Avant la fin de l’année, les barachois de Poudre-d’Or devraient accueillir une ferme d’élevage de concombres de mer (holothuries, ou bambaras). Une initiative du Fishermen Investment Trust (FIT), présentée lors d’un point de presse hier matin au ministère de la Pêche et de Rodrigues par Leo Cayeux avec la consultation de l’Australien Jirapsy.
« Le premier projet de culture de concombre de mer à Maurice se fera dans les deux barachois de Poudre-d’Or », a annoncé M. Cayeux, responsable de ce projet ambitieux. L’objectif : élever cet animal pour le relâcher dans nos lagons en vue d’assurer l’équilibre marin – et ainsi réhabiliter nos lagons – et, dans un deuxième temps, pour assurer l’exportation dans les pays asiatiques, friands d’holothuries. Selon le chairman du FIT Gilbert Shu, « tous les pêcheurs enregistrés sous le FIT seront partie prenante de ce projet ». Ainsi, ils seront quelque 4 000 pêcheurs à aider à la mise en lagon des concombres de mer après leur élevage en ferme. « Ce projet de quelque Rs 40 M a suscité l’intérêt des autorités mauriciennes », souligne M. Cayeux. « Il ne s’agit pas uniquement de ramasser les bambaras. Il s’agit également de les reproduire et de permettre aux pêcheurs de participer à ce projet en les mettant dans nos lagons tout en veillant à ce qu’ils ne soient pas une fois de plus en danger. Pour ce faire, nous mettrons en culture des bébés bambaras et veillerons à ce qu’ils grandissent d’au moins 6 cm en vue de les remettre dans nos lagons ».
Les pêcheurs membre du FIT ont quant à eux salué cette initiative. « Nou bizin fer ki la kominote peser sorti gagnan ek kopere avek bann entrepriz ek otorite ki pe anvi ed nou », ont-ils lancé.
Jean-Yvon Thepaut, Officer in Charge, a pour sa part annoncé un autre projet similaire mis en place par le ministère de la Pêche dans diverses régions de l’île et à Rodrigues. Pour lui, le pêcheur est appelé à être le premier maillon dans la culture de ressources marines. « C’est à travers l’empowerment des pêcheurs que le gouvernement pourra les aider à sortir du cercle de la pauvreté », dit-il.