Le Premier ministre Navin Ramgoolam lancera jeudi le projet de construction du barrage de Bagatelle sur la rivière Terre-Rouge, dans le village de Côte d’Or. Initié par la Water Resources Unit qui opère sous le ministère de l’Énergie et des Services publics, ce projet majeur vise à remédier au manque d’eau dans les régions de Port-Louis et des basses Plaines-Wilhems. Le barrage sera opérationnel vers fin 2014.
Une qualité de vie rehaussée, un rendement accru des récoltes et le développement durable dans le secteur touristique et d’autres activités économiques. Ce sont autant d’avantages qui découleront du barrage de Bagatelle sur la rivière Terre-Rouge dans la localité de Côte d’Or. Ce projet, opérationnel vers fin 2014, servira à mobiliser des ressources additionnelles en eau et permettre jusqu’en 2050 une distribution régulière en eau potable dans les régions de Port-Louis et des basses Plaines-Wilhems dont Quatre-Bornes, Belle-Rose, Stanley, Coromandel, Rose-Hill et Beau-Bassin, qui sont affectées par un manque d’eau chronique surtout pendant la saison sèche. Le barrage permettra aussi de desservir une partie de la côte ouest où nombre de projets de développement sont en cours.
Le contrat pour la construction du barrage de Bagatelle a été alloué en juin 2011 à China International Water and Electric Corporation. Les travaux ont débuté en décembre 2011. À ce jour, le contracteur a déjà aménagé une concasseuse et d’autres équipements de construction, ainsi qu’un espace dédié aux travailleurs. Les travaux d’excavation pour le déversoir (spillway) sont en cours de même que le déblayage du site en vue de la construction. Dans le cadre de la mise en oeuvre de ce projet, d’importants changements d’ordre infrastructurel et routier sont prévus dans les mois à venir au niveau de la région où sera construit le barrage.
Au coût d’environ Rs 3,4 milliards, le barrage, qui couvrira une superficie de 140 hectares, aura une capacité de stockage de 14 millions de mètres cubes d’eau. L’infrastructure, construite principalement en terre, sera d’une hauteur de 45 mètres et fera 2,7 kilomètres de long. Les autorités prévoient une production annuelle d’eau potable s’élevant à environ 25 millions de mètres cubes.
L’étude de faisabilité pour la construction du barrage avait été confiée à un consultant australien et a été complétée en avril 2006. L’étude pour le plan détaillé était allouée en janvier 2009 à M/s Coyne et Bellier, le bureau d’Ingénieurs Conseils (France) qui a travaillé en collaboration avec la société locale Servansingh, Jadav and Partners, Consulting Engineers. Le plan détaillé a été complété en juillet 2010.
Depuis septembre 2009, des tests par rapport à la qualité du sol sont effectués sur le site où le barrage sera érigé. L’expertise de consultants français a été mise à contribution pour des études géotechniques afin d’évaluer les zones à risques et affiner les données relatives au sol. Toutes les données recueillies à partir de ces tests ont servi à concevoir le plan détaillé.
L’évaluation environnementale (Environment Impact Assessment) a par ailleurs été complétée en décembre 2010. L’étude a conclu que le projet n’entraînera pas d’impacts environnementaux majeurs mais que des mesures telles que la délocalisation de quelques plantes endémiques et le reboisement des zones affectées devront être prises.