La Banque de Maurice proposera prochainement un plan d’assurance-dépôts et envisage, par ailleurs, de redéployer progressivement une partie des fonds prévus sous la ligne spéciale de crédits en devises mise à la disposition des banques commerciales mais dont les conditions ne sont pas jugées suffisamment incitatives par ces dernières. C’est ce qu’a annoncé le gouverneur de la banque centrale, hier matin, à l’ouverture officielle de la neuvième succursale de la Baroda Bank à Rose-Belle. Manou Bheenick a également plaidé pour la plus grande transparence dans toutes les opérations liées au monde bancaire, laissant comprendre qu’en cas de manquement, « les banques et ceux qui y travaillent doivent répondre de leurs actions ».
Annoncé depuis quelque temps déjà, le plan d’assurance des dépôts (bancaires ou autres) sera bientôt une réalité. C’est ce qu’a indiqué Manou Bheenick. « We are in the final stages of setting up the Deposit Insurance Scheme, which is the missing link in our Financial infrastructure », a-t-il déclaré alors qu’il évoquait la question de bonne gouvernance des banques. À ce propos, la BoM proposera prochainement un document corrigé des directives sur la bonne gouvernance, document auquel la Chief Executive de la Mauritius Bankers Association (MBA), Aisha Timol, avait fait allusion récemment et qui a en outre fait l’objet de consultations entre la BoM et l’association des banques.
Manou Bheenick est revenu sur le sujet de la gouvernance des banques et aussi sur la nécessaire transparence dans les opérations bancaires. Il s’est référé à la couverture de l’édition du 7-13 juillet 2012 de la revue The Economist qui a parlé des « banksters » – qualificatif que le gouverneur avait utilisé précédemment pour dénoncer les mauvais banquiers – et l’utilisation du mot « bankster » par le président de la British Financial Services Authority, Lord Turner, dans une entrevue à l’agence Bloomberg.
« Bankers, the world ever, cannot walk out. There is no place to hide. Instead of walk-outs, we need work-outs to purge the system of crooked practices ans crooked individuals », a argué Manou Bheenick.
Le gouverneur de la banque centrale a annoncé le redéploiement progressif pour bientôt d’une partie des fonds prévus sous la ligne spéciale de crédits en devises que la BoM avait mise à la disposition des banques commerciales pour être reprêtés aux entreprises en difficulté, surtout celles d’exportation, en cette période de crise. « With this measure, the bank is using its own balance sheet in an attempt to resolve issues faced by enterprises at the micro-level. This has a cost to us. The Bank cannot keep this line of credit open indefinitely », a indiqué Manou Bheenick. Se fiant à des articles de presse, le gouverneur a déclaré que certaines banques ont fait savoir qu’elles sont en mesure de satisfaire la demande des entreprises en proposant les mêmes conditions que celles prévues sous la ligne spéciale de crédits en devises. D’autres banques, selon M. Bheenick, ont déclaré qu’il n’y a pas de demande pour de tels emprunts en devises vu que des exportateurs sont satisfaits de leur situation en matière de gestion de leurs portefeuilles en devises. « Si c’est comme ça, tant mieux », a-t-il ajouté.
Le gouverneur de la BoM a justifié l’institution récente d’une task force pour se pencher sur les conditions et termes défavorables rattachés aux contrats bancaires et autres contrats financiers. Il a, dans la foulée, lancé une pique à certaines banques. « The global economic downturn is impacting on our exports, on our employment and on our standard of living. This difficult and delicate situation requires that all stakeholders look beyond their narrow self-interets and share in the pain of adjusting to the new realities. It is a matter of continuing surprise to me that in the fifth year of an unprecedented financial and economic crisis of global proportions, some of our banks are still insolently reporting record profits », a-t-il observé.