactions précédentes ainsi qu’à la situation économique prévalant dans le pays. « Ces derniers mois, nous avons oeuvré diligemment pour faire face aux problèmes de liquidité et de capital de cette filiale, mais aussi pour trouver des solutions tangibles et pérennes dans un contexte économique difficile. Des négociations avec un investisseur étranger étaient arrivées à un stage avancé, mais nous n’avons pu trouver un accord satisfaisant quant aux termes et conditions. Néanmoins, cet investisseur est disposé à poursuivre ces discussions avec les autorités régulatrices afin de trouver une solution rapide qui assurerait la protection des intérêts des dépositaires et créditeurs de la banque. Dans ce contexte, nous avons jugé que la solution la plus éthique et juste était de nous retirer afin de permettre la continuation de ces négociations », souligne James Benoît.
La direction du groupe AfrAsia rapporte que le Zimbabwe passe par une période de décroissance économique principalement liée à des problèmes de liquidités ainsi qu’à la fragilité du contexte économique mondial. Le secteur financier, fait-on ressortir dans les milieux du groupe AfrAsia, « est toujours structurellement instable et les défis auxquels fait face son secteur bancaire reflètent en grande partie les contraintes macroéconomiques du pays ». Pour le groupe bancaire mauricien, une reprise de l’économie zimbabwéenne reste, à l’heure actuelle, difficile compte tenu du manque de liquidités dans le pays.
« L’arrêt des opérations bancaires d’ABZL n’aura aucune incidence sur les activités, les clients et les engagements d’AfrAsia sur ses autres marchés à Maurice et dans le reste du monde. AfrAsia Bank Limited reste une institution financièrement solide disposant du soutien et de l’appui en capital d’actionnaires internationaux », précise-t-on. Le groupe, ajoute-t-on, concentrera désormais ses efforts sur des centres d’activités plus rentables ainsi que sur sa stratégie d’expansion dans d’autres pays de la région.
La presse zimbabwéenne fait état ce matin de l’annulation du permis d’AfrAsia Zimbabwe Ltd (anciennement Kingdom Bank) pour incapacité de satisfaire les conditions du régulateur concernant le capital minimum. « The cancellation of the AfrAsia licence follows board resolutions by AfrAsia Zimbabwe Holdings Limited and AfrAsia Bank Zimbabwe Limited to voluntarily surrender the banking licence », annonce The Herald dans son journal en ligne. The Herald rappelle dans la foulée qu’AfrAsia Bank Zimbabwe Ltd est la deuxième banque à voir son permis annulé depuis le début de l’année pour sous-capitalisation. La première a été Allied Bank, qui a également éprouvé des problèmes d’intendance.
The Herald confirme que la direction d’AfrAsia poursuivait plusieurs initiatives en vue de lever des capitaux frais et avait contacté des investisseurs potentiels. La société Imara Capital Finance avait été engagée pour le marketing d’obligations à moyen terme pouvant aider à générer un montant de 15 millions de dollars. Le quotidien indique que la filiale zimbabwéenne avait, au 31 décembre 2014, des « core capital levels » d’USD 6 millions alors que le capital minimum prescrit était d’USD 25 millions. Le quotidien ajoute que ces derniers mois les déposants éprouvaient des difficultés pour avoir accès à leurs placements, la banque autorisant des retraits ne dépassant pas USD 20 en certaines occasions.
Selon The Herald, la banque centrale zimbabwéenne a trouvé qu’AfrAsia Bank Zimbabwe Ltd « is no longer in a safe and sound condition in that the institution is grossly undercapitalised and is facing chronic liquidity challenges ». Elle a, cependant, noté que « all efforts by the shareholders to recapitalise the institution in order to comply with the minimum capital requirements have failed ». La RBZ a demandé la liquidation de la filiale d’AfrAsia Bank conformément à la section 57 de la Banking Act du Zimbabwe. Un décret portant sur cette liquidation sera publié bientôt dans la presse zimbabwéenne.
Par ailleurs, The Herald indique qu’en sus d’AfrAsia Bank Zimbabwe Ltd et d’Allied Bank, quatre autres institutions n’étaient pas en règle concernant le capital minimum au 31 décembre 2014 : Capital Bank Limited, Interfin Banking Corporation (les deux ont fermé leurs portes l’année dernière), Metbank et Tetrad Investment Bank, ces deux dernières étant actuellement « under provisional judicial management ».