Le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, a estimé hier que les récents scandales financiers découlant des « Ponzi schemes » ont permis de mettre en lumière les faiblesses des régulateurs du secteur non bancaire. Cette question a été évoquée lors d’une cérémonie portant sur le transfert des activités de la Barclays d’une simple branche à celle d’une subsidiaire connue comme la Barclays Bank Mauritius Ltd à partir du 1er juin prochain.
C’est vers la fin de son intervention que le gouverneur de la banque centrale a évoqué les faiblesses des régulateurs non bancaires. « The Ponzi schemes that have been dismantled recently have turned the spot light on the regulatory loop holes on supervisions and regulation beyond the banking sector which have allowed scammers to commit their crime », a-t-il dit. D’où la nécessité de tout le système du « regulatory and supervisory framework » pour minimiser le risque que de telles fraudes ne se reproduisent à l’avenir. Il annoncé la présence à Maurice à cet effet des représentants de la Reserve Bank of India et du Fonds monétaire international.
Le gouverneur de la Banque centrale, qui a été reconduit à ses fonctions par le président de la République sur recommandation du Premier ministre il y a trois jours, a aussi évoqué les efforts de la banque centrale pour amener les grosses banques à simplifier leurs activités et à séparer leurs activités bancaires des activités non bancaires.
La demande de transfert des activités de la succursale de la Barclays Bank PLC a été faite en vertu des dispositions de la section 32C de la Banking Act de 2004 qui a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale récemment.
Pour Manou Bheenick, il a maintenant été démontré à la lumière de la crise qui secoue l’économie mondiale depuis les six dernières années que ce sont les structures bancaires complexes et les trop grosses banques qui sont à l’origine des problèmes rencontrés dans le secteur bancaire. « Un accord international concernant les mécanismes interbancaires sur le plan international n’est pas pour demain. Nous ne pouvons attendre la création de nouvelles institutions et de nouveaux règlements pour réagir en tant que régulateur », a soutenu le gouverneur de la Banque de Maurice. Il a expliqué que 21 banques commerciales locales et 5 branches internationales sont opérationnelles à Maurice. Il a affirmé avoir multiplié les efforts pour encourager les banches à s’incorporer localement. Ce qui les protège contre les problèmes rencontrés par leurs maisons mères et leur permet de mieux se concentrer sur l’économie locale.
En l’absence des procédures législatives appropriées pour passer du statut de branche à celui de subsidiaire, la Barclays avait eu recours à une pétition auprès de la Cour suprême mais elle s’est heurtée à des objections et les procédures légales s’éternisaient. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a opté pour l’amendement de la Banking Act.
Réagissant à l’autorisation accordée par la Banque de Maurice, Ravin Dajee, directeur général de la Barclays Bank Mauritius Ltd a fait la déclaration suivante : « Le transfert des activités de la succursale mauricienne de la Barclays Bank à Barclays Bank Mauritius Ltd, une filiale du groupe Barclays et ayant un conseil d’administration majoritairement constitué de Mauriciens, traduit clairement la confiance que la Barclays a en Maurice et en son potentiel. Notre investissement à hauteur de Rs 3,5 milliards en décembre 2012 en est la preuve. »
M. Dajee estime que le nouveau statut de la Barclays Mauritius permettra à cette institution de s’aligner sur la stratégie de la Barclays en Afrique. Il a tenu à rassurer les clients de la Barclays à Maurice en donnant l’assurance que la banque continuera à offrir les mêmes services de haut niveau et qu’il n’y aura aucun changement d’un point de vue opérationnel. « Tout en demeurant au sein du groupe Barclays, Barclays Bank Mauritius Limited sera synonyme d’un lien encore plus solide avec nos clients et avec le pays », a-t-il dit.