Deux membres du comité directeur de la Fédération mauricienne de basket-ball (FMBB), Alvin Athave, premier vice-président, et Guillaume Françoise, trésorier, ainsi que Kim Chan Pang Cheong, membre du Forest Side BC, ont été suspendus de toute activité liée au basket-ball pour des périodes allant de dix ans à la radiation à vie, lors d’une assemblée générale demandée par 18 des 24 clubs, hier à Phoenix, afin d’« assainir une situation qui a trop duré », selon les aveux même des signataires.
Les trois principaux concernés n’ont pas fait le déplacement à Phoenix pour assister à l’AG extraordinaire et n’ont donc pas pu se défendre. Mais à l’énoncé des motions à leur encontre, les délégués ont voté, sinon à l’unanimité, à la majorité les sanctions demandées. Ainsi, Alvin Athave a pris dix ans de suspension de toute activité liée au basket-ball. Son camarade du comité directeur Guillaume Françoise prend lui aussi dix ans. Quant à Kim Chan Pang Cheong, il a été radié du basket-ball pour avoir envoyé des courriels jugés déplacés.
Qu’a donc reproché l’assemblée aux trois personnes citées plus haut ? Avant la journée de dimanche, tout le monde évoquait, à voix basse, les allégations de malversations qui pesaient sur la tête du vice-président et du trésorier suspendus.
Au début de la rencontre, Danyel Soucient, représentant de Malherbes Harlems, demandait au président de la FMBB des comptes sur la sanction infligée à son club. « Il y a eu une correspondance de la FIBA Afrique qui demandait que les sanctions ne doivent pas fausser un championnat », a-t-il déclaré.
Et là, la réponse de Philippe Lee Kam Chung sonne comme un désaveu pour lui-même. « Je n’étais pas au courant. Je n’ai jamais reçu ces courriels et jamais Alvin Athave n’est venu vers moi pour discuter de cette question ». James Lee Fye, du Real, demande pourquoi une enquête n’a pas été instituée.
S’égrène alors la longue liste des actions qu’aurait commises d’Alvin Athave, ayant mené à sa suspension. Le président fait état de courriers électroniques envoyés sans l’autorisation de la FMBB à des instances telles que la FIBA Afrique pour contester la nomination d’Hedley Han à la tête de la commission technique de la Zone 7, entre autres. Plus grave encore, il allègue que le compte de la FMBB a été piraté et les correspondances détournées vers l’adresse électronique du vice-président.
Autre item à l’agenda de cette réunion, les fameux statuts d’arbitrage qui n’ont jamais été appliqués. Un sujet que Christophe Wong, représentants des Vikings, a abordé avec une véhémence, d’autant que son club se serait retrouvé en play-offs si les statuts d’arbitrage avaient été appliqués.
Un membre de l’assemblée a expliqué que la décision d’apporter des changements est venue pendant l’absence du président, alors même que ce dernier avait présidé une réunion une semaine auparavant pour statuer sur ces fameux règlements.
Mais là où le bât blesse, c’est sur la question financière. Alvin Athave et Guillaume Françoise sont accusés d’avoir émis des chèques à l’intention des deux entraîneurs nationaux et de leurs assistants, sans avoir au préalable informé le comité directeur. « J’ai d’ailleurs envoyé un courriel à tous les membres du comité exécutif pour leur demander de me tenir au courant de toutes les décisions prises », a encore fait ressortir Philippe Lee Kam Chung. Les allégations de malversations ont continué, de l’achat de ballons à celui des chronomètres jugés hors de prix.
Quand est survenue la motion de blâme à l’encontre de Kim Chan Pang Cheong, toute l’assemblée était à l’écoute. Il est reproché à ce dernier d’avoir envoyé des courriels menaçants au président, pour lui demander, entre autres, de démissionner de son poste. « J’ai même reçu ma lettre de démission par voie postale en recommandé », a déclaré le président à l’assemblée.
Bose Soonarane, président de l’USBRRH, a été chargé de lire le libellé des motions. Une motion of no confidence a été proposée contre Alvin Athave et Guillaume Françoise. Une suspension de dix ans a été demandée et approuvée à la majorité, sans aucune contestation. À la lecture du libellé de la motion visant Kim Chan Pang Cheong, l’assemblée à demandé que la suspension de dix ans soit commuée en une radiation définitive. Une demande qui, là encore, n’a trouvé aucune objection.
Les sanctions ont pris effet dès le vote. Interrogé après l’assemblée générale, Philippe Lee Kam Chung n’a pas souhaité faire de commentaire, renvoyant les journalistes vers les propos tenus pendant l’assemblée. Mais ce qu’il n’a pas expliqué, c’est pourquoi il n’a pas réagi, si ce n’est qu’un courriel, pendant qu’on le tenait à l’écart des grandes décisions…