Me Yahia Nazroo

Me Yahia Nazroo, l’ancien secrétaire de l’Ordre des avocats, a récemment animé une conférence sur “L’éthique, l’étiquette professionnelle et le décorum à la cour”. Destinée aux membres de la profession légale, cette plateforme a exploré les causes qui conduisent à une perte de décorum au sein de la profession juridique au fil des ans et a identifié des solutions appropriées. Me Nazroo souligne que l’étiquette professionnelle est « très importance dans la profession légale » mais que, souvent, « les avocats ont tendance à oublier qu’ils ont un devoir envers la cour ».

Me Nazroo a souligné l’importance de l’éthique au sein de la profession juridique et la façon dont elle a été mal interprétée au fil des ans, tant dans la salle d’audience qu’à l’extérieur. Il a fait référence au code de déontologie, qui contient les normes écrites de conduite professionnelle à respecter par les avocats. L’accent a été mis sur le fait que les dispositions du code s’appliquent au-delà de la salle d’audience et à tous les aspects du travail quant au comportement de l’avocat.

Me Nazroo explique que certaines règles de base concernant l’étiquette et le décorum dans les salles d’audience sont la ponctualité, la courtoisie ainsi que la façon de s’adresser à la cour et de présenter une objection ou une motion. « Les avocats doivent arriver à l’heure, sinon des excuses doivent être présentées au tribunal et des explications doivent être fournies pour les retards, de même il y a une façon de s’adresser à la Cour. Un avocat doit aussi tenir compte du code vestimentaire lors de toutes les comparutions. Lorsque le juge entre dans la salle d’audience, les avocats, leurs clients, les témoins et toutes les personnes présentes dans la salle d’audience doivent se lever. De nombreux juges s’inclinent devant leur avocat avant de s’asseoir sur le banc et l’avocat doit le faire aussi », souligne l’homme de loi.

Me Nazroo a aussi axé son intervention sur l’éthique professionnelle en dehors de la salle d’audience, que ce soit lorsqu’il s’agit d’un client, de la famille d’un client ou de l’employeur d’un client. Les avocats, dit-il, « devaient également se rappeler qu’ils ont une obligation impérative envers la cour » et qu’ils doivent donc agir en toute indépendance dans l’intérêt de la justice. Les avocats doivent, dans l’exercice de leurs fonctions, respecter des obligations spécifiques.

Là, Me Nazroo fait référence au fait qu’un avocat ne doit pas induire le tribunal en erreur et ne pas abuser de sa position d’avocat. « L’avocat ne doit pas compromettre sa capacité à agir de manière indépendante. Il appartient à un avocat de défendre au mieux les intérêts de son client. Ce faisant, il ne doit cependant pas agir en violation de ses obligations envers la cour », estime l’ancien secrétaire du Bar Council.

L’article 5 du code de déontologie des avocats explique en détail l’aspect de confidentialité du travail d’un avocat et les devoirs fondamentaux de l’avocat. Me Nazroo fait ressortir que l’article 26 du code de déontologie définit, lui, le comportement d’un avocat dans la salle d’audience. Un avocat, souligne Me Nazroo, « doit toujours se comporter de manière éthique, en maintenant les normes d’honnêteté, d’intégrité et d’indépendance, et en veillant à ce que des mesures appropriées soient prises pour une bonne administration de la justice ».

L’homme de loi est d’avis qu’il faut éviter de faire des commentaires aux médias sur une affaire en cours, ce qui pourrait nuire à la bonne administration de la justice. À la fin de son intervention, Me Nazroo a fait mention de certains cas, à Maurice comme ailleurs, où des avocats étaient en conflit avec le code d’éthique. Il a aussi fait référence aux avocats ayant été sanctionné par la Cour suprême.