L’indicateur du climat des affaires, préparé par la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), s’est dégradé à nouveau au deuxième trimestre 2014, cédant 5,7 points (-6,7%) pour s’établir à 79,6 points. Cependant, le sondage réalisé du 26 mai au 16 juin auprès d’un échantillon de chefs d’entreprise indique que ces derniers s’attendent à un retournement de conjoncture dans le court à moyen termes.
L’indicateur de confiance des entreprises a poursuivi son mouvement à la baisse depuis le début de cette année tout en continuant d’évoluer en dessous de sa moyenne de long terme des 100 points de base. Le repli noté au deuxième trimestre est, selon la MCCI, une indication que la croissance économique du pays, malgré le fait qu’elle demeure régulière et positive, « ne décolle pas ». La MCCI en veut aussi pour preuve que Statistics Mauritius a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année, ramenant son estimation de 3,7% à 3,5%, soit une nouvelle estimation qui se rapproche de celle annoncée par la MCCI (3,4%).
Lors d’une conférence de presse ce matin, le Dr Renganaden Padayachy, manager de l’Economic Analysis and Industry Division de la MCCI – qui avait à ses côtés le président et le secrétaire général de la Chambre, Sébastien Mamet et Raju Jaddoo respectivement –, a fait ressortir que plusieurs facteurs ont eu une incidence négative sur la performance des entreprises au cours du deuxième trimestre 2014. Il a cité, en premier lieu, la baisse de la demande attribuable à un comportement prudentiel des consommateurs. «Nous constatons, depuis 2009, une vive décélération du taux de croissance de la consommation à Maurice, qui est passé de 6,5% en moyenne sur la période d’avant crise, 2004 à 2008, à 2,5%, en moyenne, sur la période post-crise, 2009 à 2013, a-t-il souligné. Le niveau de notre croissance économique ces dernières années s’est avéré insuffisant pour provoquer une véritable dynamique de la demande. »
La compétition féroce sur le marché local a été un autre facteur ayant affecté la performance des entreprises. Celles-ci ont en effet eu à diminuer drastiquement les marges de profits en période de demandes faibles et se sont aussi retrouvées face à une concurrence « déloyale » de la part du secteur informel. Les entreprises considèrent également que leur compétitivité a été touchée par un coût du capital, jugé élevé. « En ce moment, la détente serait plus judicieuse pour encourager un cercle vertueux où la baisse des taux d’intérêt inciterait fortement l’investissement privé, nourrissant ainsi une croissance dynamique de l’activité économique », estime la MCCI à une semaine de la réunion du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice sur la direction que doit prendre le taux directeur.
L’analyse du Dr Rengadanden Padayachy porte également sur les facteurs suivants qui, selon lui, ont eu un impact négatif sur l’indicateur synthétique du climat des affaires : le manque récurrent de main-d’oeuvre qualifiée, l’imprévisibilité sur les coûts relatifs à la conduite des affaires, les retards dans les paiements de la part des clients, la rotation du personnel, les variations des taux d’impositions effectives sur les sociétés, un taux de change défavorable et non-compétitif pour les biens et services, et le manque de soutien du secteur public.
Cependant, des facteurs positifs ont été aussi identifiés, notamment des opportunités significatives d’expansion dans la région, l’accès facile aux capitaux, l’environnement global plus favorable et l’amélioration de la logistique et de la connectivité.
Mais la direction de la MCCI a constaté, à la lumière des réponses données par les chefs d’entreprise, que le solde des anticipations concernant l’investissement est négatif et que les perspectives d’embauche sont en baisse. En revanche, pour ce qui est de la politique des prix, le sondage a révélé que 21% des chefs d’entreprise ont eu recours à des baisses pour continuer à rester compétitifs sur le marché alors que 6% seulement ont majoré leurs prix, le reste (73%) prônant la stabilité des prix. Ce dernier taux pourrait toutefois diminuer au troisième trimestre 2014 pour passer à 65%. Mais, tout compte fait, la MCCI pense que 2014 sera marquée par la maîtrise des prix et une inflation à moins de 4%.
Passant en revue la situation sectorielle, la MCCI constate une « baisse généralisée et hétérogène » de l’indice de confiance. C’est le secteur des services qui a enregistré le plus fort repli (-8,8%) au deuxième trimestre, et on ne prévoit pas d’amélioration dans les prochains mois. Le secteur manufacturier, lui, a subi un recul de 7%, mais anticipe une amélioration des perspectives à court et moyen termes. Quant au secteur du commerce, son indicateur de confiance a reculé de 4%, les opérateurs faisant état de la baisse de fréquentation des points de vente et du taux de transformation des visiteurs en clients.
La MCCI dira, en conclusion, qu’en dépit de la période de basse conjoncture, les anticipations des entrepreneurs sur l’évolution future des entreprises sont positives. D’où la possibilité d’un retournement conjoncturel à moyen terme.