Après trois trimestres consécutifs de hausse, l’indicateur synthétique du climat des affaires s’est replié de 1,7 point (1,9 %) au cours de la période juillet-septembre 2015 pour s’établir à 88,1 points. Cette détérioration du niveau de confiance des entrepreneurs démontre, selon la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), qui a mené son enquête de conjoncture entre le 1er et le 20 octobre 2015, que « les différents obstacles qui freinent la croissance économique sont toujours présents ». Cependant, on observe que les anticipations des sondés quant à l’évolution future de leurs entreprises sont positives.
Le recul de l’indicateur de confiance reflète pour la MCCI « l’inquiétude croissante des entrepreneurs face à la détérioration de la conjoncture économique tant au plan national qu’international ». La Chambre constate que le niveau d’indice reste assez faible, cela après les hausses de 6,4 % au 4e trimestre 2014 et de 6,5 % et 2,2 % aux deux premiers trimestres 2015. La MCCI constate que l’indicateur ne parvient pas à rebondir et à entrer en zone positive (soit au-dessus de la barre des 100 points). La dernière enquête a fait voir que sur les 13 critères pris en considération, 10 ont eu une incidence négative sur la performance des entreprises au cours du troisième trimestre 2015.
Les facteurs défavorables relevés par les entrepreneurs sont les suivants : 1) retards de paiement : la moitié des entrepreneurs consultés ont eu à faire face à cette situation qui, souligne la MCCI, peut entraîner des difficultés de trésorerie ; 2) compétition féroce sur le marché local : plus de 40 % des sondés ont indiqué qu’en temps de basse conjoncture, la concurrence est très rude entre les opérateurs économiques ; mention est aussi faite de la concurrence déloyale du secteur informé ; 3) coût du capital : les entreprises sont obligées, au vu de la concurrence, de minimiser les coûts et 40 % des entrepreneurs estiment qu’il faut assouplir le taux d’intérêt ; 4) les incertitudes liées à l’environnement global ; 5) taux de change pas assez compétitif ; 6) l’imprévisibilité sur les coûts relatifs à la conduite des affaires ; 7) manque récurrent de main-d’oeuvre qualifiée ; 8) problème lié à la rotation du personnel ; 9) manque de soutien public, et enfin 10) coûts liés à la logistique et à la connectivité. Cependant, l’enquête a aussi établi que la demande interne demeure robuste, que la situation concernant l’accès au capital est favorable et que le taux d’imposition effectif a favorisé les affaires pendant le même trimestre.
De ce fait, la MCCI observe que l’indice de confiance est en baisse dans l’ensemble des secteurs d’activité. Le secteur des services a enregistré le plus fort repli (-2,3 %). « Plus de 54 % des sondés indiquent avoir observé une baisse du chiffre d’affaires au cours du troisième trimestre de cette année par rapport à la même période l’an dernier. Seulement 17 % des sondés de ce secteur d’activité ont observé une amélioration », note la Chambre. Toutefois, les anticipations pour le dernier trimestre 2015 sont favorables. Le secteur du commerce poursuit son recul (-1,7 %) après celui du deuxième trimestre (-4 %). « Les commerçants, petits ou grands, tirent la sonnette d’alarme. Ils ont constaté une régression de leur chiffre d’affaires au cours des deux derniers trimestres et anticipent un quatrième trimestre très difficile. Ils affirment qu’au vu de la conjoncture, la compétition est de plus en plus rude. Ils sont obligés de réduire au maximum leurs marges, ce qui devra impacter sur leurs dépenses productives futures », rapporte la MCCI.
L’enquête conjoncturelle de la MCCI a, par ailleurs, démontré que les chefs d’entreprise croient en leurs capacités à rebondir dans le court et moyen terme, le dernier trimestre étant généralement marqué par un certain dynamisme économique dû aux fêtes de fin d’année. « Cette anticipation positive de l’évolution des affaires pourrait avoir un impact positif sur l’emploi et l’investissement. En effet, les moyennes arithmétiques des évaluations des entrepreneurs sur ces deux variables sont globalement favorables », écrit la Chambre.