La semaine écoulée a été assez particulière pour les Mauriciens tenus en haleine par Bansi trois jours durant. Si l’on recense un peu plus d’un millier de sinistrés dans différents endroits, il n’y a pas eu beaucoup de dégâts causés par le cyclone. C’est le constat effectué par les autorités.
Force est toutefois de constater que le cyclone, qualifié d’atypique, a causé un certain bouleversement dans quelques secteurs du pays et dans la vie des Mauriciens, principalement au niveau de la rentrée scolaire qui a été retardée de trois jours, le ministère de l’Éducation ayant préféré, dès dimanche soir, jouer la carte de la prudence en renvoyant la reprise des institutions scolaires. Jeudi matin toutefois, en dépit du temps qui était encore très pluvieux et l’alerte de vents forts émise par la station météo de Vacoas, l’école à repris.
Si le secteur agricole a été touché, Bansi aura été bénéfique à l’ensemble de l’île en termes d’eau de pluies, les réservoirs étant désormais remplis en moyenne à 73,3%. Le pays ayant enregistrée une pluviométrie de 67% rien que pour la première quinzaine du mois de janvier, les autorités, selon nos informations, s’accordent à assouplir le régime de distribution à travers l’île dès cette semaine. Elles espèrent aussi que le problème d’eau boueuse dans les régions de Port-Louis et du Sud soit résolu au plus vite.
Beaucoup de pluies et de vents sur l’ensemble de l’île
Près d’un mois depuis que le pays est arrosé presque quotidiennement. Après les pluies torrentielles de fin et début d’année, le cyclone Bansi a apporté dans son sillage beaucoup de pluies. Si bien qu’à vendredi, le taux de pluviométrie enregistré pour les 15 premiers jours de janvier s’élève à 67%, soit 176 mm, la moyenne générale pour ce mois de l’année étant de 261 mm.
Bansi, malgré une alerte II maintenue trois jours durant et des vents de 104 km/h enregistrés à Port-Louis, aura ainsi été bénéfique à l’ensemble de l’île, avec 177 mm de pluies enregistrée à Providence et 174 mm à Mare-aux-Vacoas entre le 10 et le 15 janvier, Port-Louis 131 mm, Domaine Les Pailles 89 mm, Médine 43 mm, Pointe-aux-Cannoniers 84 mm, Mon Loisirs Rouillard 90 mm, Fuel 103 mm, Belle Mare 69 mm, Plaisance 56 mm, Rose Belle 88 mm, Nouvelle Découverte 142mm, Quatre Bornes 123mm et Vacoas 154mm.
C’est la région est qui enregistre le plus fort taux de pluviométrie, avec 227 mm entre le 1er et le 15 janvier, soit 87% de la moyenne. Dans le centre, on a enregistré 78%, soit 258 mm, avec à Mare-aux-Vacoas 301 mm enregistrés, soit 71%. Dans le Nord, le taux de pluviométrie enregistré pour les 15 premiers jours de l’année s’élève à 72% (133 mm), alors que dans l’Ouest le taux s’élève à 71% (119 mm). Le Sud s’avère la région la moins arrosée avec 142mm, représentant 49% de la moyenne.
Des travaux prioritaires sous la responsabilité de la NDU
Si, fort heureusement, Bansi n’a pas causé de gros dégâts matériels, quelques mesures d’urgences ont néanmoins été déployées pour parer aux éventualités, avec notamment les éléments de la SMF et les pompiers sur le pied d’alerte depuis dimanche soir à l’annonce de l’alerte I. Cela principalement, selon le ministère de l’Environnement et des désastres naturels, en raison du fait que Bansi était un super storm. Vu les risques que ce type de cyclone devienne plus fréquent avec le changement climatique, les autorités ont pris plusieurs décisions dans différents endroits de l’île où le passage de Bansi se sera fait le plus sentir cette semaine.
De Sable Noir à Camp Thorel, en passant par le pont de Notre Dame, plusieurs décisions urgentes ont ainsi été prises en amont par les autorités. Ainsi, si les éléments de la SMF étaient en stand-by à Sable Noir en vue d’évacuer les habitants de la localité et par là même casser ou surélever le ponton qui forme un goulot d’étranglement en bordure des maisons, il a été prévu que les travaux d’urgence pour un nouveau pont soient entrepris au plus vite. Idem au niveau de Camp Thorel, où un pont inondé généralement par les grosses averses ne permet pas aux habitants de se rendre à l’arrêt d’autobus.
