Les finales masculine et féminine de la Coupe des Clubs Champions de l’océan Indien (CCCOI) de basket-ball se tiendront aujourd’hui à partir de 15h au gymnase de Phoenix. Les deux équipes mauriciennes Real et Hoop y seront engagées avec l’intention d’écrire l’histoire du basket local en lettres d’or. Une tâche herculéenne, pour ne pas dire impossible, attend les deux clubs, qui affronteront respectivement les Malgaches d’ASCUT et les Réunionnaises du Tampon BC dans un remake des précédentes journées.
Les deux équipes connaissent déjà leurs adversaires du jour, pour avoir joué contre elles au cours de la semaine écoulée. Certes, le Real et Hoop ont fourni des prestations différentes. Si le Real a dominé — de peu — les Malgaches, annoncés comme les favoris du tournoi, Hoop, par contre, a buté contre un adversaire archi-dominateur et maître de son jeu.
« En fait, nous avons tardé à entrer dans le jeu contre les Réunionnaises. Et l’avance qu’elles avaient prises (ndlr : 21 points au premier quart-temps) nous avait un peu démoralisés », expliquait Rubin Batterie, l’entraîneur de Hoop, mardi, au terme de la lourde défaite (83-35) des siens.
A priori, la défaite a été digérée et ses protégées se sont rassérénées avec une courte mais ô combien réconfortante victoire contre les Mahoraises de BCM. « Maintenant, on peut envisager la finale. Il faut corriger les erreurs et se ressaisir », laissait-il entendre encore.
Sauf qu’il y a un cas de figure que Hoop n’avait pas envisagé. Les Tamponnaises n’avaient pas joué avec leur équipe au complet. Mais l’équipe du Tampon accueillera son pivot, Aurore Boyer, qui avait raté le début de la compétition. Quel visage donc pour les Tamponnaises avec une équipe au complet ? Sans sa joueuse centrale, les Tamponaises ont laminé leurs adversaires. Au complet, les données risquent de changer encore.
« Les premières erreurs que nous avons constatées sont des pertes de balle et des lancers ratés. Contre les Seychelles, nous aovns été méconnaissables. Mais là, c’est la finale. Il faudra vraiment faire un meilleur match », lance le coach. Toujours est-il qu’il pourra compter sur son cinq majeur, ayant pu faire tourner le banc. Il ne lui faudra apporter que quelques petits réglages. « On a souvent vu que les filles confondaient vitesse et précipitation. C’est l’erreur à ne pas faire », prévient encore Rubin Batterie.
Du côté du Real, la donne est plus ou moins similaire. Les Port-Louisiens ont connu une seule défaite sur leur route vers la finale contre les Seychellois. Cela dit, les coéquipiers de Thierry Julie ont su, au fil de leurs rencontres suivantes, retrouver la pleine possession de leurs moyens, même s’ils ont parfois laisser paraître un jeu brouillon et rempli d’erreurs.
« On est en finale. Même si c’est sur le fil, on est arrivés à se surpasser », déclarait un Neva Vadiveloo à l’issue de la rencontre remportée 72-70 contre le TCO. Une performance qu’il doit veiller à rééditer tout en évitant de se donner des sueurs froides. Mais là encore, le coach du Real doit revoir certains aspects de sa copie s’il ne veut pas voir son équipe sombrer dans un match qui s’annonce disputé, tant les Malgaches n’ont pas digéré la défaite qui leur a été infligée.
« Pendant le jour de repos (ndlr : hier), nous allons en profiter pour retravailler l’aspect mental et psychologique d’un match », avait-il encore fait ressortir. D’autant que cette finale à Maurice revêt un cachet spécial à ses yeux. « Il y a quelques années, nous avons perdu contre une équipe malgache, alors que nous avons mené pendant toute la rencontre. » Une déception dont ses joueurs se sont libérés contre ASCUT jeudi.
« Jouer la finale est déjà énorme. Maintenant, on veut le titre. Et le prochain match sera tout aussi difficile que le précédent », lâche Thierry Julie, cinq CCCOI au compteur et membre de l’aventure malheureuse de 2008. Il sait par ailleurs qu’il n’aura pas la partie facile, alors que ses adversaires veilleront au grain. Un match qui s’annonce physique, intense et surtout dont l’enjeu sera basé sur un air de revanche pour des Malgaches qui ont montré qu’ils étaient tout aussi physiques que les Mauriciens.
Mais ce soir, il faudra surtout se surpasser pour prendre le dessus sur des adversaires redoutables. Une défaite, pour le Real et pour Hoop, serait à coup sûr un contresens à l’histoire.