Le Président du Bar Council, Me Antoine Domingue, accuse le CCID d’avoir mené plusieurs actions « arbitraires » envers les avocats et avoués du barreau mauricien. Lors d’un point de presse de la Mauritius Bar Association, hier, il a soutenu que ces actions ont bafoué plusieurs articles de la Constitution et a indiqué qu’il enverra une lettre aux autorités concernées pour une rencontre afin de décider de la marche à suivre.
La MBA a convoqué une assemblée spéciale mercredi dans le cadre de l’arrestation de l’avoué Pazany Thandrayen à sa descente d’avion le 14 mars alors qu’il était allé rendre visite à sa cliente, Nandanee Soornack. Lors de cette assemblée, Me Thandrayen a raconté en détail la manière dont la police et les douaniers de l’aéroport ont agi à son égard à son arrivée. Lors du point de presse de la MBA, Me Domingue est revenu sur les circonstances de l’interpellation de l’avoué et a critiqué la façon dont la police a agi. Me Thandrayen, dit-il, a été interpellé par les douaniers de l’aéroport pour une fouille et a par la suite été conduit aux Casernes centrales. « C’est là que son calvaire a commencé », soutient Me Domingue. Aux Casernes centrales, dit-il, tous les effets personnels de l’avoué, dont son laptop, ses dossiers et ses téléphones portables ont été saisis par le CCID et il n’a même pas eu le droit d’appeler son avocat. Me Thandrayen, poursuit-il, a juste eu le temps d’appeler sa femme et sous la pression de la police il a dû inventer une histoire pour ne pas qu’elle sache ce qu’il en était. Pour Me Domingue, la police « a bafoué la constitution avec impunité » et il n’y avait aucune raison pour que l’avoué Thandrayen soit traité de cette façon.
Me Domingue a fait état d’autres agissements « arbitraires » de la police envers les avocats et avoués du barreau mauricien. La police, dit-il, lui a envoyé une lettre pour lui demander le « statut » de Brian Glover, président de l’Equal Opportunities Commission (EOC), qui dit-elle avait été impliqué dans un cas d’« assault » en 2011. Me Domingue devait rétorquer que cette affaire avait été rayée en 2011 et se demande pourquoi la police cherche à présent des informations sur l’homme de loi.
Le président du Bar Council a aussi fait part d’une lettre qu’un haut gradé de la police aurait envoyé à un homme de loi pour lui dire qu’il n’a pas le droit de représenter tels clients. « La polis fer seki li anvi kan li anvi », allègue l’homme de loi, soutenant que « nous allons vers une dictature si nous n’agissons pas ». De ce fait, Me Domingue a demandé au nouveau Commissaire de police Mario Nobin « to put order in his own house » et a soutenu avec virulence que le barreau mauricien prendra les actions nécessaires au moment venu. « Nou pou pran aksion ki bizin parski ena bokou seksion la lwa ki finn bafwe. Nou pa pou less sa koumsa mem », dit-il, ajoutant que « bann otorite responsab bizin fer le neseser parski dimin kan pou ena problem tou pou tonb lor zot e pa pou ena personn pou tir zot ladan ». Me Domingue affirme qu’il enverra une lettre aux autorités concernées pour une rencontre « pou ki nou gagn lasirans lotorite pran aksion aproprie ». Il a par ailleurs déclaré qu’il n’était pas satisfait des explications de l’Attorney General, Me Ravi Yerrigadoo,qui était venu s’expliquer lors de l’assemblée spéciale.