Les travaux qui rendront le passage sur ce pont accessible ont été référés en urgence à la NDU, qui prendra également en charge les travaux relatifs au Pont Ducray, à Notre Dame Montagne Longue, fragilisé suite au passage de Bansi. En attendant ces travaux, la circulation sur ce pont est interdite aux poids lourds d’un certain tonnage.
Parmi les autres travaux prioritaires qui seront entrepris, il y a un cas à Kewal Nagar, sur la berge de la rivière, où une maison à étage menace de s’écrouler. Lors d’une site visit du ministre Raj Dayal, un Stop Order a été émis à l’encontre d’un promoteur qui, en marge des travaux qu’il effectue, a entreposé de grosses pierres au bord de la rivière, bloquant ainsi le passage d’eau, ce qui pourrait occasionner un glissement de terrain.
Des ingénieurs japonais ont été mandés sur les lieux pour trouver une solution à la menace pesant sur les habitants de la localité et il a été décidé d’installer des gabions sur le flanc du ravin. Des bambous seront également plantés à cet endroit pour lutter contre l’érosion.
En finir avec les « faux sinistrés »
Le cyclone Bansi a remis au grand jour non seulement la situation précaire dans laquelle vivent plusieurs familles à Pailles ou à Cité La Cure par exemple, mais également des abus au niveau de la légitimité de certains demandeurs qui se sont présentés comme des sinistrés. En effet, si avec l’annonce de l’alerte II un peu plus d’un millier de personnes s’est rendu dans les centres mis à disposition par les autorités — le nombre a été revu à la hausse dans certains endroits —, les autorités se sont rapidement aperçues que certaines victimes n’étaient en réalité pas de vrais sinistrés, dénoncés par des témoins. Certains ont même refusé les denrées alimentaires proposées dans les centres de refuge.  
Les autorités ont immédiatement entamé une enquête, et à vendredi, le ministère de la Sécurité sociale conjointement avec le ministère des désastres naturels et le ministère des Terres et du Logement ont entrepris les démarches pour revoir la prise en charge des sinistrés, avec une enquête approfondie des conditions réelles dans lesquelles vivent les personnes qui se sont enregistrées en tant que sinistrées.
Par ailleurs, la localité où vivent les squatters de Cité La Cure ayant été identifiée comme une zone à haut risque (Flood Prone Area), décision a été prise pour reloger ces familles sur un lopin de terre à Port-Louis pourvu en eau et en électricité. Ceux qui y seront relogés devront débourser, selon le ministre Showkutally Soodhun, une somme symbolique de Rs 1 annuellement pour le terrain qui leur sera loué à bail. Quelque 280 maisons de la NHDC seront aussi mises à la disposition des sinistrés qui répondent aux critères établis par les autorités.
Coupures d’eau maintenues à Port-Louis et dans le Sud
Alors que le niveau des réservoirs et des nappes phréatiques s’est amélioré avec le passage de Bansi, la Central Water Authority (CWA) maintient son régime de coupures dans les régions de Port-Louis et du Sud. En cause : le filtrage de l’eau boueuse par les stations de traitement dans ces endroits tributaires des rivières principalement. La CWA attend que l’eau s’éclaircisse pour entreprendre des travaux de réparation et indique que la situation devrait retourner à la normale dans les jours à venir.
Entre-temps, la distribution dans la région de Port-Louis et dans le Sud s’effectuera respectivement quatre et dix heures par jour, comme établi depuis la semaine dernière. La CWA a prévu des camions-citernes pour assurer une fourniture adéquate aux consommateurs. Comme dans les autres régions la situation des réservoirs est plus ou moins confortable (Mare-aux-Vacoas 68,9%, La Nicolière 99,4%, Piton du Milieu 100%, La Ferme 60,7%, Mare Longue 79,9% et Midlands 73,3%), les autorités devraient se rencontrer cette semaine pour décider d’un nouveau régime de distribution d’eau.